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Comite national de gestion de lutte: Le prochain bureau attendu incessamment

Au terme d’une prolongation de deux ans, le mandat du Comité national de gestion de lutte (Cng) expire ce samedi 31 octobre. Le prochain bureau, qui sera incessamment mis en place, aura la lourde tâche de conserver les solides acquis. Le successeur d’Alioune Sarr et son équipe seront très attendus dans la mise en place d’une fédération de lutte, leur principale feuille de route.

Le mandat du Comité national de gestion de la lutte (Cng) expire ce 31 octobre 2020. Il a été prolongé en 2018 par le ministre des Sports, Matar Ba, pour une durée de deux ans. Un nouveau bureau sera donc mis en place très prochainement pour continuer à gérer les destinées de la lutte. En prélude à la mise sur pied de la nouvelle équipe, le ministre des Sports a engagé, en début de semaine, des concertations avec les acteurs de l’arène. Privilégiant une démarche inclusive, Matar Ba vise un bureau consensuel devant refléter toutes les sensibilités de la lutte. Il entend ainsi nommer un «bon capitaine» du navire, qui pourra succéder au président Alioune Sarr dont le départ définitif de la lutte semble irréversible.

Nommé en 1994 par Ousmane Paye, alors ministre des Sports, Dr Sarr a passé 26 ans à la tête du Cng. Son règne a notamment été marqué par l’amélioration des textes régissant la lutte, l’arrivée massive des sponsors privés, la montée fulgurante des cachets et le développement des écoles de lutte. Alioune Sarr et Cie ont également apporté un certain nombre d’innovations majeures dans le cadre de la promotion de cette discipline sportive. Il s’agit notamment du Drapeau du chef de l’Etat organisé, chaque année, dans une région, qui vise à développer la lutte sans frappe et permet en même temps de dénicher de véritables talents. A ce propos, la première édition, tenue en 1996 au stade Massène Sène de Fatick avait permis à Yakhya Diop dit « Yékini » de s’illustrer de fort belle manière. Tombé en finale devant Zale Lo, de l’écurie Fass, l’enfant de Joal Fadiouth avait séduit Amadou Katy Diop qui, en véritable sergent recruteur, n’avait pas tardé à l’enrôler dans l’écurie Ndakaru.

Des lutteurs comme Youssou Ndour et Assurance de Mbour se sont aussi fait un nom grâce au Drapeau du chef de l’Etat, véritable championnat national de lutte simple. Toujours au chapitre des innovations, on peut citer le tournoi du Souvenir, organisé plusieurs fois au stade Iba Mar Diop, en hommage aux illustres acteurs de la lutte décédés et le Tournoi de lutte africaine de la Cedeao de Dakar (Tolac).

Des acquis solides …à préserver

Sur le plan des infrastructures, le Cng de lutte, sous l’inspiration du président Alioune Sarr, a des atouts de taille à faire valoir. Longtemps un vœu pieux, l’arène nationale est depuis 2018, devenue une réalité, à la grande satisfaction des lutteurs, des promoteurs et des amateurs. Cette infrastructure permet à la lutte de gagner en autonomie et aux stades Demba Diop et Iba Mar de souffler. Déjà surutilisés par le football, ces stades ont longtemps servi de terrain de confrontation aux lutteurs. Parmi les acquis engrangés par le Cng, il faut souligner l’affiliation de cette structure à la Fédération internationale de lutte (Fila), qui consacre une reconnaissance de la lutte africaine au niveau international.
Autant dire que la prochaine équipe a déjà de solides acquis sur lesquels elle pourra s’appuyer pour continuer à maintenir la barre très haut. Elle sera particulièrement attendue sur la mise en place d’une fédération de lutte ; sa principale feuille de route. « La mise en place d’une fédération de lutte ne peut se faire à court terme ; vu que ce sont les clubs à savoir les écoles de lutte qui devront élire une telle structure. Il faut également voir comment la fédération et les promoteurs privés vont pouvoir organiser des combats », prévient Thierno Ka, membre de l’équipe sortante du Cng, en charge de la lutte avec frappe.

M. Ka rappelle d’ailleurs qu’à cause du manque de ressources financières, le Cng de lutte ne pouvait pas organiser de combats régulièrement. La prochaine structure, qui aura en charge la gestion de lutte, devra donc remédier à l’absence de moyens pour pouvoir rivaliser avec les promoteurs privés. En lieu et place de budget, le Cng de lutte recevait plutôt de subventions ponctuelles pour l’organisation du chef de l’Etat et du Tournoi de lutte africaine de la Cedeao de Dakar.

L’autre défi majeur que le prochain bureau devra relever a trait au chômage des lutteurs. Malgré le grand intérêt que les promoteurs portent à cette discipline, une grande partie des licenciés ne dispute pas de combat durant toute la saison ; seuls quelques ténors se taillent la part du lion. Enfin, des efforts supplémentaires devront être consentis par le successeur d’Alioune Sarr et ses collaborateurs pour éliminer définitivement la violence dans l’arène.
Diégane SARR

Birahim Ndiaye, ancien lutteur
«Le successeur d’Alioune Sarr doit être courageux et déterminé»

Alioune Sarr a dirigé le Cng pendant 26 ans. Et pour Birahim Ndiaye, il est temps qu’il aille se reposer. «Si j’étais à sa place, c’est ce que j’allais faire. Avant son magistère, la lutte existait et après lui aussi la lutte continuera son bonhomme de chemin. Ceux qui peuvent diriger le Cng sont nombreux, il suffit juste de le faire dans les règles de l’art, le travail et la vérité», a fait savoir l’ancien sociétaire de Fass. Pour Birahim Ndiaye, le tout nouveau président «doit avoir le courage, la détermination et suivre le chemin de la vérité pour réussir sa mission». De même, note-t-il, «il faut qu’il évite de faire du deux poids deux mesures». Pour l’ancien lutteur, le développement de la lutte passe par le retour de la fédération. «C’est la solution. D’ailleurs, c’est ce qui existait avant, mais à cause des nombreux problèmes qu’il y avait dans la lutte, le Cng a été installé. C’est ce qui fera que les écoles de lutte et les écuries pourront travailler ensemble avec les acteurs pour élire leur président. La fédération pourrait régler le problème de la lutte», a déclaré Birahim Ndiaye.

Fama NDIAYE

Max Mbargane, manager
«L’expérience d’Alioune Sarr peut beaucoup servir à la lutte»

Le mandat du Cng prend fin ce samedi 31 octobre. Et Alioune Sarr est attendu pour passer la main. Max Mbargane espère que le président du Cng qu’il fut, mérite un bon repos. «Diriger une telle structure pendant toutes ces années, ce n’est pas aussi facile. C’est pourquoi nous souhaitons qu’on fasse de lui un président d’honneur pour pouvoir solliciter ses conseils, profiter de son expertise, parce qu’il s’y connait vraiment», a soutenu le manager. Et de préciser que la lutte est un domaine que maitrise bien Alioune Sarr. Parce que, fait remarquer Max Mbargane, 26 ans d’expérience ce n’est pas rien du tout. «D’ailleurs, Alioune Sarr a été président de l’écurie sérère. C’est après sa nomination à la tête du Cng qu’il a laissé ce fauteuil », a-t-il précisé. Max Mbargane croit savoir que le remplaçant du président Alioune Sarr «doit être quelqu’un qui maitrise bien la lutte et qui mobilise toute la famille de la lutte sénégalaise derrière lui, car même si on s’y connait et qu’on n’est pas aidé, ça ne serait pas aussi évident». Le nouveau président, selon Max Mbargane, doit également privilégier le dialogue avec les acteurs pour mieux gérer la structure. «Je ne dirai pas que tel ou tel doit être président, mais en tant que manager, je serai avec les autres et ceux qui ont des écuries, derrière celui qui sera choisi pour diriger le Cng et le soutenir», a-t-il promis.
F. NDIAYE

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