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Deux ans de guerre en Ukraine: les responsables occidentaux se pressent à Kiev

L’Ukraine entre ce samedi 24 février dans sa troisième année de guerre et les responsables politiques se succèdent à Kiev pour témoigner de leur solidarité avec le pouvoir en place. « Nous vaincrons » proclame le président Zelensky en ce jour anniversaire de l’invasion russe. 

Giorgia Meloni, cheffe du gouvernement italien, est arrviée à Kiev ce samedi 24 février. Elle présidera une réunion virtuelle du G7 à Kiev avec le président Zelensky dans l'après-midi.
Giorgia Meloni, cheffe du gouvernement italien, est arrviée à Kiev ce samedi 24 février. Elle présidera une réunion virtuelle du G7 à Kiev avec le président Zelensky dans l’après-midi. via REUTERS – UKRAINIAN RAILWAYS

 La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, première arrivée ce samedi à Kiev, a salué « l’extraordinaire résistance du peuple ukrainien » samedi à son arrivée à Kiev, deux ans jour pour jour après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. « À Kiev pour marquer l’anniversaire de la deuxième année de la guerre de la Russie contre l’Ukraine. Et pour célébrer l’extraordinaire résistance du peuple ukrainien », a déclaré Mme von der Leyen sur les réseaux sociaux.« Plus que jamais, nous soutenons fermement l’Ukraine. Financièrement, économiquement, militairement, moralement. Jusqu’à ce que le pays soit enfin libre ».

avec nos envoyés spéciaux et nos invités : Nicolas Tenzer, chercheur et membre du Center for European Policy Analysis, et Oleksyi Gontcharenko, député d’Odessa.

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Deux ans de guerre en Ukraine: écoutez ou réécoutez notre édition spéciale [8h10-9h]

Visite surprise de Giorgia Meloni

Autres visites, celles des Premiers ministres canadien Justin Trudeau et belge, Alexander de Croo, et de la Première ministre italienne Giorgia Meloni qui présidera dans l’après-midi, en présence de Volodymyr Zelensky, une réunion virtuelle du G7 pour discuter de nouvelles sanctions contre Moscou. Selon l’agence italienne AGI, Mme Meloni et M. Zelensky ouvriront la réunion à 16H00 GMT à la cathédrale Sainte-Sophie dans le centre de Kiev. Cette réunion est la première des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres du G7 (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada) sous présidence italienne. Elle a été convoquée « à l’occasion du deuxième anniversaire de l’agression russe contre l’Ukraine », au moment où Kiev reconnaît vivre une situation « extrêmement difficile » pour ses forces, privées de munitions et d’aide américaine, avait précisé mardi le gouvernement italien lors de son annonce. À l’issue de la réunion, qui devrait durer une heure et demie, une déclaration conjointe sur l’Ukraine devrait être adoptée, selon des sources diplomatiques italiennes.

Les Premiers ministres canadien Justin Trudeau (ici sur l'image à la gare de Kiev) et belge Alexander de Croo ainsi que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sont également arrivés dans la capitale ukrainienne ce samedi matin, deux ans jour pour jour après le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie.
Les Premiers ministres canadien Justin Trudeau (ici sur l’image à la gare de Kiev) et belge Alexander de Croo ainsi que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sont également arrivés dans la capitale ukrainienne ce samedi matin, deux ans jour pour jour après le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. via REUTERS – UKRAINIAN RAILWAYS

 Le G7 avait décidé en juillet 2023 la signature de contrats bilatéraux de sécurité avec l’Ukraine. Après Londres en janvier, Kiev a signé ce genre d’accord avec l’Allemagne et la France, et 25 autres États se sont joints à cette initiative, comme la Pologne. Selon l’agence AGI, Giorgia Meloni et Volodymyr Zelensky prévoient de signer un accord de ce type samedi au siège de la présidence ukrainienne. Concrètement, ces accords de sécurité peuvent porter sur l’octroi d’équipements militaires, interopérables avec ceux de l’Otan, la formation des forces ukrainiennes et le renforcement de l’industrie de défense de l’Ukraine.

Côté militaire, le chef de l’Otan, Jens Stoltenberg, a exhorté samedi l’Ukraine et ses alliés à « ne pas perdre espoir », au deuxième anniversaire de l’invasion du pays lancée par le président russe Vladimir Poutine. « La situation sur le champ de bataille reste extrêmement difficile. L’objectif du président Poutine de dominer l’Ukraine n’a pas changé, rien n’indique qu’il se prépare à la paix », a déclaré le secrétaire général de l’Alliance dans un message enregistré. « Mais nous ne devons pas perdre espoir. L’Ukraine a fait preuve à maintes reprises de capacités remarquables et de sa farouche détermination », a-t-il insisté dans cette vidéo diffusée sur le site de l’Otan. Plus tôt ce matin, le commandant en chef des armées ukrainiennes assurait que l’Ukraine allait triompher des « ténèbres » russes. « Je suis convaincu que notre victoire est dans l’unité. Et elle le sera sans aucun doute. Car la lumière l’emporte toujours sur les ténèbres ! », a déclaré le général Oleksandre Syrsky sur Telegram.

Des assurances destinées à réconforter la population ukrainienne que la question de la mobilisation préoccupe. Un projet de loi est en cours de discussion au Parlement. Il sera examiné en seconde lecture début mars. La question du recrutement de nouvelles forces préoccupe aussi les militaires grièvement blessés comme le rapportent nos envoyés spéciaux Anastasia Becchio et Boris Vichith, qui se sont rendus dans un centre de réhabilitation des mutilés de guerre à Lviv dans l’ouest de l’Ukraine.

De l’hôpital où il apprend à marcher sur deux prothèses, Viktor continue de prendre des nouvelles de son unité sur le front de Zaporijia. Les hommes sont fatigués, ils ont besoin de regarnir leurs rangs, dit-il, regrettant qu’un trop grand nombre de civils rechignent à aller combattre. «Les gens devraient comprendre quelle est la situation. Je les entends crier : je ne suis pas fait pour la guerre, je ne servirai à rien… mais qui peut dire qu’il est né pour combattre ? Personne ne nait avec un fusil automatique dans les mains. Tout cela s’apprend. Moi, par exemple, je n’avais pas fait l’armée, mais je me suis porté volontaire dans l’infanterie». Oleksij, amputé d’un bras, garde lui aussi contact avec sa brigade. Entre les morts et les blessés, il n’y reste plus qu’un tiers de l’effectif initial. La nouvelle loi sur la mobilisation est nécessaire, dit-il. «Si personne ne rejoint l’armée, qui va nous protéger ? Parmi ceux qui étaient volontaires, beaucoup nous ont déjà quitté en 2022, en 2023. Ce sont ceux qui comprenaient ce qui nous attend. Mais les autres ? Qu’espèrent-ils ? Qui va défendre ceux qui se cachent ? Si eux, ne se soucient pas de savoir qui ils auront à la tête de leur État, leurs enfants, eux voudront savoir pourquoi leurs parents ne leur ont pas donné la liberté ?» Oleksij, dont le fils se bat dans le Donbass, n’exclut pas de repartir dans les rangs de l’armée si son état physique le lui permet.

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