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En Haïti, Ariel Henry accepte de quitter son poste de Premier ministre après des semaines de violences

Mohamed Irfaan Ali, président du Guyana et de la Caricom, a salué également lors d’une conférence de presse « un accord de gouvernance transitoire ouvrant la voie à une transition pacifique du pouvoir, à la continuité de la gouvernance, à un plan d’action à court terme en matière de sécurité et à des élections libres et équitables ».

Les pays des Caraïbes s’étaient réunis d’urgence lundi, à l’initiative de la Caricom, avec des représentants de l’ONU et de plusieurs pays, dont la France et les États-Unis, pour tenter d’avancer sur une solution en Haïti.

Ariel Henry, Premier ministre indésirable

Ariel Henry aurait dû quitter son poste depuis le 7 février. Refusant de céder sa place, il avait accepté d’organiser des élections générales d’ici la mi-2025. Une proposition jugée ridicule par les gangs et la population, dont une partie est farouchement opposée à son maintien au pouvoir. À la clef des violences sanglantes.

« Si Ariel Henry ne démissionne pas, si la communauté internationale continue de le soutenir, nous allons tout droit vers une guerre civile qui conduira à un génocide », avait lancé, début mars Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », principal chef de gang.

Surtout Ariel Henry refusait de négocier pour former un gouvernement d’unité avec les partis d’oppositions et les groupes de la société civile. Sans président ni parlement – le dernier chef d’État, Jovenel Moïse, a été assassiné en 2021 – Haïti n’a connu aucune élection depuis 2016.

Bloqué sur le territoire américain de Porto Rico après avoir été empêché de rentrer dans la capitale haïtienne, Ariel Henry a échangé à distance avec les membres de la Caricom au cours de la réunion.

Ariel Henry a confirmé sa démission lors d’un échange téléphonique lundi avec le secrétaire d’État Antony Blinken, selon un responsable américain qui assure également qu’il est le bienvenu s’il veut rester à Porto Rico.

Le président du Guyana avait prévenu il y a quelques jours que la Caricom entendait aider à rétablir « stabilité et normalité » en Haïti, qualifiant la situation sur place de « désespérée ». D’après plusieurs diplomates, la réunion de Kingston avait pour but de formaliser une proposition à Ariel Henry, afin qu’il cède le pouvoir à un conseil de transition comprenant un vaste panel de la société civile haïtienne.

Vers une temporisation des violences ?

Reste à savoir maintenant comment cette démission se traduira dans les rues de Port-au-Prince, complètement à l’arrêt. Dernier signe en date de la crise sécuritaire, l’évacuation lundi de l’ensemble du personnel de l’Union européenne présent en Haïti. Dans la nuit de samedi à dimanche, les Américains ont évacué par hélicoptère leur personnel diplomatique non essentiel.

Les autorités haïtiennes ont décrété il y a une semaine l’état d’urgence, assorti d’un couvre-feu nocturne, dans le département de l’Ouest, qui comprend la capitale, mais elles ne contrôlent pas entièrement ce territoire. Ce couvre-feu a été prolongé lundi jusqu’à jeudi, selon un communiqué des autorités.

Lundi, le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé tous les acteurs politiques haïtiens à des « négociations sérieuses » pour « rétablir les institutions démocratiques » du pays.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a annoncé que les États-Unis fourniraient 133 millions de dollars supplémentaires pour résoudre la crise, dont 100 millions à la force multinationale devant être envoyée en Haïti, et 33 millions d’aide humanitaire. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, présent virtuellement lors des discussions, avait offert peu avant quelque 91 millions de dollars.

Par Le HuffPost avec AFP

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