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Epinglé par les « Pandora Papers » : Tony Blair ne met-il pas en péril son business africain?

Les récentes découvertes des « Pandora Papers » n’en finissent pas de créer des réactions dans le monde entier. Ce sont plusieurs présidents, hommes d’affaires et célébrités qui sont éclaboussés par des scandales financiers. D’après les Pandora Papers, tous auraient eu recours aux paradis fiscaux pour ainsi dissimuler leur fortune. Des centaines de personnalités publiques épinglées dans la plus grande fuite de documents financiers connues à ce jour et parmi lesquelles, la chanteuse Shakira, le mannequin allemand Claudia Schiffer, l’ancien ministre des finances français et ancien directeur général du FMI, ou encore l’ancien Premier ministre Britannique, Anthony Charles Lynton Blair, plus connu sous le nom de Tony Blair.  

En effet, l’ancien Premier ministre Tony Blair âgé de 68 ans, aurait, selon les Pandora Papers, avec son épouse, « recouru à un montage offshore qui leur a permis d’économiser 340 000 livres sterling (380 000 euros) de taxes sur l’achat d’une belle propriété victorienne dans un quartier huppé de Londres, pour une coquette somme de 7,3 millions d’euros ». 

 L’incarnation du « Blairisme » et ses appétits en Afrique 

Un magazine anglais dénommé People With Money a tenu récemment compte des gains directs mais également des revenus issus des partenariats publicitaires, des royalties et tout autre investissement de l’ancien premier ministre Britannique, Tony Blair. 

L’homme politique-entrepreneur pèserait près de 185 millions d’euros. Outre ses gains professionnels, il devrait son immense fortune à de judicieux placements boursiers, un patrimoine immobilier conséquent et le très lucratif contrat publicitaire avec les cosmétiques CoverGirl. Il possèderait également plusieurs restaurants à Londres (dont la chaîne « Chez l’gros Tony »), un club de Football à Édimbourg, et serait également impliqué dans la mode adolescente avec une ligne de vêtements « Blair Séduction » ainsi qu’un parfum « L’eau de Tony », autant de succès financiers. 

Différents calculs de la presse britannique estiment que l’ancien Premier ministre a amassé entre 14 et 15 millions de livres (16 à 17 millions d’euros) depuis ses adieux à la politique. Ce ne sont pas ses discours, pourtant rétribués jusqu’à 140.000 livres (160.000 euros) la prestation (sans compter les frais), qui lui rapportent le plus. Ce n’est pas non plus son accord avec son éditeur, Random House, pour publier ses mémoires, pour lesquelles il touche quand même plus de 5 millions d’euros. La vraie source de richesse de Tony Blair est son rôle de conseiller. Par exemple pour la banque américaine JP Morgan (John Pierpont), signé en janvier 2008, pour environ 3,5 millions d’euros par an. Tony Blair tient un rôle similaire pour l’assureur suisse Zurich Financial Services, pour une somme qui serait à peu près la même. À cela s’ajoutent deux autres rôles de conseiller permanent, qui rapporteraient environ 2,3 millions d’euros : l’un pour le gouvernement du Koweït, et l’autre pour Mubadala, un fonds d’investissement d’Abu Dhabi, spécialisé dans les technologies vertes.  

Tony Blair utilise son immense expérience internationale pour apporter à l’entreprise des conseils stratégiques et une compréhension approfondie des problèmes politiques internationaux », explique très sérieusement JP Morgan. Une façon comme une autre de dire qu’il fait jouer son carnet d’adresses. Tony Blair ouvre des portes à ces grandes entreprises, servant d’entremetteur de luxe. L’accord potentiel avec LVMH ( Louis Vuitton- Moët- Hennessy) s’explique ainsi : En effet, Tony Blair pourrait aider à ouvrir de nouveaux marchés. En particulier l’Inde, dont les lois protectionnistes rendent l’accès difficile, pourrait être sensible au pouvoir de persuasion de l’avocat de formation. Dans la même logique, les supermarchés Tesco avaient été en discussion avec Tony Blair pour qu’il travaille pour eux, mais aucun accord n’a été trouvé.  

Le problème de la richesse de Tony Blair est qu’elle demeure très mystérieuse, fondée sur des rumeurs non confirmées dans la presse britannique. Car l’ancien Premier ministre a mis sur pied un montage juridique compliqué pour ne pas publier les comptes de ses entreprises. Trois sociétés écrans, répondant au nom de Windrush Ventures N°1, N°2 et N°3 ont été créées en partenariat limité, et les « partenaires » semblent être des sociétés dormantes possédées indirectement par Tony Blair. Bref, l’ancien Premier ministre est son propre partenaire? Pourquoi un tel modèle ? Les fiscalistes sont unanimes : ce n’est pas la meilleure façon d’éviter des impôts. La meilleure explication semble être cependant, celle de Richard Murphy, un comptable de formation, fondateur de Tax Justice Network : « Blair veut juste obtenir un peu de secret. »  

Enfin, ces activités sont loin d’être les seules menées par Tony Blair depuis son départ de Downing Street. Il est aussi l’envoyé spécial du « quartet » (États-Unis, Union européenne, Nations-Unies et Russie) et également au Moyen-Orient, pour lequel il passe une dizaine de jours par mois à Jérusalem (dans un hôtel de luxe où un étage entier est réservé, tous frais payés). Il a aussi monté deux associations : la Tony Blair Faith Foundation, travaillant au dialogue inter-religieux, et la Tony Blair Africa Governance Initiative.  

Toujours dans la diplomatie, mais cette fois-ci à titre gracieux : Tony Blair apporte ses conseils aux gouvernements du Rwanda et de Sierra Leone. Sans compter ses activités concernant la lutte contre le changement climatique. Il ne faut pas également oublier qu’en cas de difficultés financières, Tony Blair pourra toujours profiter de la générosité du contribuable britannique. En tant qu’ancien Premier ministre, il a le droit à une retraite annuelle de 63.468 livres (71.800 euros).  

À travers son institut, le Tony Blair Institute for Global Change (TBI), l’ex-Premier ministre britannique a mis en place des cellules d’experts pour accompagner les chefs d’État dans l’accélération de leurs projets prioritaires. Ainsi, depuis qu’il n’est plus locataire du 10 Downing Street, Tony Blair (place qu’il a occupée de 1997-2007) est devenu un interlocuteur privilégié des dirigeants du continent, où il se rend une fois par trimestre. Le président rwandais, Paul Kagame, est l’un des premiers, en 2008, à avoir sollicité l’ex-Premier ministre britannique. Il l’a ensuite recommandé, en 2017, à son homologue togolais, Faure Gnassingbé, impressionné par le « miracle » rwandais.  

Il y a aussi l’ancien Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, que Tony Blair a accompagné à partir de 2012 dans sa promotion des parcs industriels auprès des gouverneurs de provinces chinoises et des acteurs du textile, comme son successeur, Abiy Ahmed, que Tony Blair conseille aujourd’hui de manière très confidentielle sur l’ouverture au privé du secteur des télécoms. Et la liste est encore longue : le président Macky Sall, ses homologues gambien, Adama Barrow, libérien, George Weah, le vice-président ghanéen… 

En octobre 2019, c’est dans un forum organisé à Londres par le Financial Times qu’il s’est entretenu avec le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, sur la manière dont il pourrait lui être utile. Des conseils, mais pas d’arrangement des transactions Tony Blair intervient sur des dossiers d’envergure, comme l’accompagnement du gouvernement guinéen en 2018 sur la mobilisation de financements auprès de la China Eximbank pour la construction par China International Water & Electric Corporation des barrages de Kaléta (446 millions de dollars) et de Souapiti (1,4 milliard de dollars).  

Mais aussi le financement des 1 600 km d’interconnexion électrique entre le Sénégal, la Guinée et la Guinée-Bissau, la privatisation d’entreprises au Mozambique ou la structuration de la filière anacarde ivoirienne. S’il distille ses conseils aux présidents, il n’arrange pas pour autant les transactions ni ne lève les financements. Il n’est d’ailleurs pas directement rémunéré. Car c’est plutôt un concept de gouvernance qu’a importé l’ancien chef de gouvernement, inspiré de ce qu’il avait entrepris lors de son mandat : la delivery unit. Des cellules resserrées, composées de diplômés frais émoulus et d’experts internationaux (en général une dizaine de personnes), qu’il a mises en place à travers son organisation, le Tony Blair Institute for Global Change (TBI, 45,2 millions de dollars de CA et 17,2 millions de dollars consacrés au continent en 2018), au sein de présidences, de ministères ou d’agences gouvernementales, comme le Rwanda Development Board, en appui aux administrations.  

« Une gestion par résultats » 

« Beaucoup de pays ont assisté à la croissance rapide du Rwanda, du Maroc, de Maurice et veulent s’inspirer de leurs modèles de transformation et instaurer une gestion par résultats. La delivery unit y participe », confie un économiste bissau-guinéen Carlos Lopes, qui fait partie, avec Tony Blair et l’ancien patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, des experts internationaux que consulte le président togolais pour son plan national de développement. « Car, à la différence d’autres cabinets de conseil, nous allions contraintes techniques et impératifs politiques », indique Antoine Huss, directeur du TBI pour l’Afrique de l’Ouest francophone.  

Après avoir commencé ses missions au Rwanda et en Sierra Leone en 2008, ce sont quatorze administrations africaines (dont dix en Afrique de l’Ouest : le dernier en date étant le Burkina Faso) auxquelles le TBI a prêté assistance. « Il y a quelques années encore, nombre d’États peinaient à trouver des financements pour se faire conseiller dans les grandes opérations », analyse l’avocat français Richard Mugni, du cabinet Baker McKenzie, conseil de CWE en Guinée. 

« Ils appuient les États, mais n’agissent pas à leur place et offrent une remise à niveau dans des domaines bien ciblés », indiquait également, dans un média Rwnadais,  Jean-Paul Kimonyo, conseiller spécial de Paul Kagame. Au Sénégal, une conseillère a été intégrée au ministère de l’Énergie dans le cadre des projets du plan Power Africa. En Éthiopie, un expert du TBI, qui avait déjà planché sur la privatisation du secteur des télécoms dans des pays asiatiques, travaille au ministère des Finances. Objectif de ces task forces rattachées au chef de l’État : recentrer l’action gouvernementale autour de quelques projets prioritaires, bancable pour les investisseurs, en aidant le gouvernement à accélérer le processus de prise de décision, de suivi et d’exécution. 

Du « vouloir de sortir l’Afrique de sa misère… » 

Lorsqu’il a lancé le TBI, en 2016, l’ancien Premier ministre a insisté sur le caractère non lucratif du nouvel organisme et sur le fait qu’il n’en tirerait ni bénéfice ni salaire. Il cherchait ainsi à faire oublier les polémiques suscitées par les activités qu’il développe depuis la fin de son mandat. En effet, lorsqu’il a quitté le 10 Downing Street, en juin 2007, laissant derrière lui un Parti travailliste en lambeaux, Tony Blair a mis à profit les précieux contacts amassés durant la décennie passée à la tête du Royaume-Uni pour se lancer dans les affaires à l’international. Il a créé une myriade d’entreprises de conseil et de sociétés à capitaux mixtes (joint-ventures) : Tony Blair Associates, Windrush Ventures Ltd, Firerush Ventures Ltd, etc. Il a signé également, des contrats mirobolants avec des multinationales et des gouvernements qu’il conseillait à prix d’or : JP Morgan, Zurich Financial, LVMH, le fonds d’investissement émirati Mubadala, le Kazakhstan de M. Noursoultan Nazarbaïev, l’Égypte de M. Abdel Fattah Al-Sissi… Il a multiplié les conférences, son cachet dépassant la plupart du temps les 100 000 euros. 

Parallèlement, il a lancé une organisation à but non lucratif, Africa Governance Initiative, qui proposait gracieusement ses services aux États africains. En quelques années, il aurait, selon le quotidien « The Guardian », amassé une fortune d’au moins 27 millions de livres (plus de 31 millions d’euros) et construit un empire immobilier estimé à plusieurs millions d’euros : une dizaine de maisons et vingt-sept appartements.   

Il a beau jurer que sa motivation n’est pas d’accumuler une fortune personnelle, au Royaume-Uni, les polémiques s’enchaînent. M. Blair est accusé de ne pas payer ses impôts, de mélanger business et philanthropie, de faire fructifier l’un en bénéficiant des retombées de l’autre, et même de profiter de son statut d’émissaire du Quartet pour le Proche-Orient pour faire des affaires. 

Il faut rappeler qu’en 2016, Tony Blair, en quête de respectabilité alors que sa popularité s’est effondrée, annonce qu’il ferme sa société de conseil et ses joint-ventures pour se concentrer sur des activités caritatives et sur les combats qui lui sont chers : la lutte contre le dérèglement climatique et contre l’extrémisme religieux, ainsi que l’appui à la « bonne gouvernance ». « J’accepterai encore quelques consultations personnelles pour assurer mes revenus », prend-il soin de préciser, tout en promettant de consacrer 80 % de son temps aux bonnes œuvres.   

Fini Tony Blair Associates et l’Africa Governance Initiative et place à TBI. Très vite, le nouvel institut multiplie les partenariats, essentiellement en Afrique, ce qui permet à M. Blair de revêtir le costume du chevalier blanc venu sortir le continent de sa misère. Son premier « client » est le Rwanda de Paul Kagamé. « Vous êtes un homme qui a une vision, un leader que j’ai toujours admiré. Maintenant, vous avez besoin de conseils pour gouverner, et je suis votre homme », lui aurait-il déclaré dès 2007 à Londres, selon son biographe « Tom Bower ».  

Les années suivantes, il l’introduit dans le gotha des dirigeants du monde et des hommes d’affaires, le présentant comme l’incarnation d’une Afrique moderne et entreprenante, tout en omettant soigneusement de mentionner les massacres et la prédation dont l’armée rwandaise est responsable en République démocratique du Congo (RDC), ou les assassinats d’opposants en exil. M. Blair profite de la fascination qu’exerce M. Kagamé sur ses pairs du continent pour vendre ses services. TBI conseille désormais une quinzaine de gouvernements africains, emploie 231 salariés et affiche un chiffre d’affaires de 46,3 millions de dollars (38 millions d’euros). Sur le papier, il s’agit d’accompagner des réformes structurelles et la réalisation de grands projets. Tony Blair entend ainsi « faire profiter l’Afrique de son expérience ». « Lorsque j’étais premier ministre, a-t-il confié au président Kagamé en 2007, j’ai été confronté au frein que la machine gouvernementale pouvait représenter. J’ai mis sur pied une “Delivery Unit”, et ça a été un grand succès. Ça a tout transformé.  

D’ailleurs, en 2001, lors de son second mandat, le fondateur du New Labour avait effectivement mis en place la Prime Minister Delivery Unit, l’« unité réussite du Premier ministre ». Il s’agissait d’une structure permanente de quelques technocrates, directement rattachée à son cabinet et concentrée sur ses priorités parmi lesquelles la réforme des services publics. Présenté comme l’arme idéale pour bousculer une administration rétive au changement, cet outil a été repris par plusieurs gouvernements, au Canada, au Pérou, en Arabie saoudite, etc… Sans grand succès. Dans une note publiée en 2017, le think tank Terra Nova, incubateur d’idées néolibérales au sein de la gauche française, plaidait pourtant en faveur de la création de telles « unités », tout en admettant des résultats mitigés.  

Tony Blair n’en vend pas moins le concept aux dirigeants africains. « L’idée est la suivante, résume l’ancien salarié déjà cité de l’institut : lorsqu’un pays en voie de développement n’arrive pas à mettre en œuvre les réformes nécessaires, parce que l’administration renâcle ou parce qu’il se heurte à des résistances politiques, nous arrivons avec notre boîte à outils. Nous montons une structure qui nous permettra de superviser les dossiers et de faire remonter les informations. Quand ça bloque, on débloque en jouant de notre lien direct avec le président. » L’ennemi de TBI, ce n’est pas la finance, mais l’administration. « Le vrai défi n’est pas le manque de stratégie des États, mais le temps de réalisation des projets, à cause du trop-plein d’administrations, expliquait en 2020 Antoine Huss, directeur de TBI pour l’Afrique de l’Ouest francophone considérant aider à “packager” les projets pour qu’ils soient présentables auprès des financeurs. » 

TBI dispose ainsi, d’un atout de taille pour vaincre les réticences : la plupart du temps, ses conseils, financés par de généreux donateurs, ne coûtent rien aux États. Ainsi, lorsque l’institut a signé un partenariat avec le Burkina Faso, en 2019, la présidence, qui n’a rien déboursé, s’est vu adjoindre un bureau composé d’experts chargés de veiller à la mise en œuvre des priorités gouvernementales. 

Dans un rapport publié en mars 2017 sur le gap de l’emploi en Afrique, La Tony Blair Institute for Global Change explique comment les gouvernements africains et leurs partenaires de développement internationaux pourraient stimuler une croissance économique inclusive et créer suffisamment d’emplois pour la jeunesse grandissante du continent. L’institut a assisté une dizaine de gouvernements africains (Ghana, Kenya, Liberia, Malawi, Sierra Leone, Botswana, Ile Maurice, Éthiopie, etc…) dans leur formation et leur implémentation du développement stratégique des secteurs privés pendant une décennie. Elle se base sur cette expérience pour détailler ses arguments dans ce document. La publication nous fait découvrir que les efforts fournis par les gouvernements africains pour gérer le gap de l’emploi, ont du mal à produire des résultats. La perspective de voir ce gap s’agrandir à 50 millions de personnes en 2050 rend la situation alarmante, et montre ainsi les limites de l’approche politique privilégiant le développement d’un environnement propice à l’émergence du secteur privé, pourtant choisi par les économies du continent. On note de ce fait que la bonne gouvernance, l’investissement générique dans les infrastructures, les règlementations justes, l’ouverture au commerce, l’amélioration du droit de propriété et l’inclusion financière n’ont contribué à aucune transformation structurelle ayant la capacité de sécuriser une croissance inclusive et la création d’assez d’emploi en Afrique.  

Le rapport suggère que les pays africains, ainsi que leurs partenaires, devraient complémenter les politiques déjà utilisées par une logique qui oriente le développement des secteurs économiques vers les marchés. On relève que l’un des éléments clés de cette approche est une intervention au niveau des contraintes qui minent les secteurs économiques prioritaires en vue de les éliminer. L’autre se focalise sur le développement des secteurs avec de forts potentiels économiques pour la compétition dans de grands marchés (nationaux et internationaux) et la création d’emploi pour une majorité de ressources humaines.  

Cependant, on apprend que l’implémentation de cette méthode fait face à des verrous que les économies africaines ont du mal à débloquer. Les 3 blocages mis en évidence par le document se résument par le fait que les gouvernements du continent, ainsi que leurs partenaires, se sont trop focalisés dans la réalisation des politiques de cadre propice à l’émergence du secteur privé et ont ainsi manqué de se focaliser autour d’un seul plan de croissance inclusif qui marche. Pour franchir ces barrières, l’institut soumet 4 éléments et une feuille de route en 3 points comme recommandations idoines :Le premier élément suggère de trouver un juste milieu entre les considérations politiques à court et à long terme, et d’aligner les directives politiques et économiques dans les secteurs clés.Le deuxième élément demande de différencier les secteurs ciblés en marchés distincts, diagnostiquer les problèmes fondamentaux de ces derniers et y apporter un traitement pragmatique.  

Le troisième élément recommande d’établir un mécanisme de coordination gouvernementale avec le secteur privé, les partenaires de développement et d’autres entités politiques. Un dernier élément conseille la création d’une équipe dédiée au suivi et au soutien de ce mécanisme de coordination.La feuille de route proposée met en évidence dans son premier point le développement d’une vision claire de la croissance inclusive pour chaque pays d’Afrique. Ensuite, elle met l’accent sur la conversion de cette vision en approche stratégique interministérielle qui s’assure que le plan soutenu par la vision est réalisable et que suffisamment de ressources y sont allouées, que le plan sera partitionné en petite partie pour chaque ministère et que le plan intègre les pressions politiques à court terme ainsi que la vision et la stratégie à long terme.Le dernier point de la feuille de route s’axe d’une part sur la création d’un mécanisme de coordination qui lie les politiques, les plans et les ressources des différentes institutions gouvernementales et partenaires internationaux.  

D’autre part, elle se concentre sur la création d’un mécanisme d’implémentation qui suit et évalue les décisions prises par les gouvernements. L’Institute of Global Change fondé par l’ex premier ministre britannique Tony Blair attire l’attention sur l’adoption en urgence d’une politique industrielle moderne qui oriente le développement des secteurs économiques vers les marchés. Cette approche recherche des solutions pour rendre les marchés plus efficaces, compétitifs et inclusifs, ainsi elle pourrait contribuer à la croissance inclusive de l’Afrique et donc garantir suffisamment d’emploi pour la jeune démographie du continent. Rappelons que la Tony Blair Institute of Globale Change a pour but de faire profiter des bienfaits de la mondialisation à tout le monde. Elle assiste en conséquence les pays, les peuples et leurs gouvernements à faire face aux défis les plus difficiles du monde d’aujourd’hui. 

Les Pandora Papers, l’épinglant pourraient éventuellement remettre en cause ces entreprises économiques ou même politiques dans plusieurs de ces pays africains avec qui il entretenait plusieurs rapports. De plus, faudrait-il se demander, compte tenu de ces différentes activités d’investissement soulevées précédemment, si les pays africains ne pourraient pas être de potentielles cibles de fraudes fiscales au regard de leur compagnonnage économique et diplomatique avec l’ancien Premier ministre britannique ?

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