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GREVE DES ENSEIGNATS : Tout ce qu’il faut savoir avec Cheikh Ndiaye secretaire général régional du SELS et membre du G7 Fatick

Les enseignants du Sénégal sont dans leur cinquième plan de grève face au gouvernement. Cheikh Ndiaye secrétaire général du SELS ( Syndicat des Enseignants Libres du Sénégal) membre du G7 ( syndicats les plus représentatifs ) directeur de l’école élémentaire de Diadiakh dans le district de Ngayokhème dans l’académie de Fatick a accordé un entretien à Sunuker.net . Le membre du Bureau Exécutif National (BEN) du SELS et secrétaire général adjoint (SGA) de l’Union Régionale CNTS de Fatick et également  Coordonnateur du G7  FATICK a répondu à nos questions . Entretien .

 

Sunuker.net Monsieur Ndiaye nous allons ouvrir notre interview par la situation générale du Sénégal marquée cette semaine entre autres par des grèves et des ponctions de salaire des enseignants grévistes . Le G7 coalition des sept syndicats les plus représentatifs du secteur de l’éducation au Sénégal mène cette grève. Où en sont les négociations avec le gouvernement à ce jour ? Peut-on encore parler de négociations ?
 

Cheikh NDIAYE : Le G7 regroupant les 7 syndicats de l’enseignement les plus représentatifs est  en mouvement depuis le mois d’octobre 2025 et nous sommes à notre 5 eme plan d’action. Après une longue attente du G7,des rencontres avec les différents ministres concernés pour  nos revendications ont eu lieu.  De ces rencontres ,nous saluons la signature des deux décrets relatifs au cas des décisionnaires ,le décret N 2006-392 du 27 Avril 2006 complétant le décret N77-987 du 14 NOVEMBRE 1977 modifie par le décret 2026-65 du 27 Janvier 2026 et le décret 2026-66 du 27 janvier 2026 modifiant le décret 74-347 du 12 Avril 1974. Sur ce point nous attendons encore beaucoup. Oui nous pensons que les négociations entre l’État et ses partenaires sociaux que nous sommes doivent être pérennisées. Constatant des menaces du côté de l’Etat nous doutons de la sincérité de ces pourparlers par-ce-que selon nous, l’élément essentiel de la négociation est la confiance mutuelle entre les parties prenantes.

 

Sunuker.net : Le SELS est l’un des membres fondateurs du G7. Quel rôle spécifique joue-t-il au sein de cette coalition, et comment se prennent les décisions entre les sept syndicats ?

Cheikh NDIAYE ;  Le SELS est un membre du G7, il est le premier syndicat de l’élémentaire au Sénégal. Vous me permettrez de rappeler que le SELS est créé dans les années 2000 en commençant par une amicale des volontaires de 1995 avec la nouvelle génération d’enseignants appelés corps émergents. Le SELS a une maitrise parfaite des besoins de l’enseignant sénégalais et de l’école sénégalaise et se propose comme conseiller de l’État pour une école sénégalaise performante mais comme défenseurs et garant des droits et devoirs des enseignants sénégalais. Comme ses paires, il joue un rôle très déterminant dans cette coalition des sept (7) syndicats les plus représentatifs. Dans le G7, les syndicats sont d’égale dignité et que les décisions sont prises autour d’un consensus au bénéfice des enseignants et de l’école sénégalaise après l’analyse des suggestions et orientations venant de la base sur les différents points soulevés. Je rappelle qu’au G7, nous sommes en unité d’action mais il faut signaler que chaque syndicat a sa ligne de conduite et son autonomie de gestion.Sunuker.net :  Quelles sont précisément les revendications portées par le G7, et lesquelles restent sans réponses concrètes de la part des autorités ?  

 

Cheikh NDIAYE : Sur la grève, nous rappelons que le G7 demande le respect des accords signés avec l’Etat du Sénégal et reconnus par les nouvelles autorités. Parmi ces points nous pouvons citer : La révision du statut des enseignants-non fonctionnaires (décisionnaires) ;  L’arrêt de la surimposition des rappels dus aux enseignants ;  Le parachèvement de la formation diplômante universelle des enseignants ;  Le paiement ponctuel des salaires des enseignants contractuels et des nouveaux diplômés des écoles de formation;  Le relèvement des budgets alloués aux établissements du moyen-secondaire et la mise en place de budgets pour les écoles élémentaires. Nous réclamons également l ’amélioration des équipements scolaires;  La fourniture de matériel pédagogique et l’amélioration des conditions de travail; Un personnel suffisant et motivé; L’arrêt définitif des lenteurs administratives; La correction du système de rémunération . L’octroi des parcelles aux enseignants et des  d’indemnités aux agents des Inspections de l’Education et de la Formation et des Inspections d’Académies:  Le versement par les banques des prêts DMC aux ayants droits;  Le retour à la table de négociation sur les questions nouvelles. Pour le cas des décisionnaires nous attendons;  La publication officielle et la mise en œuvre effective des décrets;  La communication aux parties prenantes;  La mise en place d’un mécanisme de suivi pour s’assurer de l’application effective des décrets.

 

Sunuker.net :  La grève s’étire dans le temps quel impact concret cela a-t-il sur les élèves, notamment ceux qui préparent les examens nationaux ?  
 
Cheikh NDIAYE : La grève s’étire dans le temps, il faut rappeler que nous avons un quantum horaire de plus de neuf cents heures à réaliser et que nous avons l’habitude d’entendre que le temps perdu n’est jamais rattrapé et de souligner que chaque niveau(classe) a un contenu à maitriser. Pour les classes d’examens, les dates fixées pour les différents examens sont menacées et le programme de ces différentes classes risque de ne pas pouvoir être épuisé dans ce cas les élèves n’auront pas les connaissances nécessaires pour passer en classe supérieure.

Sunuker.net :  Comment le G7 qualifie-t-il la posture du gouvernement face à cette crise : indifférence, mépris, ou simple incapacité à gérer le dossier ?

 

Cheikh NDIAYE :   Le G7 pense que l’Etat au lieu de menacer les enseignants doit revenir à la raison et matérialiser les accords et revenir sur la table de négociation en inspirant confiance aux syndicats.

 

Sunuker.net : Les ponctions sur salaires ont été appliquées aux enseignants grévistes ont-ils reçu une notification officielle préalable, ou ont-ils simplement constaté la diminution de leur paie ?
 
Cheikh NDIAYE :  Pour la ponction aucun enseignant ne revendique sa légitimité par ce que garantie par les lois sénégalaises .Nous demandons certes l’application stricte des textes règlementaires en cas de ponctions. Pour cela nous rappelons que selon le statut particulier des enseignants, les ponctions prévues en cas de grève sont généralement proportionnelles à la durée de la grève. Il faut rappeler la règle du trentième indivisible (une journée de grève entraine une retenue d’un trentième de la rémunération mensuelle et que le code du travail prévoit que les retenues sur salaire ne peuvent pas dépasser le tiers (1/3) du salaire. De la même façon, nous dénonçons les ponctions sur les salaires des enseignants non-grévistes et disons qu’il est anormal de ponctionner une enseignante en congé de maternité durant les jours de grève.
 

Sunuker.net :  Le Premier ministre a tenu des propos à l’Assemblée nationale largement interprétés comme des menaces à l’endroit des enseignants. Comment le G7 a-t-il réagi à ces déclarations ?  

 

Cheikh NDIAYE : Le discours du Premier Ministre n’a fait qu’encourager les enseignants à poursuivre la lutte en respectant les mot d’ordre lancés par le G7. Le G7 a pris acte de cette déclaration du Premier Ministre et a appelé la base à la mobilisation.

 

Sunuker.net  Ces propos ont-ils, selon vous, définitivement fermé la porte à une négociation, ou s’agit-il d’une posture politique sans lendemain ?
 

Cheikh NDIAYE : Pour moi le premier ministre ne peut rien impacter sur le déroulement normal des rencontres du G7 et des ministres concernés .Je rappelle que jusqu’à présent les rencontres se tiennent entre les ministres concernés et le G7.Je souhaite que ces points soient résolus avec les ministres concernés par-ce-que s’agissant simplement de matérialiser les accords. Le discours du premier ministre était émis pour mesurer la détermination du G7 et des enseignants à régler les différents points soulevés.

 

Sunuker.net ; Face aux ponctions et au durcissement du ton gouvernemental, le G7 envisage-t-il de radicaliser le mouvement et si oui, sous quelle forme ?
 

Cheikh NDIAYE :  En face de la ponction, la base, lors des rassemblements au niveau des inspections d’Académies a demandé au G7 de corser la stratégie de la lutte et de penser à impacter la marche des établissements scolaires. Le G7 ayant reçu mandant de continuer la lutte reste ouvert envers l’État et est déterminé à continuer la lutte.

 

Sunuker.net : Quel message le G7 et le SELS adressent-ils aujourd’hui aux parents d’élèves qui se retrouvent pris entre deux feux dans ce bras de fer avec le gouvernement ? 
 
Cheikh NDIAYE : A ce niveau de la lutte, le G7 rassure les parents d’élèves de la possibilité de retourner dans les classes. Je salue l’initiative de cheikh MBOW coordonnateur de COSYDEB qui a était là et qui continue d’alerter sur la nécessité de se retrouver autour de l’essentiel et demande à la société civile et aux hommes de bonne volonté d’agir pour un climat apaisé .Nous appelons tous les camarades à se mobiliser, appelons les autorités à une franche collaboration avec les Secrétaires Généraux Nationaux du G7 mais aussi au niveau des Inspections de l’Education et de la Formation et des Inspections d’Académies. Vous me permettrai de saluer les camarades du G7 au niveau de Fatick mais aussi les enseignants de la région de Fatick et particulièrement ceux du SELS. J’appelle l’ensemble des enseignants à se joindre à nous pour l’atteinte de nos objectifs. Nous souhaitons une franche collaboration avec les autorités administratives
et scolaires de la région de Fatick.

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