CONTRIBUTION

hommage à Monsieur Tène Gaye : un Ergophile de l’Administration du Travail à la retraite

C’est avec une émotion sincère et un profond respect que je salue le départ à la retraite de notre collègue, mon frère l’Inspecteur Gaye⁩.

Quand on évoque son nom, ce n’est pas tant un titre ou une fonction qui vient spontanément à l’esprit, mais une manière d’être. Une présence constante, discrète, rassurante. Une rigueur sans ostentation, un attachement indéfectible au service public, une constance dans l’engagement qui force l’admiration.

De ses premières années en salle de classe, comme professeur de lettres, d’histoire et de géographie, jusqu’aux plus hautes responsabilités dans l’administration du travail et de la sécurité sociale, Téne GAYE a toujours porté avec dignité la double mission de transmettre et de protéger. Il a su allier la pédagogie de l’enseignant au discernement du fonctionnaire, l’ancrage des valeurs à l’intelligence des situations.

De Kaolack à Louga, puis de Thiès à Dakar, il a cultivé une même exigence qui est celle de faire du droit social un levier de stabilité et du dialogue un outil de paix, avec une égale attention aux contextes humains, économiques et institutionnels.

Mais il serait réducteur de s’en tenir au seul cadre de ses fonctions. Ce serait méconnaître l’homme, au fier enracinement arboré à travers son pseudonyme « Yérimayo », natif de Yarakh et viscéralement lié à la Casamance.

Frais émoulu, en 1994, de l’École Normale Supérieure de Dakar, c’est sur cette terre de verdure et jadis sanglant champ de bataille, qu’il mit en application ses primo compétences d’enseignant. Cette vocation avait été précédée par un passage réussi au département d’Histoire de l’Université Cheikh Anta Diop. Ainsi avec dans le regard la lucidité de ceux qui savent d’où ils viennent, il n’a cessé depuis lors de conjuguer savoir et engagement.

Dans cette dynamique, il a localement œuvré à la structuration d’un syndicalisme lucide et responsable, et ses actions connaitront l’apothéose avec l’érection du Rassemblement des Educateurs et Enseignants Libres (REEL), clin d‘œil au destin qui l’attendait en prélude à ses futures charges de SG du SICTRASS.

A ce sujet, il mit durant ce mandat à la tête du SICTRASS, ce qui fait la noblesse de l’engagement : la parole rare, mais dense ; l’écoute attentive, mais vigilante ; le sens des équilibres, sans compromission.

À l’heure où le service public s’interroge sur ses mutations, il convient également de saluer l’ouverture d’esprit d’un homme qui n’a jamais craint la nouveauté. Pionnier silencieux dans l’usage des technologies de l’information déjà comme enseignant, curieux sincère des outils numériques, il a su accompagner les récentes transitions digitales à l’IRTSS de Dakar, sans jamais renier l’exigence d’humanité dans l’action publique conjugué à la nécessité du développement personnel.

Apprendre chez lui, en effet, n’est jamais un fardeau, mais une respiration. Il a en administré la preuve par un séjour certes studieux, mais long et éprouvant, à Yaoundé au CRADAT, à un âge et à un stade de carrière où il aurait pu choisir le confort de l’acquis.

De retour de formation, il partagea, avec enthousiasme, l’ensemble de ses ressources didactiques avec toute la corporation répertoriée, au temps, sur un mailing list, WhatsApp était encore loin d’exister, en l’accompagnant de cette citation de Thomas JEFFERSON : « Celui qui apprend quelque chose de moi enrichit son savoir sans réduire le mien, tout comme celui qui allume sa chandelle à la mienne se donne de la lumière sans me plonger dans l’obscurité ».

Aujourd’hui, au moment de tourner une page- mais non de fermer le livre-, il laisse dans nos mémoires l’empreinte d’un homme droit, exigeant sans jamais être dur, rigoureux sans froideur, constant sans raideur. Au plan personnel, il me laisse le souvenir d’un collègue profondément humain, d’un frère généreux dans l’échange, d’un homme habité par la noblesse des idées et le respect de la parole donnée.

Reçois à travers ces lignes, l’expression de mon affection respectueuse. Que cette nouvelle étape soit pour toi une occasion de cultiver d’autres passions, de transmettre encore autrement, et de savourer SURTOUT le repos bien mérité de ceux qui, toute leur vie, ont œuvré avec probité.

 

Ibrahima DIAKITÉ, Contrôleur du Travail et de la Sécurité sociale en service au Ministère des Finances et du Budget.

 

 

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