SOCIETE / FAITS DIVERS

Industries de farine et d’huile de poissons : « Le Sénégal pourrait connaître un déficit de l’offre de poisson d’environ 150 000 tonnes par an »

La production de farine et d’huile de poisson en Afrique de l’Ouest et particulièrement au Sénégal détruit les ressources de la région au profit de pays étrangers. Dans un rapport publié par la FAO révélant les impacts de ces industries de farine et d’huile de poisson, le «Le Sénégal pourrait connaître un déficit de l’offre de poisson d’environ 150 000 tonnes par an au cours des années 2020 ». Par ailleurs, les exportations de farine et d’huile de poisson pour l’aquaculture contribuent à l’insécurité alimentaire au Sénégal.
La production de farine et d’huile de poisson dans cette région du continent est passée de 13 000 tonnes en 2010 à 170 000 tonnes en 2019, selon Greenpeace, qui tire la sonnette d’alarme depuis plusieurs années. 500 000 tonnes de poisson sont transformées chaque année en farine et huile pour des secteurs comme l’aquaculture, l’agriculture, les compléments alimentaires, les cosmétiques et le bétail, estime l’ONG de défense de l’environnement.

Greenpeace Afrique a salué le rapport de la Fao sur les impacts socio-économiques et biologiques de l’industrie de l’alimentation à base de poisson en Afrique sub-saharienne.

Ce récent rapport, publié le 21 janvier dernier par l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture confirme les inquiétudes de Greenpeace Afrique concernant «l’impact négatif considérable » des usines de farine et d’huile de poisson au Sénégal et en Afrique de l’Ouest.

Selon le rapport, le Sénégal «pourrait connaître un déficit de l’offre de poisson d’environ 150 000 tonnes par an au cours des années 2020 » alors que le pays est «fortement dépendant de la consommation de poisson ». Pour le Dr Aliou Ba, responsable de la campagne Océans: «Ces chiffres démontrent la gravité de la situation déjà critique de la disponibilité et de l’accessibilité du poisson au Sénégal ».

D’après le même rapport, en 2018, les usines de farine de poisson installées au Sénégal comptaient 129 travailleurs permanents et 264 travailleurs temporaires, généralement recrutés parmi la population locale. Ces industries présentent ainsi un faible poids socio-économique alors qu’elles représentent une menace majeure pour les moyens de subsistance de 600 mille travailleurs du secteur de la pêche artisanale parmi lesquels des milliers opèrent dans les activités de post-capture, dominées pour l’essentiel par des femmes mareyeuses, micro-mareyeuses et transformatrices de produits halieutiques.

«Les Etats ouest-africains devraient se passer de ces industries destructives et prendre leurs responsabilités afin de préserver la sécurité alimentaire, les emplois et le bien-être des populations », a ajouté Dr Aliou Ba pour qui «nos gouvernements ont créé un modèle économique qui profite aux industriels des pays développés, plutôt qu’à notre propre population. Ils doivent changer cela maintenant. Tout type de développement devrait placer les intérêts des peuples africains en son centre ».

La matière première utilisée dans ces usines consiste en de grandes quantités à de petits poissons pélagiques (essentiellement des sardinelles et des ethmaloses) pêchés dans les eaux marines et estuariennes puis transformés en farine ou huile de poisson pour nourrir des animaux dans les pays développés au détriment de la consommation locale.

Aussi, Greenpeace Afrique continue de réclamer des actes forts de la part de l’Etat du Sénégal pour la durabilité de la pêche et la protection des métiers des femmes transformatrices de poissons à savoir le gel de nouvelles autorisations d’implantation d’usines de farine de poisson comme stipulé dans les recommandations des concertations nationales sur les usines de farine et d’huile de poisson tenues le 24 octobre 2019 ; la prise de décision interdisant l’utilisation du poisson entier par les usines de farine et d’huile de poisson, et la fermeture des usines de farine et d’huile de poisson utilisant du poisson frais propre à la consommation humaine et la protection des métiers des femmes par la signature du décret de reconnaissance des métiers de la transformation artisanale des produits halieutiques.

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