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Kaolack : La filière sel à l’arrêt, les vendeurs locaux tirent la sonnette d’alarme

Depuis trois mois, le marché local du sel à Kaolack tourne au ralenti. Les mareyeurs, revendeuses et petits producteurs alertent : la vente de sel iodé et de sel brut est quasiment paralysée. Par conséquent, il y a des stocks invendus et des pertes financières. De plus, un secteur qui emploie des milliers de femmes dans le bassin du Sine-Saloum est sous tension.

Une filière stratégique sous pression
Kaolack est considérée comme la capitale du sel au Sénégal. La région concentre une grande partie des marais salants artisanaux du pays, notamment autour de Niodior, Dionewar et des îles du Saloum. Le sel produit ici alimente le marché national et une partie de la sous-région. Mais depuis mars 2026, les circuits de distribution locaux sont bloqués.

Selon les acteurs de terrain, plusieurs facteurs se cumulent : baisse du pouvoir d’achat des consommateurs, concurrence du sel importé moins cher, et difficultés d’écoulement vers Dakar et les autres régions. De plus, il y a des contraintes d’accès au financement. Par ailleurs, les promotrices de la filière, comme celles du « Comptoir du Sel » avec sa marque « Xorom Nala », réclament un accompagnement plus adapté de l’État pour valoriser le sel made in Sénégal.

Des femmes et des jeunes en première ligne
La paralysie de la vente locale frappe d’abord les femmes transformatrices et les jeunes employés des marais salants. La filière sel est un poumon économique pour Kaolack : elle génère des emplois et participe à la sécurité alimentaire via le sel iodé. Mais sans débouchés, les stocks s’accumulent et les revenus chutent.

Les professionnels demandent aujourd’hui des mesures urgentes : subventions pour le sel local, contrôle du sel importé, et mise en place de mécanismes de crédit pour les PME du secteur. « L’État doit faire confiance aux entrepreneurs qui prennent des risques », plaident plusieurs acteurs de la filière qui misent sur la qualité et l’origine locale pour relancer la consommation.

En attendant, les marais salants continuent de produire, mais les camions partent moins souvent. À trois mois de la Tabaski, période de forte demande, les opérateurs espèrent un sursaut du marché pour éviter l’asphyxie totale.

SUNUKER.NET NEWS

Auteur : Ely Birahim Ka