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Kazakhstan: des «dizaines» de morts dans les émeutes

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Le pouvoir a décrété l’état d’urgence sur l’ensemble du Kazakhstan, mercredi 5 janvier au soir, ainsi qu’un couvre-feu. Mercredi, les manifestants se sont emparés, dans le chaos, de bâtiments administratifs et de sièges des forces de l’ordre, plusieurs ont été tués. Déclenché le 2 janvier après le doublement du prix d’un gaz pour véhicules, le mouvement de protestation s’est vite transformé en critique d’un régime autoritaire et corrompu.

Des « dizaines » de manifestants ont été tués par la police, selon un porte-parole des forces de l’ordre, et plus d’un millier de personnes blessées au Kazakhstan depuis le début des manifestations dimanche. Douze membres des forces de l’ordre ont également été tués et 353 autres blessés, ont annoncé, jeudi 6 janvier, les autorités locales à la télévision publique.

Ce jeudi, l’heure est au rétablissement de l’ordre. On voit sur les places de certaines grandes villes du pays des véhicules blindés, rapporte notre correspondant pour l’Asie centrale, Régis Genté. Mercredi soir, une opération dite « antiterroriste » a été lancée par la police, notamment à Almaty, la capitale économique du pays.

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En réalité, il s’est agi de mettre fin au mouvement de protestation et aux pillages, comme dans les magasins vendant de la high tech. Mais les informations manquent, car l’Internet a été coupé longtemps mercredi 5 janvier et qu’un certain nombre de médias ne fonctionnent plus.

Le gouvernement démis de ses fonctions

Une ambiance de chute du régime régnait mercredi au Kazakhstan. De fait, le régime a vacillé. L’État a semblé impuissant à contrôler la situation.

Et d’une certaine façon, il a chuté, puisque l’ancien président, qui a dirigé le pays d’une main de fer depuis 1991, Noursoultan Nazarbaïev, 81 ans, a perdu le contrôle du pays.Un véhicule blindé près de la mairie d’Almaty, le 5 janvier 2022.REUTERS – STRINGE

En mars 2019, il avait quitté le fauteuil de chef de l’État pour le laisser à Kassym-Jomart Tokaïev, mais il avait en fait conservé l’essentiel des pouvoirs à la tête du Conseil de sécurité national. Mais mercredi, le président Tokaïev a affirmé assumer désormais les fonctions de chef dudit Conseil de sécurité.

Les hommes de Nazarbaïev ont été démis de leurs fonctions, notamment le Premier ministre Askar Mamine ou le puissant chef des services de sécurité, Karim Massimov.

Dans la soirée, Kassym-Jomart Tokaïev avait appelé ses alliés à l’aide « contre des gangs terroristes internationaux ». L’Organisation du traité de sécurité collective (OSTC), une alliance militaire régionale de facto dirigée par la Russie, a été appelée à la rescousse par le président Tokaïev. Ce sera la première fois que cette organisation mènera une telle mission.

À travers l’OSTC, l’intervention de Moscou

Formellement, l’annonce a été faite par le Premier ministre arménien qui préside actuellement cette organisation régionale, mais ce sont bien les soldats russes qui constituent le noyau de ces forces dites de « maintien de la paix », rappelle notre correspondante à Moscou, Anissa el Jabri. Elles resteront « jusqu’à ce que la situation se stabilise ».

Leur mandat : assurer la sécurité des infrastructures. « L’opération de nettoyage », dit le président de la Douma d’État russe sur les affaires régionales, « sera faite par les forces locales ».

Ce choix reflète la position de Moscou : d’un côté officiellement via le ministère des Affaires étrangères, on appelle au calme et à la modération, de l’autre depuis mercredi le narratif de certains médias officiels pointe la responsabilité de l’Ouest. « Des émeutes dues aux services de renseignement occidentaux », affirme un expert dans les pages de la Komsomolskaia Pravda. Du reste, l’OSTC intervient officiellement pour le motif à peine moins précis d’« ingérence extérieure ».

Avant les pourparlers russo-américains qui débutent dans quelques jours, la Russie tient à montrer qu’elle sait gérer l’instabilité sur plusieurs fronts.

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