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La condamnation d’Ousmane Sonko ne le prive pas de ses droits civiques et politiques (avocats)

Dakar, 30 mars (APS) – La condamnation d’Ousmane Sonko à deux mois de prison avec sursis pour des faits de diffamation et au paiement de 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts ne le prive pas de ses droits civiques et politiques, ont reconnu des avocats des deux parties au procès.

‘’Cette condamnation est mesurée à tel point qu’elle ne le prive pas de ses droits civiques et politiques et lui permet de rester dans le débat politique’’, a commenté Me Pierre-Olivier Sur, l’un des avocats du ministre du Tourisme et des Loisirs, Mame Mbaye Niang.

‘’Cela veut dire que les juges n’ont pas rendu une décision politique. Les juges ont rendu une décision judiciaire. Quel est le rôle du juge ? C’est d’apaiser les choses’’, a-t-il ajouté.

Me Pierre-Olivier Sur estime que ‘’si la décision avait été très lourde, c’est la ville (Dakar) qui aller s’enflammer, le pays aussi’’.

‘’Le débat politique [pourrait] prendre un virage nouveau’’ si la décision judiciaire privait Ousmane Sonko de la possibilité de présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2024, a-t-il poursuivi.

’En principe, non’’, a répondu Me Ousseynou Fall, l’un des avocats de la défense, à la question de savoir si la décision rendue par le tribunal de grande instance de Dakar empêche ou pas son client de briguer le mandat présidentiel.

‘’Ce n’est pas une condamnation ferme, c’est une condamnation avec sursis’’, a fait remarquer Me Fall en dénonçant par ailleurs ‘’un simulacre de procès’’. En décrivant le procès comme tel, il fait allusion aux nombreux incidents d’audience qui l’ont émaillé.

Ousmane Sonko, maire de Ziguinchor (sud), ne s’est pas présenté au tribunal pour l’audience de ce jeudi.

‘’Nous sommes satisfaits de cette décision de justice pour deux raisons. La première raison, c’est qu’il y a eu une condamnation pour diffamation. La diffamation est un délit lourd, qui marque l’abus de droit et de la liberté d’opinion. Il fallait qu’il soit condamné, et il l’a été’’, a dit Me Pierre-Olivier Sur.

‘’La seconde source de satisfaction, de notre côté, c’est que cette condamnation est lourde parce qu’elle contient le mot prison. C’est lourd, c’est symbolique’’, a-t-il ajouté dans un entretien donné à la presse.

Le débat politique ‘’va pouvoir continuer, grâce à la justice’’

Pierre-Olivier Sur estime que ‘’les juges ont respecté la continuité et la liberté du droit de chacun de s’exprimer’’. ‘’Mais ils ont posé des limites. Les limites, c’est […] la diffamation […] Les limites ont été posées. Bravo à la justice, bravo à la démocratie et bravo au débat politique de pouvoir continuer avec des limites, grâce à la justice.’’

Ouvert le 2 février, le procès pour diffamation opposant Ousmane Sonko, leader du parti d’opposition Pastef, au ministre du Tourisme et des Loisirs, Mame Mbaye Niang, avait été renvoyé une première fois au 16 février. C’était à la demande des avocats du maire de Ziguinchor, qui a déclaré être candidat à la prochaine élection présidentielle.

Ce dernier n’était pas présent à l’audience parce qu’il n’avait pas reçu une convocation du tribunal, selon ses avocats.

Un nouveau renvoi avait été ordonné par le juge, le 16 mars. Ce jour-là, après plusieurs incidents d’audience et des affrontements entre forces de l’ordre et proches d’Ousmane Sonko à Dakar, le procès a été renvoyé à ce jeudi.

Mame Mbaye Niang reproche à Ousmane Sonko, classé troisième à l’élection présidentielle de 2019, d’avoir dit qu’il avait été épinglé par un rapport de l’Inspection générale d’Etat à cause de la mauvaise gestion d’un fonds de 29 milliards de francs CFA du Programme des domaines agricoles communautaires.

M. Niang conteste l’existence de ce rapport et a saisi la justice d’une plainte pour diffamation contre M. Sonko.

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