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La déclaration «DIgnitas Infinita» : un vade-mecum du Vatican sur la dignité humaine

Près de 5 mois après la publication de la très controversée déclaration «Fiducia supplicans», en décembre 2023, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a promulgué, le lundi 8 avril dernier, une nouvelle déclaration sur la dignité humaine, intitulée «Dignitas infinita». Selon Abbé Roger Gomis de l’Archidiocèse de Dakar, ce texte d’une vingtaine de pages, fruit de cinq années de travail, commémore le 75e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. A en croire le prélat, le texte explique de manière théorique le concept de la dignité humaine et réaffirme «le caractère incontournable du concept de dignité de la personne humaine au sein de l’anthropologie chrétienne». 

Ce qui l’amène à dire que la dignité humaine, dans son essence, nous appelle à voir l’autre, quel qu’il soit, comme un frère ou une sœur, porteur de la même lumière intérieure. «Cela signifie concrètement accueillir, écouter et chercher des chemins de compréhension et de respect mutuel, même quand cela semble difficile», a-t-il fait comprendre. Et d’ajouter : «chaque personne porte en elle une dignité inaliénable, comme une lumière qui ne s’éteint jamais, quelles que soient les circonstances. Une idée qui n’est certes pas nouvelle pour nous, mais qui reste toujours aussi puissante, rappelant que chaque individu mérite respect et amour, car nous avons tous été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu».

Ce nouveau document, aux allures d’une encyclique, traduit en plusieurs langues, aborde, d’après Abbé Roger, la question de la dignité humaine sous des thèmes à la fois éthiques, sociétaux et politiques mais aussi religieux. Un véritable Vade-mecum comportant une liste non exhaustive de violations graves à la dignité humaine, à savoir : «la violence contre les femmes», le «respect des personnes handicapées», les «abus sexuels», la «traite des personnes», la «violence numérique», la «peine de mort». Mais aussi la «théorie du genre», «l’avortement», la «gestation pour autrui», «l’euthanasie et le suicide assisté», le «changement de sexe». Et enfin «la pauvreté», la «guerre» et les «migrants».

Bref, «dans nos sociétés, marquées par une grande diversité culturelle et religieuse et qui sont souvent le théâtre de luttes pour les droits et la dignité, notamment autour de questions sensibles comme l’homosexualité, la réception de cette nouvelle déclaration ne se fera pas sans un dialogue certes complexe mais inclusif favorisant le respect de la dignité de chaque personne, tout en restant fidèles et sans compromis à nos valeurs culturelles africaines. Sur ce plan, l’Église en Afrique devra jouer les premiers rôles en étant ce pont pouvant permettre ce dialogue», a-t-il soutenu.

 

Denise ZAROUR MEDANG  

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