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La marche vers pâques – carême et chemin de croix : Enseignement de Abbé Jean Baptiste Manga

Carême rythme avec l’exercice du chemin de croix. Pendant ces quarante (40) jours de jeûne, de prières, de partage, les chrétiens, chaque vendredi, s’adonnent à cet exercice de foi, sous la présidence d’un prêtre ou d’un laïc. En cette troisième semaine du Carême, abbé Jean Baptiste Valter Manga, du Grand Séminaire Saint Jean Marie Vianney de Brin, dans le diocèse de Ziguinchor, revient sur l’importance de cet acte foi. Que représente le chemin de croix pour le chrétien ? Enseignement…

«Chaque année, les quarante (40) jours qui préparent les chrétiens à la célébration du mystère de la mort et de la résurrection de Jésus Christ, sont un temps favorable à divers exercices spirituels. Le chemin de croix est un de ces exercices.

Généralement, tous les vendredis les chrétiens se retrouvent à l’église ou dans un sanctuaire pour vivre ce moment de foi, sous la présidence d’un prêtre ou d’un laïc. Le chemin de croix est particulièrement développé le dernier vendredi de Carême, appelé Vendredi Saint, rappelant ainsi le dernier jour de la vie du Christ.

ORIGINES DU CHEMIN DE CROIX

Le chemin de croix, comme acte de dévotion privé ou communautaire, trouve son origine dans la volonté des chrétiens d’imiter le Christ et de vivre dans leur corps, en signe de communion, les derniers moments de celui-ci, notamment ses souffrances.

Son origine est liée à la ville de Jérusalem où Jésus a été condamné à être crucifié sur une croix et où il a donc vécu sa passion. Les chrétiens souhaitaient suivre le chemin de la passion du Christ sur les lieux où cette passion s’est déroulée des siècles auparavant. Quand l’Eglise passe de religion persécutée à religion admise et même officielle de l’empire romain avec la conversion de l’empereur Constantin en 313, le pèlerinage à Jérusalem prend de l’importance. De plus en plus de fidèles chrétiens se déplacent à Jérusalem la semaine de la passion afin de vivre le chemin de la croix, sur les pas du Christ. L’objectif était une véritable identification au Christ et une action de grâce pour ce qu’il a enduré pour l’humanité.

Aux XIVe et XVe siècles, les Franciscains (ordre créé par Saint François d’Assise en 1210), à qui est confiée la garde des lieux Saints de la Chrétienté en vertu d’un accord avec les Turcs, diffusèrent le chemin de croix en dehors de la ville de Jérusalem, notamment en Europe. L’idée de pratiquer le chemin de la Croix en dehors de son cadre ordinaire, à savoir Jérusalem, visait à permettre aux pauvres qui ne pouvaient pas se payer le voyage en terre Sainte, de vivre cet exercice spirituel dans leur propre terre. Les lieux de culte comme les églises devenaient du coup une Jérusalem où se reproduit la passion du Christ et que tout homme, quelle que soit sa condition et son cadre de vie, pouvait parcourir spirituellement le dernier chemin du Christ.

LES STATIONS DU «VIA CRUCIS»

Le chemin de la croix, «via crucis» en latin, est ponctué de divers étapes appelées stations, qui rappellent des moments marquants de cette marche. Certains de ces moments sont directement évoqués dans les évangiles, d’autres dans les textes apocryphes. Le nombre des stations a varié jusqu’à ce qu’il soit fixé à 14 au XVIIIe siècle par les Papes Clément XII et Benoît XIV. Toutefois, depuis 1958, la mise en place d’un chemin de Croix au sanctuaire marial de Lourdes en France a ajouté une quinzième station pour le faire terminer sur l’espérance en la Résurrection avec la Vierge  Marie, la Mère de Jésus que celui-ci confia, à travers l’apôtre Saint Jean, à l’Eglise, du haut de la croix, avant sa mort.

LE VENDREDI SAINT, JOUR PAR EXCELLENCE DU CHEMIN DE CROIX

S’il a été étendu à d’autres jours comme les vendredis de Carême ou à l’occasion de circonstances particulières comme les pèlerinages, le chemin de croix du Vendredi Saint garde toute la symbolique de cet exercice spirituel. Dans beaucoup d’églises, l’on fait en sorte que l’heure de son exécution se rapproche des heures de la passion du Christ, suivant les indications temporelles des évangiles.

D’autres choisissent même de le vivre de façon plus intime, à travers un jeu de rôle des différents acteurs de la passion du Christ. Cet exercice est généralement appelé chemin de croix vivant. A Rome, par exemple, le Pape Jean Paul II s’est particulièrement illustré dans la pratique du chemin de croix le Vendredi Saint. Tant qu’il avait ses forces, il portait lui-même la croix. Tout en conservant le nombre de stations (14), il avait modifié le contenu des stations qui n’ont pas de références bibliques exactes, comme les trois chutes de Jésus, sa rencontre avec sa mère ou encore celle avec Véronique. Il les remplace alors par d’autres thèmes comme celui de Jésus au jardin des Oliviers, le reniement de Pierre, la promesse du paradis au bon larron. Le Pape Jean Paul II voulait ainsi montrer l’extraordinaire richesse du chemin de la croix pour la réflexion et la prière. Chaque année, il invitait une personne ou un groupe à proposer le texte qui accompagne le chemin de croix ; conviant même à cet exercice des non chrétiens.

Le chemin de la croix reste sans aucun doute l’une des piétés populaires qui attirent le plus de monde, surtout en ce temps de Carême.

Que cet exercice spirituel nous aide toujours à nous rapprocher du Christ dans sa souffrance, nous rendant sensible à la souffrance des autres, et dans sa glorification, qui sera aussi la nôtre au terme de notre vie.

Bonne marche vers Pâques à la suite du Christ».

Par Denise ZAROUR MEDANG

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