ECONOMIE

« L’Afrique a besoin de financements massifs pour lutter contre le changement climatique »

Dans son discours a il déclaré que l’Afrique est confrontée à trois défis majeurs – les 3 C : Covid-19, climat et conflits. Il a expliqué que la solution aux 3 C est la même pour tous: les 3 F, finance, finance et finance.

L’Afrique était encore aux prises avec le financement de la relance post-Covid-19, lorsqu’a éclaté le conflit dû à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, déclenchant flambée des prix des denrées alimentaires et inflation.

«Pour se prémunir d’une éventuelle crise alimentaire en Afrique qu’entraînerait la guerre de la Russie en Ukraine, la Banque africaine de développement a annoncé, le 29 mai, la création d’une Facilité africaine de production alimentaire d’urgence, dotée de 1,5  milliards de dollars.
Destinée à soutenir 20 millions d’exploitants agricoles, cette facilité va permettre d’offrir un accès à des semences résilientes au changement climatique, en maïs, en blé, en riz et en soja, et de stimuler la production de 38 millions de tonnes de denrées
alimentaires, d’une valeur estimée à 12 milliards de dollars », a rappelé le président Adesina. Il a relevé que cette Facilité a été approuvée avec une rapidité incroyable. En 60 jours, la Banque a donné son feu vert à des opérations dans 24 pays pour un montant de 1,13 milliard de dollars, et nous devrions atteindre 35 pays d’ici à la fin du mois.

«L’Afrique a besoin de financements massifs pour lutter contre le changement climatique.
 Le continent se réchauffe plus vite que partout ailleurs dans le monde, et les prévisions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat montrent que l’on atteindra en Afrique les seuils critiques de réchauffement de la planète beaucoup plus tôt », a plaidé le président de la Bad. Il a souligné que les effets seront dévastateurs : pertes de récoltes, effondrement des cheptels et des moyens de subsistance des éleveurs, mais aussi hausse de la mortalité infantile de 37 % en Afrique de l’Ouest et de 25 % en
Afrique de l’Est. À la hausse de température d’un degré, a-t-il dit,  serait aussi corrélée une hausse de 11 % du risque de conflit en Afrique, car cela entraînerait des catastrophes et des conflits dus au climat. A son avis, le changement climatique est déjà à l’origine de 4,3 millions d’Africains déplacés.

Selon les estimations de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina soutient que les pertes de Pib par habitant pourraient osciller entre 16 et 64 %, dans un scénario de réchauffement élevé.
Face à ce déferlement, poursuit M. Adesina, l’Afrique ne dispose pas des ressources nécessaires pour lutter contre le changement climatique. «Le continent ne perçoit que 3 % de la finance climatique mondiale. Si la tendance se poursuit, le déficit de finance climatique de l’Afrique atteindra 100 à 127 milliards de dollars par an d’ici à 2030 », note le président de la Bad soulignant que l’architecture de la finance climatique telle qu’elle existe aujourd’hui ne répond pas aux besoins de l’Afrique. Il a indiqué que le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique (Aaap) est un programme spécifique à l’Afrique qui a le soutien des chefs d’État africains et qui entend mobiliser davantage de ressources pour lutter contre le changement climatique, afin de faire progresser les
objectifs de l’Initiative d’adaptation pour l’Afrique.

«La Banque africaine de développement et le Centre mondial pour l’adaptation sont en train de mobiliser 25 milliards de dollars pour
ce programme – le plus grand effort d’adaptation au changement climatique jamais entrepris à l’échelle mondiale –, pour lequel la
Banque africaine de développement s’est déjà engagée à hauteur de 12,5 milliards de dollars », a révélé le président de la Bad.

Adou Faye
 

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