POLITIQUE

LÉGISLATIVES ET PERTE DE TERRAIN DE LA MAJORITÉ: Le diagnostic sans complaisance de la CDS

Regrettant les avancées indéniables de l’opposition, Pape Demba et ses camarades de la Confédération pour la démocratie et le socialisme (CDS) invitent la coalition Benno Bokk Yaakaar à tirer les leçons des élections législatives du 32 janvier dernier, afin d’avoir la meilleure compréhension du message envoyé par les populations.

 

La Confédération pour la démocratie et le socialisme (CDS) a fait une première évaluation des résultats des dernières élections législatives. Le Pr. Pape Demba Sy et ses camarades, après s’être félicités de la victoire de Benno Bokk Yaakaar (BBY), ont noté que les membres de cette coalition présidentielle ne doivent pas occulter le signal envoyé par les populations à la majorité.

Selon eux, la défaite dans des villes comme Dakar, Pikine, Guédiawaye, Rufisque, Thiès, Saint-Louis, Ziguinchor, etc., en dépit des efforts déployés, doit conduire la majorité à procéder à une lecture politique attentive des résultats.

‘’BBY, avec 82 députés, l’emporte devant Yewwi Askan Wi (56 députés) et Wallu Sénégal (25). Elle est majoritaire à l’Assemblée nationale. Il s’agit cependant d’une majorité relative’’, a d’abord rappelé M. Sy, hier, en marge d’une conférence de presse.

Par ailleurs, dit-il, BBY n’a pas pu faire partout cause commune. ‘’On a noté, dans de très nombreux départements, des dissensions, des fractures et beaucoup de mésententes. De très nombreux dirigeants, de l’APR surtout, mais pas seulement, ont voulu faire de la démonstration de force, montrer que sans eux le monde s’arrête de tourner’’, regrette-t-il.

Le spectre du troisième mandat

De même, le porte-parole du jour note que le spectre du troisième mandat a fonctionné à plein régime. D’après lui, le message diffusé à souhait a été celui-ci : ‘’Si vous donnez la majorité à BBY, vous dites au président Sall qu’il a la voie libre pour briguer, pour une troisième fois, le suffrage des Sénégalais !’’

Au total, relève le Pr. Demba Sy, la coalition BBY a eu à faire face à une forte partie, composée par différentes factions : ‘’Des secteurs de la société accusant sans fondement le pouvoir de faire la promotion de l’homosexualité et promettant le vote de la loi criminalisant celle-ci, une certaine presse acharnée, ayant de la suite dans les idées, brocardant tous les jours le régime et notre coalition, une opposition manipulatrice…’’

Donc, relève-t-il, même si la coalition majoritaire a gagné dans le monde rural, elle a été sanctionnée dans les grandes villes, notamment du fait d’une insuffisante prise en compte de la complexité de l’irruption de la jeunesse sur la scène politique, du fait aussi du coût de la vie, ‘’des accusations’’ de mal gouvernance fortement relayées par la presse, de la perception négative de la transhumance, etc. Tout ceci a amené l’opposition à faire de ces élections un référendum ‘’pour ou contre le président Macky Sall’’, selon le Pr. Sy.

‘’BBY doit se réformer dans sa gouvernance’’

Par conséquent, la CDS indique que BBY doit tirer toutes les leçons de ces élections, circonscription par circonscription, afin d’avoir la meilleure compréhension possible du message envoyé par les populations. Il s’agit, d’après elle, d’une seconde alerte sérieuse, après celle des territoriales qu’il ne convient ni de banaliser ni de survaloriser.

Ainsi, la CDS exhorte BBY, dans la période qui s’ouvre, après une analyse lucide des résultats, à consolider les acquis, à changer de méthode et de démarche, à renforcer l’unité et la cohésion en son sein, notamment à la base, pour conserver les acquis en vue des échéances à venir.

‘’D’ores et déjà, BBY doit se réformer dans sa gouvernance, en tant que force politique, avec un pilotage plus collégial et moins restrictif, sur les questions décisives engageant l’avenir de la coalition. Dans le prolongement de sa structuration instaurée depuis 2014, BBY doit s’ériger en coalition politique bien implantée dans tous les coins et recoins du pays, avec une activité permanente, selon un plan d’action concerté sur l’ensemble du territoire et dans la diaspora’’, estime le Pr. Demba Sy.

De plus, dit-il, ‘’BBY doit se doter d’un appareil de communication diversifié, offensif et œuvrant au quotidien pour déconstruire la manipulation et l’intoxication et vulgariser les politiques publiques mises en œuvre au service des populations, en ciblant les jeunes, avec une plus grande occupation des réseaux sociaux’’.

Présidentielle 2024

En ce qui la concerne, la CDS se prépare pour le prochain rendez-vous de 2024. Son camp serait celui de ‘’l’unité nationale, de la démocratie, de la préservation de nos acquis républicains, de l’évolution continue vers plus de progrès partagés, de l’émancipation humaine, dans le respect de ce qui fonde la dignité de l’homme’’.

En effet, tout en assumant ouvertement son ancrage dans la mouvance présidentielle de BBY, la CDS doit, affirme Demba Sy, ‘’se positionner dans l’espace politique en tant que force politique alternative de gauche ayant son identité propre pour la justice sociale, l’équité territoriale, la souveraineté économique, le panafricanisme’’.

Pour la CDS, ‘’cette option est totalement en opposition au populisme qui se sert de certaines frustrations pour exciter les émotions liées aux sentiments patriotiques, régionalistes, ethniques, religieux, confrériques, etc., mettant ainsi en danger l’unité nationale, la cohésion sociale, la paix et la stabilité politique sans lesquelles aucun développement humain n’est possible’’.

Et de poursuivre : ‘’Ce populisme, cette idéologie de crise qui, par l’usage éhonté du mensonge et de la manipulation, tente de pousser les jeunes à l’aventure de la prise du pouvoir par la violence et le chaos, doit être vigoureusement combattu.’’

Au total, la CDS estime qu’il faut, autour de cet axe de justice sociale, de liberté, de paix, beaucoup plus de bras, de forces faisant jonction ‘’pour que nous franchissions, sans grand dommage, le rendez-vous de février 2024’’. Dans cette perspective, elle a décidé d’œuvrer pour l’unité la plus large des forces de la gauche plurielle, incluant toutes celles acquises au projet de justice sociale et d’équité territoriale et au renforcement de la démocratie républicaine, donc pouvant composer avec les forces de la social-démocratie, de l’écologie comme avec les différentes fractions et personnalités issues des partis de la gauche historique, etc. La CDS note qu’elle prendra dans la période à venir des initiatives dans ce sens.

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