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LEOPOLD SEDAR SENGHOR 20 ANS APRES: l’hommage de Babacar DIOUF professeur d’histoire et de géographie

Histoire du parti socialiste: Tanor enterre le PS dans la tombe creusée par Diouf

En hommage à Léopold Sédar SENGHOR  à l’occasion du 20 ème anniversaire de sa disparition, je partage  avec vous ce texte  sur la trajectoire historique du PS de Senghor à Tanor.
 
L’actuel parti socialiste est le fruit d’une trajectoire historique ayant commencé en 1948. En cette date, Senghor quitte la SFIO de Lamine Guèye et fonde le Bloc démocratique sénégalais ( BDS). Celui-ci fusionne en 1957 avec l’UDS et devient le Bloc populaire sénégalais (BPS), puis avec le PSAS de Lamine Guèye pour devenir l’Union progressiste sénégalais ( UPS). Senghor, qui rêvait d’être poète et enseignant, confirmait à ces occasions son génie politique. En 1960, il mène le pays à l’indépendance avec Lamine Guèye, Mamadou Dia, etc.

Malgré sa séparation avec ce dernier en 1962, après ce qui est communément appelé « les événements de 62 », Senghor tient le pouvoir puis le consolide avec le premier référendum de 1963 à l’issu duquel le poste de premier ministre disparaît.

Senghor devient le leader incontestable et incontesté de la politique sénégalaise. Il est le seul candidat aux élections présidentielles de 1963, 1968, 1973 qu’ il gagne, sans gloire, avec 100%. La création du PDS en 1974 lui permet d’avoir un challenger et de triompher avec gloire à la présidentielle de 1978 avec 82, 02%. Avant, en 1976, l’UPS devenait Parti socialiste. Malgré la situation peu démocratique du Sénégal, les crises politique ( 1962), sociopolitique (mai 1968) et économique ( sécheresse des années 70), et le contexte de guerre froide, Senghor reste au pouvoir pendant 20 ans et part en décembre 1980 de son propre gré.

Son successeur, A. Diouf, a eu le mérite de favoriser le multipartisme en 1981. Malgré son accession peu glorieuse au pouvoir (ses opposants le considérant comme le président le plus mal élu du Sénégal), l’hostilité de beaucoup de ténors du PS nécessitant la création de la CREI ( qui n’était que dissuasive ), la ténacité de l’opposant Wade, les crises politiques internes et externes ( Casamance, Gambie, Mauritanie, Guinée Bissau…), il égale son prédécesseur ( 19 ans au pouvoir ). Il gagne la présidentielle de 1983 avec 83,45%, celle 1988 avec 73% et celle de 1993 avec 58,40%. Les victoires devenaient de moins en moins éclatantes, mais il assurait l’essentiel.

Mais Diouf creuse la tombe du PS en 1996 au congrès sans débat, en parachutant Tanor comme « premier secrétaire ». Cela a ouvert la fronde au parti qui aboutit à la naissance de l’URD puis de l’AFP. Ces deux partis qui ont obtenu respectivement 7,08% et 16,77% ont contraint Diouf à aller au second tour de la présidentielle de 2000. L’AFP soutenant le PDS fait perdre au PS l’élection.

Après la défaite, Tanor tient la maison du parti, les fonds du parti mais souffre de son manque de légitimité. Le parti saigne au cours des années d’opposition et « enfante » plusieurs autres partis qui se rapprochent des prairies libérales pour s’abreuver. Les scores s’effritent et le PS de Tanor n’obtient que 13,56% à la présidentielle de 2007 et 11% à celle de 2012.

En 2014, le parti organise un congrès qui pouvait lui permettre d’insuffler du sang neuf. Aissata Tall Sall se positionne et affronte Tanor mais Khalifa Sall (actuellement prisonnier à Reubeuss à cause de ses ambitions) aide ce dernier à opérer un coup d’Etat électoral. Tanor et Khalifa venaient ainsi de porter un coup dur à la démocratie dans le parti.

La volonté de Tanor de ranger le ¨PS derrière l’APR contraint Khalifa à prendre ses responsabilités et à afficher ses ambitions. Mais les intérêts personnels de Tanor au HCCT ont valu plus que les ambitions légitimes de Khalifa et la survie du PS, patrimoine national. Malgré cette fidélité au président Macky, Tanor et sa bande faisaient croire aux gens la possibilité d’avoir un candidat du PS à la présidentielle de 2019. Heureusement que les Sénégalais distinguent maintenant le discours politicien ( souvent mensonger) de la vérité.

Voici maintenant que les choses sont claires: « le PS soutiendra la candidature du président Sall en 2019 ». Ainsi, TANOR ENTERRE LE PS APRES LA TOMBE CREUSÉE PAR DIOUF EN 1996. Bravo au premier secrétaire illégitime de 1996 devenu chef sans ambition du PS.
L’histoire c’est trois choses: les faits, les dates et les acteurs. ces derniers peuvent la faire ou la subir. Senghor et Diouf ont fait l’histoire du PS, Tanor l’a subi. Les générations retiendront TOUT. 

Après la disparition de Ousmane Tanor Dieng, Aminata Mbengue Ndiaye lui a succédé à la tête du parti comme au Haut Conseil des Collectivités territoriales. Mme Mbengue a une histoire dans le parti, elle est militante depuis le régime de Diouf et a été ministre. Elle a le mérite d’être restée dans l’opposition durant les 12 ans que Wade a passés au pouvoir, ce malgré les propositions alléchantes. Mais elle fait partie de ceux qui ont célébré le deuil du parti à partir de 2012. Elle a approuvé la décision de ne pas présenter un candidat à l’élection présidentielle de 2019.
Le parti socialiste quelle dirige actuellement, se résume, comme je l’avais écrit dans un article,  » à son histoire et à la maison du parti à Colobane ».

On n’entend plus parler de réunions des instances du parti
On n’entend plus parler de la coordination des cadres du parti.
On n’entend plus parler des étudiants et des jeunes du parti socialiste.
Seuls, certains vieux nostalgiques et ceux qui sont « casés » grâce à la « fidélité » continuent à se réclamer du parti socialiste.

Le parti de Senghor s’est érodé sous l’effet du temps, du mauvais management, de la galère de l’opposition, de la renonciation aux principes.
Leo Ya Gnilane, le prisonnier de la seconde Guerre Mondiale,
Leo Ya Gnilane, le combattant de la liberté,
Leo ya Gnilane, le défenseur des Noirs,
Leo Ya Gnilane, l’homme à la vaste culture,
Leo Ya Gnilane, le bâtisseur de la nation,
diega jokandial, ce sont vos héritiers qui ont failli.

PS: certains intellectuels ont chosifie’ Senghor au point que beaucoup de gens ont peur de parler de lui en bien. Senghor, comme tous les hommes politiques, a ses défauts, il a commis beaucoup d’erreurs. Mais il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de parler de ce qu’il a fait de positif.
Sur sa position au référendum de 1958, Sur les événements de 1962, Sur sa relation avec Cheikh Anta DIOP. Les analyses sont souvent orientées.

Babacar Diouf Professeur d’histoire et de géographie

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