SOCIETE / FAITS DIVERS

LES SPECIALISTES CONFINENT LA POPULATION FRAGILE

Deux intervenants se sont relayés après le passage du directeur de la prévention qui a donné le point du jour quotidien du coronavirus au Sénégal d’hier, mardi 10 août, lequel a fait un lot de 31 décès, 66 patients en réanimation pour 336 cas confirmés pour 2208 tests effectués soit un taux de positivité de 15,22%. Si le Dr Fatou Samba Ndiaye, hématologue à l’hôpital Dalal Jamm, a axé sa communication sur les précautions à prendre pour les cancéreux et les personnes qui souffrent de drépanocytose, le docteur Annette Seck Ndiaye, directrice de la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna) est revenue sur la distribution et la disponibilité des intrants qui concernent aussi les cliniques privées.

DR FATOU SAMBA NDIAYE HÉMATOLOGUE À L’HÔPITAL DALAL JAMM : «Les cancéreux doivent se vacciner trois mois après ou avant les cures de chimio»

Le Dr Fatou Samba Ndiaye, hématologue à l’hôpital Dalal Jam a articulé sa communication d’- hier autour de deux axes pour deux types de populations cibles dont les patients qui présentent un cancer de manière générale ou un cancer du sein de manière particulière et celles qui souffrent de drépanocytose. Selon la blouse blanche, ces dernières sont en train de payer un lourd tribut pendant cette pandémie de Covid-19. Pour les cancéreux notamment les cancers du sein, elle les a exhortés à aller se faire vacciner. Une vaccination qui selon elle doit obéir à des règles. « Elle doit être faite avant tout début de chimiothérapie ou trois mois après les cures de chimio. Et dans tous les cas, s’il est nécessaire, il faudra la faire entre deux cures espacées au moins de 15 jours » a-t-elle avancé. Et de poursuivre : «pour cette population, il a été démontré que les patients qui présentent un cancer de manière particulière développent ce que l’on appelle un trouble ou une baisse de l’immunité. Donc ils n’ont pas beaucoup de défense par rapport à leur maladie même et par rapport à la chimiothérapie. C’est la raison pour laquelle nous les exhortons à aller se faire vacciner ». Pour ce qui est des drépanocytaires, Docteur Fatou Samba Ndiaye, a renseigné : « ils font des infections régulières au niveau des poumons et ont déjà cette partie du corps qui sont fragilisés dès la naissance. Donc à partir de ces poumons fragilisés, ils vont faire fréquemment des infections dont le Sars-Cov 2. Ces infections qui peuvent être à germe banale ou spécifique ou Sarcov-2 peuvent engager un pronostic vital. Raison pour laquelle de plus en plus en milieu de pédiatrie, on assiste à des cas sévères des drépanocytaires enfants. Chez les adultes il n’y a pas à ce jour de décès répertoriés pour la population drépanocytaire ».

Face à cette situation, l’hématologue a déduit qu’au cours de ces vaccinations chez les patients drépanocytaires, il faudra également, la faire chez les femmes atteintes de drépanocytose enceintes. « La vaccination est obligatoire pour ces patientes depuis quelques semaines. Chez ces femmes drépanocytaires et enceintes, il faudra insister sur la vaccination à partir du 4ème mois de grossesse pour éviter les complications sévères ». Et de poursuivre ; « les drépanocytaires ont souvent un syndrome thoracique aigu. C’est l’une des formes particulières de crise douloureuse que ces malades font quand ils sont en crise. Donc dès qu’ils sentent la moindre douleur thoracique associée ou non à un syndrome grippal, il faudra aller rapidement se faire tester et se faire traiter ».

DR ANNETTE SECK NDIAYEDIRECTRICE DE LA PNA : Des cliniques privées enrôlées pour les médicaments Covid 19

Pour Dr Annette Seck Ndiaye qui a axé sa communication sur la disponibilité des médicaments et des produits essentiels, sur l’instruction du ministre de la Santé et de l’action sociale, les cliniques privées peuvent aujourd’hui être approvisionnées par la Pna sur la base d’une liste de produits de la médecine d’urgence. La condition imposée par la tutelle reste selon Dr Seck Ndiaye, «sur la base d’une procédure clairement définie et qui est scrupuleusement respectée ». Toutefois, seules les cliniques privées habilitées à prendre en charge des cas graves mais aussi qui travaillent dans la médecine d’urgence sont concernées par cette mesure. Dans ce dispositif, la directrice générale de la Pna a aussi renseigné : « à cela s’ajoute, le service apporté par les pharmacies privées, le secteur pharmaceutique pour lesquels les algorithmes de traitement ont été bien partagés ».

Face à cette nouvelle stratégie de prise en charge de la distribution des médicaments essentiels en période de pandémie Covid, le docteur Annette Seck Ndiaye a aussi déclaré qu’une offre de soins de qualité ne peut se faire sans la disponibilité, l’accessibilité des médicaments essentiels encore plus dans le contexte que nous sommes, marqué par la pandémie de la Covid-19, où la chaine d’approvisionnement au niveau international est durement éprouvé mais également la demande au niveau national est importante et les services de santé très sollicité. « La Pna a pris toutes les dispositions aussi bien au niveau central que régional à travers les pharmacies régionales d’approvisionnement pour que les médicaments et les produits essentiels soient disponibles dans les centres de traitement et autres structures de prises en charges », a avancé Dr Annette Seck Ndiaye. Et de poursuivre : « Ces produits dits essentiels sont destinés à la prise en charge des cas simples, par exemple tout ce qui est antibiotiques antalgiques entre autres ». Dans le cadre de la stratégie de la vaccination, Dr Annette a aussi soutenu : « la Pna a été chargée de la distribution des vaccins sur l’ensemble du territoire national. Depuis le début de la campagne de vaccination, nous avons distribué 1 232 318 doses de vaccins dont 5 32 118 doses ont été acquises par l’Etat du Sénégal. Il s’agit de trois types de vaccins : AstraZeneca, Sinopharm et Johnson and Johnson. Les nouvelles doses sont attendues dans les prochains jours, grâce aux efforts de l’Etat et des partenaires techniques et financiers dans le cadre de la plateforme Covax et dans le cadre des achats groupés de l’Union africaine». Et d’ajouter : « les médicaments pour la prise en charge de Covid-19 sont mis à la disposition des centres de traitement des épidémies. Les malades peuvent accéder à ces médicaments de manière gratuite. Par conséquent, l’automédication et l’usage d’ordonnance ou de conseil de traitement thérapeutique n’est pas conseillé surtout pour les produits tels que les antibiotiques qui sont très présents sur les réseaux sociaux »

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