CONTRIBUTION

Macky à l’exercice du pouvoir ou la démocratie agenouillée

Qui aurait pu penser que tout ce bla-bla d’avant Mars 2012 aurait servi à cela. Comme pour dire : Tout ce tintamarre sur Abdoulaye Wade pour ça. Hormis son passage en force dans un bureau de vote dans sa ville natale de Fatick lors des élections locales de 2001, tout ce que les sénégalais retiendront du passage de Macky Sall sous l’aile de Me Abdoulaye Wade se résume à ceci « Il est sérieux, il est travailleur, il est effacé et docile ». D’autres que sont les alimentaires vivant aux basques des pouvoirs diront du Premier ministre d’antan « Il est beau, il est gentil, il donne de l’argent ».

C’est pourquoi sans hésiter et parmi plusieurs candidats, les sénégalais ont porté leur choix sur le chantre de la rupture, de la primauté de la Patrie sur le Clan. Oups, je voulais dire sur le Parti lors de la présidentielle de 2012. Des promesses et engagements mirobolants, les sénégalais se réveilleront difficilement sur le reniement total de Thiompal. N’est-ce pas son prédécesseur qui nous disait que « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». Bien fait pour nous car nous avons sanctionné les dérives monarchistes de Me Abdoulaye Wade pour mettre en place la gestion clanique Faye-Sall-Timbo.

Au premier soir de so investiture en avril 2012 succédant aux 12 ans de scandales de son « père », le président de la République avait promis qu’avec lui, « Tout allait changer ». C’est chose faite. Dans sa deuxième adresse aux sénégalais, Macky Sall avait effectivement parlé de la situation des pauvres Gorgolous , et seulement de sa volonté de gouverner et non d’administrer ce brave Peuple condamné depuis les indépendances à dire OUI à tout.

De la reddition des comptes à la résurrection de la CREI, chargée de faire rendre gorge aux dignitaires de l’ancien régime censée avoir dilapidé les Milliards de francs CFA du Trésor Public et, la naissance de l’OFNAC, cette dernière destinée à sanctionner ses proches qui seraient tentés de détourner mes maigres francs dévalués , l’espoir était permis. Le premier coup de Jarnac sera le vote de la Loi n° 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Acte 3 de la Décentralisation. En y repensant, c’est à partir de ce moment que les velléités pouvoiristes commencèrent à prendre forme. Cette initiative unilatérale sera suivie d’autres qui après le procès marathon de Karim Wade ou celui 4X400 de Khalifa Sall, montreront le vrai visage d’un chantre tropical de la démocratie bananière.

S’il était prévu l’assassinat politique des leaders supposés capables de freiner son pouvoir hégémonique, la radiation suivie de l’ascension fulgurante de Ousmane Sonko, vont gripper la machine. Et la prémonition du leader de Pastef « Si tu dois me liquider, pour une fois il faudra que tes mains se tâchent. Je serais éliminé mais ton pouvoir ne s’en sortira pas indemne ». Les faits donnèrent raison à Ousmane Sonko en Mars 2021 et malgré la célèbre phrase prononcée par Macky Sall le 8 mars de la même année après la médiation de Serigne Mountakha Mbacké « Oui je vous ai compris », tout indique que le mauvais élève ne faisait que semblant. Son pouvoir finissant était englué dans des scandales financiers, fonciers, politiques, judiciaires….jamais égalés dans l’histoire du Sénégal. Et le pétrole !

De la prochaine course à la présidentielle, en revanche, pas un mot même s’il est toujours dans sa logique de ni OUI ni NON et de, malgré les termes de la Constitution et ses engagements meme à l’international. Mais pouvait-il en être autrement ? Il aurait été saugrenu de le voir annoncer sa candidature comme ça, en passant, mine de rien. Pourtant, à peine réélu en 2019 pour son deuxième et dernier mandat, cela ne l’empêche pas de se comporter en candidat, profitant aussi longtemps que possible de son statut de Président pour creuser l’écart avec ses rivaux, mettant toujours à profit la scélérate Dame Justice pour écarter les candidats.

Ainsi, il refuse de nommer un Premier ministre, poste restauré en,procédure d’urgence devant les Applaudisseurs de l’hémicycle à l’approche des élections locales du 23 janvier, foulant aux pieds les contraintes constitutionnelles. Deux poids, deux mesures. C’est lui qui se présente comme ayant pour seule boussole la protection des Sénégalais. C’est lui qui privilégie l’Union Africaine au profit des 17 millions de sénégalais et c’est encore lui qui qui anime le feuilleton diplomatique, en saluant la mémoire des soldats français tués au Mali tout en oubliant les JAMBARS tués ou retenus en otage par Salif Sadio. Quel mépris !

NI OUI NI NON, ce petit jeu présente cependant un grand risque : si les récentes publications de Jeune Afrique, Le Monde, Rfi devaient servir de prétexte pour un nouvel assassinat politique, cela pourrait devenir l’échec de celui qui était le seul à parler aux sénégalais avec mépris mais n’aura pas su freiner sa folie hégémonique.

Les éléments du discours sur la guerre sont posés. Place maintenant à la déclaration de candidature ou pas pour donner enfin un peu de vie au débat. Pour que cette volonté de museler la libre expression, comme l’a reconnu le député Cheikh Bamba Dieye, ne vienne « enterrer notre démocratie déjà agenouillée ».

Pape SANÉ

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