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Macky-Sonko : Les facteurs bloquants d’un dialogue décalé par des concessions improbables.

On aura entendu toutes formes de combinaisons, toute analyse et interprétation sur la configuration prochaine du cercle des candidats à l’élection présidentielle de 2024. L’annonce du président de la République Macky Sall de ne pas se présenter lors de cette échéance aura été déterminante. Sur ce point, la candidature, le débat n’est plus à l’ordre du jour. Ce qui doit aiguiser maintenant les appétits, c’est la participation à ces élections, les critères pour y prendre part en tant que candidat et les potentiels prétendants. Aujourd’hui, certaines voix se lèvent pour parler de dialogue entre Ousmane Sonko et le président Macky Sall. Lui-même, ne semble pas être en déphasage avec un quelconque échange qui renforcerait sa position d’œuvrer rien que pour le Sénégal. À la question : « Est-ce que vous lui avez tendu la main pour qu’après ce geste, vous vous mettiez autour d’une table pour parler afin d’apaiser la situation »? Ousmane Sonko répond : « Nous sommes des patriotes. Nous aimons ce pays et nous n’avons rien d’autre que ce pays. Tout ce qui peut apaiser ce pays, nous sommes prêts à faire les sacrifices. » Cependant, cette réponse est suivie par la conjonction « Mais ». En effet, Ousmane Sonko estime que le président Macky Sall semble être dans une logique de « soumettre ses adversaires dans une logique de justice ». Ainsi le leader de Pastef ne compte pas « se laisser piétiner » avec ces rebondissements judiciaires auxquels il fait allusion. Pour lui, la situation est sans équivoque : « Macky Sall utilise des moyens de justice pour l’empêcher d’être candidat en 2024 ».
Mais dans ce cas de figure, est-il possible d’aboutir à un éventuel consensus? Le président Macky Sall a t-il les mêmes conceptions que le président du Pastef?

En effet, en s’exprimant sur la chaîne française France 24, le leader du Pastef n’est pas passé par quatre chemin pour asséner ses vérités crues suite au discours de Macky Sall. « Il y’a une situation atypique qui concerne le Sénégal et l’Afrique de manière générale. Beaucoup ont félicité le président Macky Sall pour avoir respecté la constitution de son pays. C’est triste pur l’Afrique. J’ai même entendu certains parler de l’exception sénégalaise là où la Mauritanie, le Cap-Vert, le Ghana, le Niger, le Nigeria et beaucoup d’autres pays africains ont tendance à donner l’exemple où les présidents sortants ne se représentent pas à la prochaine élection. Il n’y a donc aucune exception sénégalaise », avait précisé Ousmane Sonko lors de l’entretien avec la chaîne française France 24 avant de soutenir sa ferme volonté de participer à la prochaine élection présidentielle tout en accusant Macky Sall de vouloir l’empêcher d’y participer : « Nous n’avons pas à négocier notre candidature. Le président Macky Sall a dit à certains qu’il empêchera vaille que vaille ma candidature parce que c’est lui la république, c’est lui la justice. Et je peux vous assurer qu’il n’y a aura pas d’élection dans ce pays, ou ce sera dans un chaos indescriptible, si le président Macky Sall, par des combinaisons judiciaires, voulait empêcher ma candidature ».

C’est sans beaucoup attendre que le président Macky Sall, dans un entretien avec le journal « Le Monde », a donné sa réponse ferme : « ce n’est ni moi ni la rue qui décidons qui sera candidat à la prochaine présidentielle mais le Conseil constitutionnel », a t-il précisé estimant que la justice fait le travail qui lui incombe et que lui, en tant que chef de l’État ne se permet pas de s’immiscer dans toute affaire judiciaire.

Par ailleurs, à ceux qui attendent un « possible dialogue » entre le président Macky Sonko, Macky Sall semble déjà donner une réponse : « Ceux qui ont accepté de dialoguer au sein de l’opposition républicaine ont obtenu des avancées sur le processus électoral. Ceux qui l’ont refusé se sont exclus. Je ne vais pas leur courir après » a t-il renchéri lors de l’entretien avec Le Monde. La question à poser, c’est que les deux acteurs politiques, ont-ils les mêmes conceptions des facteurs qui entrent en jeu pour pouvoir faire les concessions qui s’imposent ? Le président est-il réellement prêt à dialoguer compte tenu de la position accusatrice du leader de Pastef? Un dialogue utopique visiblement. Cependant, Ibrahima Bakhoum, analyste politique et ancien professeur au Cesti juge que les deux acteurs ont bien besoin de s’asseoir. Pathé Mbodj par contre estime que les dés sont jetés du côté du leader de Pastef qui est déjà condamné et non-partant pour 2024.
Mais l’adage qui dit que « seules les montagnes ne se rencontrent pas… » n’est ni burkinabé, ni togolais, il est universel.

 

Avec Dakaractu

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