Malang Sonko : l’art de s’engager

Originaire de Ziguinchor, dans le sud du Sénégal, Malang Sonko est aujourd’hui une figure montante du théâtre et de la fiction ouest-africaine. Acteur, comédien et citoyen engagé, son parcours témoigne d’une rare constance entre passion artistique et engagement social.

Des racines profondes
Né et élevé dans le quartier populaire de Boucotte Sud, aussi appelé « Grand Dakar », Malang Sonko est imprégné très tôt par l’effervescence culturelle de Ziguinchor. Il fait ses premiers pas scolaires à l’école HLM Néma, poursuit au CEM Boucotte Sud, avant d’obtenir son baccalauréat au lycée Peyrissac. Il s’inscrit ensuite à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).
Le théâtre comme déclic
C’est au collège, lors des FOSCOS (forums scolaires culturels), que naît sa passion pour la scène. Les sketchs de sensibilisation joués en classe révèlent un jeune homme à l’aise dans l’expression artistique, capable de faire rire, réfléchir, émouvoir. En 2006, il rejoint la compagnie théâtrale Bu Sana, encadrée par Caroline Tiranowicz (metteure en scène française) et Lancana Sadio.
Une formation d’excellence
En 2011, Malang est sélectionné pour intégrer FOTTI Cultures, une académie de formation artistique fondée par Younous Diallo, destinée à former une nouvelle génération de comédiens africains. Durant quatre années intenses, il se perfectionne aux côtés de grands noms du théâtre africain et européen : Dorcy Rugamba, Pietro Varasso, Fabrice Murgia, Agnès Limbos, etc.
Il participe à plusieurs festivals internationaux, notamment le MASA d’Abidjan (Côte d’Ivoire) et le Festival des Réalités à Sikasso (Mali), avec la pièce Xaar Yallah, mise en scène par Dorcy Rugamba.
Une ouverture à l’international
À l’issue de sa formation, Malang bénéficie d’un stage au Conservatoire Royal de Liège (Belgique), où il travaille avec Philip Laurent et Mathias Simon, élargissant son répertoire et approfondissant sa pratique du jeu d’acteur.
Entre petit et grand écran
Malang Sonko fait ses débuts à l’écran dans Dakar, capitale africaine, réalisée par Jean Noël Bah, où il incarne un jeune policier enquêtant sur un trafic de migrants. Il enchaîne avec des rôles dans plusieurs séries africaines comme Weteñ, Un dimanche à Bamako (Banko Production), Teranga (Kewu), Mbalanou Kirai, Lex Africana ou encore Key & Za.
Il joue également l’un des rôles principaux dans Black Santiago Club, une série tournée au Bénin.
Dans Wara, série panafricaine saluée pour sa portée sociale, il interprète Muntari jeune, un personnage engagé dans la défense des droits fondamentaux — un rôle qui entre en résonance avec ses propres valeurs.
Au cinéma, il apparaît dans Gavagai et dans le film Tirailleurs. Sa participation dans ce dernier est modeste et non centrale, mais elle s’inscrit dans sa volonté de côtoyer des productions d’envergure et de continuer à apprendre au contact de grands plateaux.
Il a également joué dans plusieurs courts métrages, renforçant sa polyvalence et sa capacité à incarner des récits variés.
Le retour aux planches
Malgré ses engagements à l’écran, le théâtre reste pour lui un ancrage fondamental. Il est notamment à l’affiche de Xaar Yallah et de Les Restes Suprêmes, présenté lors de la Biennale de Dakar 2022, une création mise en scène par Dorcy Rugamba.
Une voix pour la justice
Plus qu’un artiste, Malang Sonko est un citoyen engagé. Militant pour la justice sociale et la démocratie, il participe régulièrement à des mouvements citoyens. En 2019, il est placé en garde à vue lors d’une manifestation organisée par le collectif Aar Lu Ñu Bokk, qui dénonçait la mauvaise gestion des ressources naturelles du pays.
> « Être artiste, ce n’est pas seulement jouer un rôle. C’est prendre position, quand il le faut. » – Malang Sonko
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En alliant exigence artistique et conscience citoyenne, Malang Sonko incarne une nouvelle génération de comédiens sénégalais et africains. Une voix à suivre, entre scène, écran et rue.



