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Organisation internationale de la francophonie (OIF) : le Burkina Faso, le Mali et le Niger se retirent

Les pays membres de la Confédération  (Alliance) des Etats du Sahel (AES) se retirent tous de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Après l’annonce de leur retrait de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en janvier 2024, le Mali, le Burkina Faso et le Niger  tournent le dos à l’OIF. Une décision qui épouse la dynamique de rupture avec la France et d’alignement avec la Russie enclenchée par les pays de l’AES depuis des années.

Le Mali, a annoncé son retrait de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) hier, mardi 18 mars 2025. Dans une correspondance adressée au ministre français de l’Europe et des Affaires étrangère, le ministre malien des Affaires étrangères et la Coopération internationale justifie la décision de son pays en ces termes :  «Le Mali ne peut demeurer membre d’une organisation aux agissements incompatibles avec les principes constitutionnels qui guident l’action publique au Mali, fondés sur la souveraineté de l’Etat, les choix souverains du peuple et la défense de ses intérêts», écrit le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali dans cette lettre.

Et de poursuivre : « Par conséquent, conformément à l’article 10 de la Charte de Francophonie du 23 novembre 2005, le gouvernement décide du retrait du Mali de l’Organisation Internationale de la Francophonie.» Non sans relever que «(…) depuis l’avènement de transition, l’OIF, au lieu d’accompagner le Mali dans  réalisation des aspirations légitimes de son peuple, s’est illustrée par l’application sélective des sanctions et mépris pour la souveraineté du Mali». En effet, le Mali avait été suspendu de l’OIF en août 2020, après un coup d’Etat militaire qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta, à la tête, depuis 2013, de ce pays en proie à une crise sécuritaire, politique liée à au terrorisme dans le Sahel et affectant l’économique, depuis plusieurs années.

Cette annonce fait suite à des décisions similaires, rendue publique la veille lundi, du Burkina Faso et du Niger, deux pays qui partagent la Confédération des Etats du Sahel (AES) avec le Mali. Selon une note des autorités du «Pays des Hommes Intègres» le Burkina Faso a quitté, à la date du 28 février 2025, l’Organisation Internationale de la Francophonie. Ouagadougou étaye sa décision par le fait que l’OIF s’est «éloignée de ses objectifs de promotion de la coopération culturelle et technique, pour se muer malheureusement en un partial instrument de manipulation politique».

Conséquence, «Le Burkina Faso ne saurait poursuivre sa coopération avec une institution qui ne répond plus à ses attentes légitimes en termes de justice, d’égalité et d’équité», déclare Ouagadougou, dénonçant la suspension des pays de l’AES de l’OIF, alors que l’organisation est restée aphone devant d’autres pays ayant connu des changements similaires de régimes, par des coups d’Etat militaires.

Le même jour, lundi 17 mars 2025, le Niger aussi a annoncé se retirer de l’OIF, une organisation pourtant créée à Niamey (capitale du Niger) en 1970, avec pour mission de promouvoir la «langue française et la diversité culturelle et linguistique», «la paix, la démocratie et les droits de l’homme», ou encore «d’appuyer l’éducation». D’où l’appellation Agence de Coopération Culturelle et Technique (alors ACCT, devenue OIF). Dans une note diplomatique parvenue à APA, qu’il a signée, le lundi 17 mars, le Secrétaire général du ministère nigérien des Affaires étrangères, Laouali Labo, a indiqué que le retrait du Niger a été acté par une note verbale du 7 mars.

DANS LA CONTINUITE DE LA DYNAMIQUE DE RUPTURE AVEC LA FRANCE ET D’ALIGNEMENT AVEC LA RUSSIE

Cette décision des Etats de l’AES de se retirer de l’OIF, après l’organisation communautaire sous régionale, la CEDEAO,  s’inscrit dans la continuité de la politique de rupture avec l’occident, notamment la France, engagée par les autorités des différents régimes militaires en place dans ces pays, depuis le renversement des chefs d’Etat élus, dans un contexte de crise sécuritaire liée aux attaques terroristes djihadistes dont ils sont contre lesquelles ils combattent depuis plusieurs années. Elle épouse également la dynamique d’alignement avec leurs partenaires sahéliens et de privilégier de nouveaux partenariats comme la Russie.

Déjà, en janvier 2024, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont annoncé leur départ de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), soit quelques mois après la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), en septembre 2023. Une entité qui sera renforcée, en juillet 2024, par l’officialisation de la Confédération des États du Sahel.

I.DIALLO

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