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Ouverture du dialogue nationale : l’opposition fait le procès de la gouvernance Diomaye-Sonko

L’opposition sénégalaise a fait entendre sa voix lors de la cérémonie d’ouverture du dialogue nationale. Alors que l’ancien parti au pouvoir, l’Alliance pour la République (Apr) et la République des valeurs de l’ancien ministre de l’Énergie, Thierno Alassane Sall ont décidé de boycotter cette cérémonie, plusieurs responsables de l’opposition qui ont pris la parole ont profité de cette tribune pour dénoncer la situation difficile que vit actuellement l’opposition du fait des « arrestations » et les « atteintes aux libertés individuelles ».

L’opposition sénégalaise répondu de manière significative à l’invitation à la cérémonie de lancement du dialogue national, malgré le boycott décidé par l’ancien parti au pouvoir, l’Alliance pour la République (Apr) et la République des valeurs de l’ancien ministre de l’Énergie, Thierno Alassane Sall.

De l’ancien président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse qui a récemment quitté la direction de son parti, l’Afp, à Aminata Mbengue Ndiaye, Secrétaire général du Parti socialiste en passant par Abdoulaye Daouda Diallo, ancien président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et membre du Secrétariat exécutif national de l’ex parti au pouvoir, l’Alliance pour la République. Ou encore Anta Babacar Ngom, présidente du Parti Alternative Pour La Relève Citoyenne (ARC), l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, Aly Ngouille Ndiaye, Amadou Ba, ancien Premier ministre et président de la Nouvelle responsabilité, tous ont honoré de leur présence.

Invités à prendre la parole tour à tour devant le chef de l’Etat, lors de cette cérémonie de lancement de ces concertations qui vont se tenir jusqu’au 4 juin prochain, la plupart de ces leaders de l’opposition ont profité de cette tribune pour dénoncer la situation difficile que vit actuellement l’opposition du fait des « arrestations » et les « atteintes aux libertés individuelles ». Prenant la parole après Moustapha Niasse et Aminata Mbengue Ndiaye, l’ancien Premier ministre Amadou Ba par ailleurs président de la Nouvelle responsabilité a appelé à un « pacte national de pacification politique » fondé selon lui, sur la libération de tous les détenus politiques ». « Ce dialogue s’organise autour de trois axes que nous partageons. Le premier concerne les libertés publiques. Mais que vaut une démocratie où l’on arrête des opposants, où des journalistes et chroniqueurs sont convoqués, parfois détenus pour avoir simplement fait leur travail ? » s’est-il interrogé avant de lancer. « Nous appelons à un pacte de pacification incluant la libération des détenus politiques, l’indépendance des médias et des procédures judiciaires perçues comme justes et impartiales »

Abondant dans le même sens, l’ancien maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall a dénoncé « les « arrestations et les interpellations arbitraires » en estimant qu’elles ne sont pas des méthodes qui peuvent permettre une « gouvernance apaisée ». Prenant la parole à son tour, l’ancien ministre de l’Intérieur et actuel maire de Linguère, Aly Ngouille Ndiaye a lui-aussi dénoncé les restrictions des libertés, et les dérives judiciaires en pointant du doigt la Haute Cour de justice qui son lui, est « une des institutions les moins crédibles que nous ayons connues, en raison de décisions judiciaires très contestables ». « Il est impératif de dialoguer, mais nous avons constaté que depuis votre arrivée à la tête du pouvoir, les libertés ont subi un énorme coup. Ces interdictions de sortie du territoire national ne sont pas justifiées. C’est totalement illégal et il faudra que l’on attire votre attention sur ce facteur. La liberté d’aller et de venir est consacrée par l’article 8 de la Constitution » a-t-il martelé qui a également dénoncé également les restrictions de la liberté de presse alors que dit-il, l’article 11 de la Constitution stipule que la création d’un organe de presse n’exige pas d’autorisation. « Mais, nous avons noté ces derniers jours que des organes de presse ont été interdits de diffuser. Ce qui est totalement contraire à la bonne gouvernance ».

Pour sa part, la présidente du Parti Alternative Pour La Relève Citoyenne (ARC), Anta Babacar Ngom prônant un « dialogue sincère, courageux et porteur de transformation », a appelé à un renouvellement générationnel, fondé sur la compétence, l’éthique, le courage et l’inclusion davantage les femmes dans les sphères décisionnelles. « Si nous sommes réunis ici ce n’est ni pour meubler l’agenda républicain, ni pour prêter à une mise en scène institutionnelle. Nous sommes venus répondre par conviction, et nous sommes venus répondre par devoir », a-t-elle d’emblée précisé avant de faire remarquer. « Le débat public doit être assaini, chaque partie doit assumer la responsabilité de maitriser ses militants à défaut, la justice devra jouer son rôle dans toute sa rigueur ».

Présent également lors de cette cérémonie d lancement du dialogue national, Abdoulaye Daouda Diallo, dernier président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) avant sa dissolution par la loi portant abrogation de la loi organique n° 2012-28 du 28 décembre 2012 portant organisation et fonctionnement de cette institution a adopté le 11 décembre 2024, a suggéré la traduction des conclusions consensuelles de ce dialogue en actes réglementaires. Dans son intervention, Abdoulaye Daouda Diallo qui est également membre du Secrétariat exécutif national de l’ex parti au pouvoir, l’Alliance pour la République (Apr) qui a boycotté cette cérémonie estimant que « ce sont des dialogues qui ont fait du Sénégal sa particularité mais aussi permis des alternances que nous avons connues », avait commencé par précise que « je ne représente pas mon parti, je suis venu honorer l’invitation qui m’a été faite ».

S’exprimant au nom du Parti démocratique sénégalais (Pds), l’ancienne parlementaire de la 14e législature Nafissatou Diallo estimant que le parti libéral, sous la conduite éclairée du Président Abdoulaye Wade, a toujours placé le dialogue au cœur de son action politique » a salué la tenue de cette rencontre qui doit selon elle, « être responsable, mesuré et tourné vers l’intérêt général ». « Nous devons parler avec respect, mesure et sens de l’intérêt général, y compris en dehors des périodes de crise. Une nation qui se complaît dans l’invective ne peut affronter les grands défis qui l’attendent » a-t-elle fait remarquer. Poursuivant son propos, la représentante du Pds a par ailleurs, appelé « à la mise en œuvre urgente des conclusions issues des Assises de la Justice ». En effet, estimant que la « justice est le socle de l’État de droit », Nafy Diallo déclare que « Trop de Sénégalais doutent de son impartialité. Trop de justiciables attendent un traitement équitable. Le dialogue ne peut ignorer cette attente forte. Il ne s’agit pas de discuter pour la forme. Il faut agir, avec méthode, calendrier et volonté politique ».

Nando Cabral GOMIS

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