ECONOMIE

Papa Demba Bitèye fixe le cap pour son mandat à la tête de l’Asea

« Il est question, en effet, de réfléchir ensemble sur comment réussir à être des sociétés qui opèrent pour le service public tout en étant performantes », a rappelé le directeur général de la Senelec faisant une amorce du thème général du 20e congrès de l’Asea : « La nécessité du service public et la performance des sociétés africaines d’électricité ».
 
Il s’est dit heureux de ce choix thématique parce que, soutient-il, nous devons désormais nous libérer des vielles croyances et des habitudes obsolètes qui nous faisaient croire, à tort, que le service public et la performance sont des propositions antinomiques ou qui doivent s’exclure mutuellement.
 
« Il est révolu ce temps où une entreprise publique pouvait continuer à exister tout en restant en deçà de ce que l’on pouvait attendre d’elle simplement parce que les résultats n’étaient pas les éléments de référence dans l’appréciation de leur raison d’être », insiste M. Bitèye.
 
Il est d’avis qu’ « on ne peut plus et on ne doit plus se cacher derrière le rideau gouvernemental ou de l’état pour se permettre de faire fi de la nécessité de toujours être à la hauteur des attentes de résultats à l’image du secteur privé ».
 
A l’en croire, « cette vielle croyance de l’inadéquation entre la performance et le service public » doit être corrigée car, argue-t-il, « les exigences de réussite et de résultats ne doivent plus être exclusives au secteur privé ».
 
C’est pourquoi il a profité de l’opportunité offerte par ce cadre de l’Asea pour rendre un hommage appuyé au chef de l’État Macky Sall qui, selon lui, a très tôt compris l’impérieuse nécessité de mettre les entreprises publiques telle que la sienne dans les conditions de performance.
 
Cette volonté ne relève pas d’un vœu pieux ou d’un désir de se conformer à une quelconque tendance venue d’ailleurs, précise M. Bitèye qui affirme que c’est le rationnel derrière le Plan Sénégal émergent (Pse) qui constitue le cadre unifié de la politique de développement socioéconomique du pays et dans lequel une emphase sans équivoque est placée sur l’exigence de performances de toutes les composantes de l’État qui sont appelées à porter dans leurs actions de toutes les instances cette ambition salvatrice de toute une nation.
 
Par conséquent, Pape Demba Bitèye confie que la Senelec qu’il dirige, bien évidemment ne peut être une exception dans ce contexte, comme l’illustre le contrat de performance toujours mis à jour et en évaluation constante qui le lie à l’État du Sénégal.
 
Pape Demba Bitèye reçoit la bannière de l’Asea
 
Pour rappel, lors des réunions du Comité exécutif et de l’assemblée générale ordinaire de l’Asea qui ont eu lieu, respectivement, les 2 et 3 décembre 2020, il a été décidé de transférer l’intérim de la présidence au 1er vice-président conformément au règlement intérieur de l’association.
 
A ce titre, l’Assemblée générale ordinaire avait adopté une résolution pour approuver le transfert transitoire de charge du président de l’Asea, de Victor Mulenga Mundende, directeur général de la Zesco, Société zambienne d’électricité à Papa Demba Bitèye directeur général de Senelec (Sénégal), pour agir en tant que président jusqu’au 20e congrès de l’association.
 
Maintenu au poste de président de l’Asea à l’occasion de ce 20e congrès, M. Bitèye déclare qu’il a « l’insigne honneur et le privilège de prendre la présidence à la suite » de son « ami et frère », le zambien Victor Mulenga Mundende, président sortant.
 
« Je mesure ainsi à leur juste valeur les enjeux qui sont devant nous dans un environnement où notre continent est obligé de travailler à la recherche de solutions endogènes pour relever le défi de l’accès aux services énergétiques modernes pour nos villes, pour nos campagnes; pour soutenir le développement de nos économies et subvenir aux besoins d’une population jeune et croissante », a déclaré le Dg de la Senelec qui a reçu la bannière de l’Asea, fait traduisant officiellement sa présidence de l’Asea.
 
« Nous le savons tous, nous l’avons dit et répété tant de fois et dans différentes circonstances, le taux d’électrification de nos pays peine à se hisser à un niveau acceptable et en conformité avec un monde moderne dans lequel nous devons trouver notre place », avoue le nouveau patron des sociétés africaines d’électricité.
 
Combien de temps faut-il encore pour supporter le paradoxe d’être le continent le plus riche en ressources de toutes sortes, aussi bien naturelles qu’humaines, s’interroge-t-il ?  Avant de souligner que, des entrailles de la Guinée aux chutes du lac Victoria, l’eau coule à flots nous gratifiant ainsi d’un potentiel hydraulique incommensurable. Aussi, note-il, les bains ininterrompus de rayons solaires à travers notre chère Afrique ; les découvertes de ressources gazières et pétrolières se succèdent sans discontinuer dans tous les coins de ce continent.
 
En ce sens, il renseigne que ce congrès historique qui a réunit une pléthore de cadres et d’autorités du secteur des énergies, offre une occasion tout aussi historique de changer la donne et d’effectuer le tournant tant attendu qui mènera vers la réussite du pari de la performance des sociétés africaines d’électricité respectives pour éclairer le continent et baliser les sentiers d’un développement inéluctable.
 
« Ce sera, en tout cas, le bréviaire de ce mandat que j’entame avec humilité et dévouement », s’engage enfin le nouveau président de l’Association des sociétés d’électricité africaines.
 
Bassirou MBAYE
 

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