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Participation aux négociations, bilan de la cop 28 : l’anglais, l’obstacle linguistique de la société civile francophone

En plus de la déception provoquée par l’absence de mesures décisives pour l’arrêt énergies fossiles, les acteurs communautaires ont pointé du doigt une difficulté majeure. Celle-ci porte sur l’usage de la langue anglaise comme langue travail de la COP, la Conférence des parties (COP) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ; ce qui constitue un frein pour les acteurs francophones de la lutte contre les effets du changement climatique. Le coordonnateur de la Plateforme nationale des acteurs pour une justice climatique a dressé un bilan mitigé de la dernière COP 28.

Le coordonnateur de la Plateforme nationale des acteurs pour une justice climatique a procédé à une restitution de sa participation à la récente COP 28 à Dubaï, aux Émirats Arabes Unis. A en croire Cheikh Fadel Wade, interpellé sur le bilan de leur participation à la COP 28, lors d’une visites aux journalistes à Rufisque dans le cadre du décès du Directeur de publication du journal Waa Grand’Place, les acteurs communautaires sénégalais ont activement participé aux travaux et porté le plaidoyer pour une prise en charge des préoccupations des populations littorales, principales victimes des effets du changement climatique. Mais, le directeur exécutif de l’ONG «Solidarité Ci Sutura» a souligné l’obstacle linguistique qui constitue un frein à l’élan des acteurs communautaires de l’espace francophone d’Afrique de l’Ouest. En effet, dans son bilan, M. Wade a relevé que les acteurs venus de l’espace francophones ont souffert de «l’obstacle linguistique».

Il explique que le fait que l’anglais soit la langue principale de travail de la Conférence des parties (COP) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a constitué un obstacle linguistique important pour la société civile sénégalaise. «Bien que l’Afrique, et en particulier l’Afrique de l’Ouest, soit fortement touchée par les changements climatiques, les négociations, les discours et même les demandes de financement se déroulent majoritairement en anglais», a-t-il déploré. Il appelle à une plus grande prise en compte de la langue française dans les discussions internationales sur le climat, plaidant pour un rôle de leader de la Francophonie dans ce contexte.

DECEPTION PAR RAPPORT AUX ATTENTES

Revenant sur les principales décisions issues de cette rencontre internationale, le coordonnateur de la Plateforme pour une justice climatique a exprimé que le constat le mieux partagé, c’est celui de la déception par rapport aux attentes, en plus d’un sentiment mitigé sur les promesses annoncées pour le financement de la résilience contre les effets du CO2. «Que d’espoirs déçus et d’attentes manquées», selon les organisations représentant ces communautés lors de ce grand sommet mondial sur le changement climatique, principalement sur la question centrale des énergies fossiles. L’arrêt des énergies fossiles qui a été au cœur des débats de la COP 28, est finalement resté sans suite. Même si le compromis trouvé penche plutôt vers une transition hors de ces énergies, c’est une solution qui divise les opinions.

 

Soulignant le travail fait par les délégations des acteurs communautaires, Fadel Wade a indiqué que les représentants des communautés, notamment la société civile et de nombreuses ONG, ont pleinement participé aux négociations, fait des communications pour le plaidoyer. Ces actions, menées aux côtés d’autres communautés, à travers l’Afrique et le monde, trouvent que c’est un bilan mitigé.  Et, selon Cheikh Fadel Wade, «le bilan de la COP28 est mitigé, en raison de l’absence de mesures concrètes en faveur des communautés vulnérables», a-t-il dit, notant que malgré que «la décision d’aller vers une transition hors des énergies fossiles ait été adoptée, la prise en compte des pertes et dommages a été un point positif», a-t-il reconnu.

FONDS CLIMATS A LA BM, LA RETICENCE DES PAYS PRODUCTEURS DE PETROLE

 

En outre, l’activiste bargnois s’inquiète du fait que les fonds associés soient destinés à la Banque mondiale. Les acteurs communautaires craignent que l’accès à ces fonds soit difficile. Résidant dans une localité où les communautés sont directement en proie à la problématique du changement climatique, avec les effets de la hausse des températures sur l’avancée de la mer, mais aussi subissent de plein fouet les effets de l’implantation d’une centrale à charbon à Bargny (au Sénégal,  Fadel Wade exprime sa préoccupation et dit ne pas être surpris quant à la réticence des pays producteurs de pétrole, des États arabes et des États-Unis à signer un accord allant à l’encontre de leurs intérêts économiques, surtout dans un contexte paradoxalement marqué par un exploitation croissante des énergies fossiles.

C’est pourquoi, en tant que représentant des communautés, il reste sceptique et considère les promesses encore comme des paroles en l’air. Dans ce sens, il rappelle «le besoin de mesures concrètes en faveur des communautés vulnérables qui subissent les impacts des changements climatiques».

WORE NDOYE

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