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Pérou: crise au sommet de l’État, en plein imbroglio sur l’achat d’avions de chasse aux États-Unis

Nouvelle crise politique au Pérou, où l’exécutif se déchire autour de l’achat d’avions de chasse F-16 aux États-Unis. En début de semaine, le président par intérim, José Maria Balcazar, avait annoncé vouloir suspendre le contrat et laisser la responsabilité de la décision finale à son successeur. Certains membres du gouvernement ne sont pas d’accord. Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense ont démissionné mercredi 22 avril.

Malgré la volonté affichée du président par intérim José Maria Balcazar de suspendre cette acquisition, le ministre de l’Économie a transféré – avec l’accord du Premier ministre –, 462 millions de dollars à l’entreprise américaine Lockheed Martin. Il s’agit du premier versement d’un contrat portant sur des F-16 américains. Ces avions de chasse, le Pérou en a besoin pour sa sécurité, estime le ministre de la Défense, Carlos Diaz, qui a démissionné mercredi 22 avril.

Le ministre des Affaires étrangères, Hugo de Zela, a lui aussi démissionné. Il s’est expliqué au micro de la radio RPP : « La décision politique de M. Balcazar met en danger notre pays, lui fait perdre en crédibilité et fait de nous un partenaire en qui l’on ne peut pas avoir confiance dans un processus de négociation. »

Douze avions F-16, avec des livraisons dès 2029

Le ministère de l’Économie, quant à lui, a insisté sur le fait que le respect des engagements de l’État « n’est pas une option, mais une obligation », et qu’y renoncer exposerait le pays à des coûts et à une dégradation de sa crédibilité internationale. L’ambassade américaine à Lima a précisé, dans un communiqué, qu’une « signature technique » avait eu lieu lundi 20 avril, « avec la pleine connaissance des plus hauts niveaux du gouvernement péruvien ».

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L’ambassadeur des États-Unis, Bernardo Navarro, a indiqué que le contrat portait sur l’acquisition de 12 avions F-16 dans un premier temps, avec des livraisons attendues à partir de 2029, assurant à la radio Exitosa qu’il s’agissait d’un processus « au-delà de tout président ». La semaine dernière, il avait averti dans un message sur X qu’il utiliserait « tous les outils disponibles » en cas d’ « atteinte aux intérêts américains », le jour même où la signature devait intervenir, avant d’être finalement repoussée au lundi 20 avril.

« À aucun moment, il n’a été question de se confronter aux États-Unis »

Le chef de l’État, José Maria Balcazar, s’est justifié une nouvelle fois mercredi 22 avril dans une allocution télévisée. « Ce que je dis, c’est que les contrats conclus dans le passé doivent être honorés par le nouveau gouvernement issu des élections, et rien de plus. À aucun moment, il n’a été question de se confronter aux États-Unis, a-t-il déclaré. J’estime que nous devons effectuer des achats de manière raisonnable afin de disposer de fonds suffisants pour répondre aux nombreux besoins du pays : l’accès à l’eau potable, la santé, l’éducation. C’est pour cela que j’ai recommandé – je le répète, recommandé ​​​​​​​– que ça soit le nouveau gouvernement qui prenne cette décision. »

Des parlementaires envisagent désormais de destituer José Maria Balcazar, huitième président du Pérou en dix ans. Il n’est pourtant au pouvoir que depuis février 2026. Ces démissions interviennent alors que le pays se dirige vers un second tour de la présidentielle le 7 juin et attend de connaître les candidats pour ce scrutin.

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