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Présidentielle-ramadan de tata : Mateye je m’en tape

Une loi non promulguée parce que non écrite, ne figurant sur aucune tablette des lois, est en vigueur dans le quartier de Tata. A l’exception d’elle et trois de ses affiliées, tout le reste a érigé en règle de conduite, plus encore en doctrine. « Le Matèye, Je m’en tape ! L’espace public n’appartient à personne, j’en fais ce que je veux ». Porte ouverte au laisser-aller, Tata en fait les frais quasiment tous les jours. Un sac d’ordures éventré, déposé sur son pas de porte, une carcasse de poulet jetée du haut d’un balcon, des eaux de vaisselle serpentant à travers rue, des bennes de sable obstruant le passage, Tata veut bien déménager mais elle est retenue par cet attachement atavique au lieu qui l’a vu naître et qui en un autre temps fut un quartier normé avec des aires de jeux, équipées de balançoires, de tourniquets, de trampolines, bordées d’arbres et de fleurs. Sa détermination à sauver le quartier, lui a valu le surnom de Vieille Rombière, à défaut de Vieille Sorcière. Contre l’adversité, Tata a les reins solides. Elle a affiché partout : Pas de dépôt d’ordures, Interdit de se garer, Pas d’eaux usées. De guerre lasse, armée d’une grosse aiguille, elle crève les pneus des récalcitrants, renvoie les ordures par-dessus clôture pour finalement monter une brigade environnement-bien être avec des lutteurs aux muscles saillants. Ce qui mit tout le monde dans les rangs.

BABA DIOP

 

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