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Prévention et élimination du travail des enfants au Sénégal : un nouveau Plan-cadre national mis en place pour la période 2024-2028

Le ministère du Travail, du Dialogue social et des Relations avec les Institutions a organisé hier, mardi 16 janvier 2024, un atelier de validation technique du Plan-cadre national de prévention et d’élimination du travail des enfants 2024-2028. Ce, après avoir entamé le processus d’élaboration d’un nouveau document en vue d’atteindre les engagements du Sénégal pour l’atteinte des Objectifs  de développement durable (ODD) notamment la cible 8.7 qui table sur une élimination définitive du travail des enfants à l’horizon 2025 et l’éradication du travail forcé, l’esclavage moderne et la traite des êtres humains d’ici à 2030. 

Le travail des enfants reste un sujet de préoccupation mondiale, en témoignent de nombreux instruments adoptés sous la houlette de l’Organisation internationale du travail (OIT) et les mesures d’ordre politique et institutionnel prises pour contenir ce fléau qui persiste encore à l’échelle mondiale. Selon Babacar Mbodji, Conseiller technique du ministère du Travail, «le phénomène du travail des enfants constitue un frein au développement psychologique et psychomoteur de nos enfants».

Pour lui, partant des dernières estimations mondiales de l’OIT et l’UNICEF, en 2020, cent soixante millions (160) d’enfants étaient forcés à travailler. Soit 8,4 millions des enfants délaissés, ce qui appelle de notre part une certaine réflexion. Et le représentant du ministre du Travail de noter que le Sénégal ne fait aucunement exception à cette situation de travail des enfants. «En  effet, 25,5% des enfants de 5 à 17 ans étaient économiquement actifs et parmi lesquels 10% sont dans des conditions dangereuses. Alors, vous conviendrai avec moi que ce type de travail prive les enfants à leur droit à l’éducation, retarde leur développement… mais également amoindrit leur perspective dans un environnement sain».

Poursuivant son propos sur «la complexité du phénomène du travail des enfants», il souligne que «la pauvreté ne cesse d’être indexée comme la raison principal qui pousse à l’exploitation des enfants par le travail. Les recommandations issues de l’évaluation de cet Plan-cadre demeurent autant d’éléments qui ont justifié la réactualisation et la mise sur pied d’un nouveau Plan-Cadre National pour la période 2024-2028».

«LA BOMBE A RETARDEMENT CONTRE LAQUELLE IL FAUT SE BATTRE»

Abondant dans le même sens, Demba Diop, Conseiller technique à la Coopération allemande, GIZ, indique que la rencontre du jour vise à «valider techniquement ce document stratégique qui va un peu donner les grandes orientations de toutes les actions allant dans le sens d’éliminer tout le travail des enfants de 2024 à 2028». A l’issue de la validation par les acteurs et les actrices principaux du secteur, ce document tiendra lieu de feuille de route qui va orienter les différentes actions, le travail des enfants étant un fléau.

«D’habitude quand on parle de développement durable, il s’agit d’œuvrer pour plus de justice sociale, pour que les enfants ne soient pas laissés en rade. Aujourd’hui, on sait que le travail des enfants est un fléau qui a pignon sur rue. Les enfants sont dans la mendicité, dans les structures minières. Donc, il y a urgence à agir dans ce sillage afin déjà d’avoir un diagnostic clair. Mais aussi d’asseoir un plan d’actions qui nous permettra d’aller dans le sens déjà de la prévention, de faire de sorte que les enfants qui n’y sont pas ne soient plus dans les rues. Et également de retirer progressivement ceux qui sont dans le monde du travail», a fait savoir Demba Diop.

Pour le conseiller technique à la GIZ, «sur le terrain, les enfants sont utilisés un peu partout. Il suffit juste de faire un tour dans les grands marchés de Dakar, vous verrez les enfants comme dockers, dans les activités champêtres et minières comme à Kédougou. Les enfants sont un peu partout dans tous les secteurs, parce que quiconque parle de secteur informel, parle déjà de recours au travail des enfants. C’est un fléau qui est là. La place de l’enfant, c’est à l’école. Un enfant qui n’est plus à l’école, c’est un enfant qui a un avenir plus ou moins hypothéqué. Aujourd’hui, il y a un stocke énorme de jeunes qui ne sont ni en étude ni en formation professionnel et qui ne sont ni en emploi. Souvent, c’est cette petite catégorie qu’on appelle la bombe à retardement contre laquelle il faut se battre», a-t-il regretté.

Non sans relaver l’une des faiblesses du système qu’est le manque de statistiques. «Il n’y a pas en réalité de statistiques relativement à l’emploi, au travail des enfants. C’est de façon approximative que d’aucuns parleront de millions ; mais il  y a un travail à faire et le plan d’action va s’attaquer à ça. Déjà il faut renforcer le travail de diagnostic, identifier les enfants mais aussi savoir les catégories de travail socio-professionnel. Et travailler à l’élimination de ce fléau. C’est la pauvreté qui pousse d’habitude les familles à ne plus pouvoir garantir à l’enfant la scolarité et à l’obliger de travailler et d’être dans le secteur informel. Du point de vue culturel, il y a des pratiques qui font que les enfants, dans certaines familles, sont obligés de travailler pour prendre en charge leur famille», a conclu Demba Diop.

                                                                                                                       BARTHELEMY COLY (STAGIAIRE)

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