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Propos d’Emmanuel Macron sur l’envoi de troupes en Ukraine: précisions françaises et réactions européennes

Après les déclarations du président français Emmanuel Macron sur un potentiel envoi de troupes occidentales en Ukraine, les premières réactions européennes n’ont pas tardé. Les pays alliés de l’Ukraine ont dit ne pas avoir prévu d’envoyer des troupes. Un responsable de la Maison Blanche a déclaré qu’il n’existait aucun projet d’envoi de troupes de l’Otan pour combattre les forces russes.

L’envoi de troupes occidentales au sol en Ukraine constituait jusqu’à présent un tabou absolu, les pays membres de l’Otan étant soucieux d’éviter l’escalade avec une Russie dotée de l’arme nucléaire. Ce mardi 27 février, le ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, a évoqué, à l’Assemblée nationale, de nouvelles mesures de soutien à l’Ukraine qui nécessiteraient la présence de troupes sur place « sans franchir le seuil de belligérance », appuyant ainsi les propos d’Emmanuel Macron de la veille.

L’Élysée a également annoncé que le chef de l’État avait demandé au gouvernement de faire devant le Parlement une déclaration « relative à l’accord bilatéral de sécurité conclu avec l’Ukraine » le 16 février, suivie d’un débat et d’un vote. La date du débat n’a pas été précisé. Emmanuel Macron veut « faire monter les enjeux et le rôle de la France pour avoir un siège à la table de la redéfinition des équilibres de la sécurité européenne », estime un diplomate d’un autre pays allié interrogé par l’AFP.

Pluie de réactions européennes

Si ce mardi soir, l’Ukraine a fait savoir que les propos d’Emmanuel Macron constituaient « un bon signe », les responsables européens, eux, mais également d’autres, se sont empressés de réagir pour exprimer leurs réticences à l’idée d’envoyer de manière officielle des soldats européens.

 Un responsable de l’Alliance atlantique : « L’Otan et les Alliés apportent une aide militaire sans précédent à l’Ukraine. Nous l’avons fait depuis 2014 et nous sommes passés à la vitesse supérieure après l’invasion russe à grande échelle. Mais il n’y a aucun projet de troupes de combat de l’Otan sur le terrain en Ukraine », a confié ce responsable à l’AFP.

– Olaf Scholz, chancelier allemand, en conférence de presse à Fribourg-en-Brisgau : « Ce qui a été décidé entre nous dès le début continue à être valide pour l’avenir », à savoir « qu’il n’y aura aucune troupe au sol, aucun soldat envoyé ni par les États européens, ni par les États de l’Otan sur le sol ukrainien ». « Il est important de toujours s’assurer de cela », a-t-il ajouté, estimant qu’il y avait « une très grande unanimité sur cette question » parmi les pays alliés de l’Ukraine.

– Un porte-parole de Rishi Sunak, le Premier ministre britannique : « Un petit nombre » de personnes envoyées par Londres se trouvent déjà sur place « pour soutenir les forces armées ukrainiennes, notamment en termes de formation médicale ». « Nous ne prévoyons pas de déploiement à grande échelle », a-t-il ajouté.

– Pilar Alegría, porte-parole du gouvernement espagnol, à l’issue du Conseil des ministres : « Notre pays a déjà manifesté sa position sur cette question et nous ne sommes pas d’accord » avec l’idée de « déployer des troupes européennes en Ukraine ». « Nous devons nous concentrer sur ce qui est urgent, à savoir accélérer la livraison de matériel » militaire à Kiev, a-t-elle ajouté, en insistant sur la nécessaire « unité » des européennes qui est « l’arme la plus efficace dont dispose l’Europe » face à la Russie.

 Donald Tusk, Premier ministre polonais : « On n’envisage pas d’envoyer nos troupes en Ukraine et nous avons sur ce point une position commune » avec la République tchèque, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse avec son homologue tchèque, Petr Fiala. « Aujourd’hui, nous devrions nous concentrer, comme l’ont fait les gouvernements polonais ou tchèque, à soutenir l’Ukraine au maximum dans son effort militaire », a ajouté Donald Tusk.

 Ulf Kristersson, Premier ministre suédois, dont le pays va bientôt devenir le 32e membre de l’Otan : « Il n’y a pas de demande » côté ukrainien pour des troupes au sol, rappelle-t-il, donc « la question n’est pas d’actualité », même si cette possibilité n’est pas exclue à l’avenir. « Pour l’instant, nous sommes occupés à envoyer du matériel avancé à l’Ukraine (et ce) de différentes manières », a-t-il poursuivi.

 Peter Szijjarto, ministre des Affaires étrangères hongrois : « La position de la Hongrie est claire et ferme : nous ne sommes pas prêts à envoyer des armes ou des soldats en Ukraine. Il faut mettre fin à la guerre, et non l’approfondir et l’élargir », a-t-il écrit dans un message publié sur Facebook. Pour rappel, Budapest est la seule capitale parmi les 27 à avoir maintenu des liens étroits avec Moscou après le lancement de l’invasion de l’Ukraine il y a deux ans ; elle a aussi bloqué un certain temps une nouvelle aide européenne à Kiev.

 Le gouvernement italien de Georgia Meloni dans un communiqué estime que l’aide occidentale à l’Ukraine « ne prévoit » pas le déploiement de troupes européennes ou de l’Otan.

– La Maison Blanche a fait savoir ce mardi que les États-Unis n’enverraient pas de soldats combattre en Ukraine. « Le président Biden a été clair sur le fait que les États-Unis n’enverront pas de soldats combattre en Ukraine », a déclaré Adrienne Watson, la porte-parole du Conseil de sécurité nationale, ajoutant que le président estime que « le chemin de la victoire » passera par une aide militaire pour l’instant bloquée par le Congrès.

Combats violents dans l’est de l’Ukraine

L’Ukraine se trouve dans une « situation extrêmement difficile », selon le président Volodymyr Zelensky. Des « combats violents » se déroulent près de la ville de Tchassiv Iar, ville-clé près de Bakhmout, dans l’est du pays. Une éventuelle prise de cette localité quasiment désertée pourrait permettre aux forces russes d’intensifier d’un cran leurs attaques contre Kramatorsk, dernière grande ville du Donbass contrôlée par Kiev et visée de plus en plus souvent par des bombardements russes.

L’armée ukrainienne est toujours dans l’attente d’armes occidentales nécessaires à sa survie, tandis que le Congrès américain bloque toujours une aide de 60 milliards de dollars.

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