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Quand les mercredis de Ngoné Ndiaye Guéweul font fureur !

C’est l’une des attractions des mercredis soir. Une soirée hebdomadaire de « Leumbeul » est organisée par la chanteuse Ngoné Ndiaye Guéweul. Dans cette incursion nocturne dans laquelle nous plonge le journal l’Observateur, on apprend que l’entrée est fixée à 3.000 FCFA pour les femmes et 5.000 FCFA seulement pour les hommes ! On se croirait à mille lieux du Sénégal, tant les scènes sont surréalistes souligne notre consœur de L’Obs.

Dans un déhanché lascif, suivant le rythme de la musique, une jeune dame, comme envoûtée, monte sur la table. Le piercing au nez, chaînette au pied gauche, c’est-à-dire une fille de son temps. Maquillage discret, peu de bling-bling, pas de trace d’hydroquinone, ni de vergetures sur sa peau basanée. Dans la semi-obscurité, c’est une agréable ombre aux galbes généreux, portée par de longues jambes. Sous les lumières tamisées de « La Paillotte », une boîte de nuit dakaroise nichée près de la plage Bceao, la callipyge, reine de la piste, attire tous les regards et provoque la stupéfaction. Très convoitée, elle décline toutes les invitations. Ou presque. Sûre de ses atouts physiques, elle se lance dans la provocation. Bas moulant orange transparent, un crop-top, postérieur voûté, elle se déhanche sensuellement, des ceintures de perles multicolores rehaussant sa gestuelle sous le rythme endiablé des tam-tams de l’orchestre de Ngoné Ndiaye Guéweul. Dans ce récit entraînant, L’Obs fait remarquer que pendant près d’une minute, tous les yeux sont rivés sur elle, son « leumbeul », ses déhanchements, ses pas de danse, dont elle seule détient le secret. De temps en temps, elle s’arrête, écoute la foule remplie d’hommes qui scandent son nom et continue de plus belle.

Autant de scènes surréalistes qui se déroulent entre 1h et 4h du matin dans l’intimité de la soirée « Leumbeul » organisée par l’artiste sénégalaise Ngoné Ndiaye Guéweul. Ces scènes grivoises pour certains ne le sont pas pour ceux qui remplissent chaque mercredi la salle de danse. Ici, le « leumbeul » fait partie intégrante de la soirée. Pour beaucoup, c’est un rendez-vous à ne pas manquer. Comme tous les mercredis, ce soir-là, l’artère principale de la plage Bceao, cité du biz et des vices des nuits dakaroises, bat au rythme du plaisir et de l’excès. Ngoné Ndiaye et sa bande sont l’attraction.

Les hommes et femmes d’âge assez mûr, venant de tous les recoins de la capitale sénégalaise, effectuent le déplacement. En témoignent les crissements de véhicules de luxe qui se disputent l’asphalte avec les taxis. Ici, il faut débourser seulement 3.000 Fcfa (5.000 fcfa pour les hommes), pour pénétrer dans cet antre. À la porte, deux vigiles, pourtant habillés en tenue traditionnelle, font mine de filtrer les entrées et sorties. Pas de carte d’identité, encore moins de cartes professionnelles. Il faut juste remettre à l’un d’entre eux le ticket pour passer le seuil. L’endroit s’ouvre sur un vaste espace comportant des fauteuils et des tables minutieusement rangés. L’odeur de la cigarette et de la chicha agresse les narines.

« La Paillotte » est bondée. Ici, on donne libre cours à ses passions, ses pulsions et ses envies. Entre roucoulades, éclats de rires enthousiasmés, vomissements d’un trop plein d’alcool, le décor est le même que celui des boîtes situées dans la cordillère de Dakar. Cependant, contrairement au rythme du Touk, de la Kizomba, ou même du Dance Hall des Almadies, à Yoff, c’est le «Mbalax» pur et dur qui dicte sa loi. Une soirée purement sénégalaise. C’est Ngoné et ses filles qui régalent. Elles ne pointent leur nez que vers 1h du matin et débutent ainsi la nuit sous les sonorités de l’orchestre.

C’est le début de la soirée spéciale «leumbeul». Vêtues de tenues légères dévoilant leurs attributs naturels, les femmes se déhanchent sur la piste, emportées par les bonnes «vibes». Habillées soit en robes moulantes, en jupes extrêmement courtes, soit en jean et crop-top, elles dansent de façon érotique et sensuelle. Certaines, plus osées que d’autres, n’hésitent pas à se mettre debout sur les tables qui sont dressées tout le long de l’espace pour s’adonner à leur passion qu’est la danse sous l’impulsion des notes de Ngoné Ndiaye Guéweul. Elles attirent l’attention sur elles et excitent les hommes autour d’elles.

Au fur et à mesure que les minutes s’égrènent, la température monte en flèche. L’ambiance monte d’un cran. Les méninges sont surexcités. L’endroit transpire le sexe. En chœur, les femmes reprennent les chansons. Le point culminant de la soirée reste le défi de la chaise : « Kou niémé chaise bi.» Avec comme mise 100.000 FCFA, une dizaine de femmes se dandinent tour à tour sur la chaise placée au milieu de la boîte, sous le regard admiratif et les cris surexcités des hommes confortablement installés sur les sièges. Avec elles, les mouvements de fesses et de hanches, n’ont pas de secret. Au final, la plus engagée d’entre elles finit par remporter la mise, sous l’acclamation d’un public envouté. L’Obs informe que toujours dans la soirée, il arrive de temps en temps que les hommes se lèvent, batifolent avec les femmes et se laissent happer par les sonorités. De temps en temps, Ngoné, fourrée dans une robe noire, avec des perles scintillantes autour de la taille, assure l’ambiance. Le sourire aux lèvres, elle esquisse quelques pas de « leumbeul.» Une manière d’exprimer sa sensualité.

L’une des autres attractions de la soirée «Leumbeul», c’est le Mbaxal. Un met très prisé à « La Paillote ». Pratiquement sur toutes les tables, ce plat très prisé par la gent féminine est de mise. Il est servi à volonté. « On danse tout en mangeant. C’est l’un des avantages de la soirée « Leumbeul » de Ngoné Ndiaye», dit avec enthousiasme, Rokhaya. Commercialisé à 3.000 FCfa, ce mets est distribué tout le long de la soirée, sous les pas de danse uniques des dames et hommes. Impossible pour Rokhaya, âgée de 45 ans, de manquer ce rendez-vous hebdomadaire, incontournable. Accompagnée de deux de ses amies, la dame vit le moment présent. Toutes habillées de robes moulantes qui laissent apparaître leurs formes, le maquillage très appuyé, le mégot de cigarette entre les doigts, elles n’ont pas peur de s’attirer le regard des inconnus. Elles se connaissent entre elles, partagent le même mode de vie, les hobbies.

De temps en temps, l’une d’entre elles se lève, danse sensuellement à sa guise et se rassoit à sa place, sous l’ovation de ses autres copines. « Nous sommes une équipe. Toutes les personnes qui ne font pas partie du milieu sont vites repérées. Ngoné Ndiaye et le « Mbaxal » sont des moments uniques qu’on partage juste entre nous. C’est comme ça», dit la dame. Elles tiennent visiblement à leur intimité et ne badinent pas. Elles n’ont pas de souci à se faire. Puisque dans cette soirée, l’unique règle est de ne pas utiliser son téléphone, encore moins de caméras. Ils y sont strictement interdits. Une façon pour les organisateurs de dire : «Tout ce qui se passe à « La Paillotte » pendant les soirées « Leumbeul » de Ngoné, y reste… »

Dakaractu

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