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Quelques remarques : Par le journaliste Babou Birame Faye

Un débat, non encore structuré, sur la conduite à tenir face aux défis multiples et multiformes du moment, commence à prendre forme après l’élection présidentielle du 24 Mars 2024 ayant comme résultat l’accession de notre frère Bassirou Diomaye Diakhar FAYE à la magistrature suprême.

Cela reflète le degré de maturité du peuple sénégalais et leurs attentes à court terme.
Partant, les supputations, les suggestions et orientations stratégiques sur le modèle économique à adopter vont bon train.
Je commence par ceux qui pensent que notre modèle économique est à relooker.

Oui, je suis d’accord sur la révision du modèle économique sénégalais et je le dis depuis tout le temps. Pour preuve, il faut juste voir notre niveau d’importation de produits de premieres nécessités (70%) et notre exportation quasi centrée sur les matières premières. Un véritable trou pour un pays qui veut sortir la tête de l’eau, c’est impossible.

Le problème n’est pas que nous ne savons pas, ou que nous ne pouvons pas. Mais, il faut, juste, de la volonté ou même du courage politique pour inverser la tendance.
Avant tout, il faut déconstruire le principe ancré selon lequel « le poids de l’agriculture doit être faible dans le PIB », et que « l’infrastructure est le moteur du développement ». Ceux de l’hexagone qui nous ont toujours vendu cette thèse font tout le contraire de ce qu’ils nous disent. L’agriculture est le moteur de leur développement.

Pour étayer cela, les théoriciens de cette école, vous donnent souvent le poids faible de l’agriculture dans le PIB des pays développés (2% tout au plus). Alors que si on s’en remet à cette theorie, on ne parviendrait jamais à expérimenter le cycle production-transformation-vente pour des pays sous-développés ou surendettés, comme le nôtre, qui ne comptent que sur leurs matières premières pour grappiller quelques devises.
Hors, une politique économique affranchie de la théorie précitée, permettrait d’avoir suffisamment de matières pour agir en amont et en aval de la transformation.

Il faut deconstruire la linéarité positive entre croissance économique et endettement. Elle n’est pas infaillible et beaucoup de thèses ont démontré le contraire. Donc, rester dans un modèle qui nous pousse au surendettement de notre économie est dangeureuse pour notre croissance réelle.

Il faut déconstruire ces théories économiques et adapter nos propres modèles à nos réalités.
D’ailleurs, il suffit de regarder la structuration des chapitres budgétaires du Sénégal, depuis toujours, pour vous rendre compte que les moyens de l’État sont investis dans des secteurs qui renforcent la dépendance et qui rendent l’endettement incontournable.

Le « ver est dans le fruit » et il faut une reforme économique profonde pour corriger cela.
Bien entendu, les pays qui veulent nous maintenir dans le marché de la consommation pour écouler leurs produits finis dont les matières premières viennent de chez nous, et dans la servitude par la dette, joueront de toute leur force intellectuelle pour qu’on reste dans cette vielle école économique…

À nous, maintenant, de nous affranchir…
Il y a un autre fardeau tout aussi complexe et sensible: c’est la question de la monnaie .
Pour ce qui est de la monnaie, les préalables sont énormes.
Des réflexions profondes doivent être menées.
Parmi les préalables, il y a le changement de paradigme et du modèle économique (de pays consommateur à pays producteur).
Et surtout, évitons de nous comparer à 2 groupes :
1. Le groupe des pays pauvres avec leur propre monnaie (on ne doit pas augmenter la vulnérabilité de notre économie).
2. Le groupe des pays riches avec leur monnaie (leur économie est déjà autoentrenue).
Donc, le Sénégal doit bien étudier cette question et surtout pas, à en faire un fantasme patriotique : il y a un aspect économique important.
Bien des choses et bonne chance à vous notre frère Bassirou Diomaye Diakhar FAYE.

BABOU BIRAM FAYE
JOURNALISTE COMMUNICANT
CONSEILLER EN COMMUNICATION DU CROUS/UGB
SAINT-LOUIS

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