A LA UNEACTUALITÉS

Réponse au communiqué du CORED à propos de l’image de Pape Mamadou Seck

Messieurs du Cored,

Vous avez bien voulu rappeler à la presse, notamment au journal Sud Quotidien, quelques règles de base du journalisme dans notre pays.

Vous avez évoqué les articles 18 du code et de la presse et 4 de la Charte du Journaliste sénégalais.

Sur le  fond, vous êtes dans votre rôle, désormais consacré par la loi (Code de la Presse) qui vous donne le pouvoir de veiller en tant que «gendarme» des bonnes pratiques journalistiques, à l’éthique et à la déontologie du journaliste dans notre pays. Soyez en encouragés !

Cependant, il nous semble important que des décisions émanant de vos instances puissent être sans appel tant sur le plan de la base juridique à invoquer que des règles de pratiques journalistiques en cours partout ailleurs dans le monde.

Votre communiqué appelle de notre part les remarques suivantes :

1 – Vous semblez ignorer que la personne dont il s’agit ici est un évadé de prison. Arrêté dans le cadre d’une affaire pendante, le Sieur Pape Mamadou Seck dont la photo a inondé la toile et les unes des journaux depuis son arrestation au mois de juin, a fini de se faire reconnaître tant son visage est partout présent. Tapez Google image et mettez son nom vous serez servis.

2 – La photo en question, publiée par Sud Quotidien et par des dizaines d’autres quotidiens sénégalais, fait suite, et vous ne l’avez pas pris en compte, d’un délit d’évasion, constaté par tous, y compris par des membres de sa famille biologique. Le délit de fuite appelle déjà dans plusieurs pays la publication en mode « wanted » (recherché) de la photo du fugitif. Qu’en aurait il été si les Forces de Défense et de Sécurité avaient voulu faire publier la photo du Sieur Seck dans le cadre d’un appel à témoin ? Vous auriez demandé que la presse ne publie pas sa photo ?

3- Dès lors qu’en plus d’être un fugitif, le Sieur Seck a été donné pour mort par de grands segments de l’espace public, publier sa photo après arrestation est un complément d’information indispensable dans le cadre du droit du public à l’information.

4- Une photo d’un fugitif arrêté, accompagnant un communiqué de la Gendarmerie Nationale sur laquelle on ne le présente pas sous des dehors qui bafoueraient sa dignité, est dès lors un élément d’information qui ne viole ni l’esprit de l’article 18 du Code de la presse, ni celui de l’article 4 de la Charte du journaliste sénégalais.

Ici, au Sénégal, le dénommé « Boy Djinné » (Baye Modou Fall) a fait l’objet du même traitement médiatique sans que le Cored ne produise un communiqué de condamnation.

Ailleurs, pour ne donner que ce cas, l’ancien Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn a été filmé en Mondiovision, arrêté, menottes aux poings. Aucune organisation en charge d’éthique ou de déontologie n’en a fait cas.

Nous respectons le Cored et sa mission mais invitons ses membres et instances à bien documenter les décisions et positions à produire. Il y va de sa crédibilité d’autant que toutes ses décisions peuvent faire l’objet de recours auprès des tribunaux administratifs.

La Rédaction

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page