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Reportage-Yamoussoukro : à la rencontre des Sénégalais du grand marché

De nombreux sénégalais évoluent dans diverses activités au grand marché de Yamoussoukro sis au quartier Habitat. Ils gèrent des boutiques, des restaurants, des salons de coiffure, entre autres. Trouvés sur leurs lieux de travail, ils nous ont raconté leur vie dans la capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire.

Il est 15h, le grand marché de Yamoussoukro ne grouille pas du monde. Petits commerces et magasins se côtoient. Avec les va-et-vient incessants, sous un soleil de plomb, on y trouve du tout : de l’alloco (frites de banane plantain), de la friperie, de l’attiéké (couscous de manioc), des fruits, des légumes. Au fond d’une ruelle bordée de canaux d’évacuation d’eaux, se trouve un restaurant devant lequel, deux drapeaux, celui du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, sont accrochés. De grandes marmites remplies de riz, de sauce de feuilles de manioc ou encore d’arachide grillée, font le décor. Quelques clients sont au rendez-vous. Deux filles leur servent les repas sur des assiettes. Deux autres gèrent les commandes à emporter. Pour ça, le repas est servi dans des sachets plastiques. A côté d’elles, bonnet noir sur la tête, une dame de teint noir vêtue d’une robe wax assortie de brodé rouge, veille au grain et par moment, elle fait les plats. C’est la gérante du restaurant. A l’entendre parler, on se laisse croire qu’elle est née et grandie en Côte d’Ivoire tellement elle parle avec l’accent ivoirien. Que nenni !

Originaire de Niandane dans le département de Podor, Ndeye Aida Niang vit à Yamoussoukro depuis neuf ans avec son mari et ses enfants. Très souriante, elle nous accueille dans sa place. « A mon arrivée, je vendais des brochettes. C’est après que j’ai ouvert un restaurant au grand marché pour vendre des repas. Je fais toutes sortes de plats : du saga-saga (riz accompagné de la sauce de feuilles de manioc), du riz au poisson, de la sauce viande, de la sauce tomate. Il y a des plats à 500 FCFA et à 1000FCFA. Le riz est plus prisé. J’ai 6 employés, je les paie chaque mois», nous fait savoir la quarantaine. Ses deux enfants ne sont pas encore allés au Sénégal. Ils sont nombreux, les Sénégalais qui vivent à Yamoussoukro et qui travaillent au grand marché. Non loin du restaurant de Ndeye Aida Niang, Rokhaya Diop vend des repas devant une boutique, celle de son époux.  Son aventure a commencé il y a cinq ans, quand elle a l’a rejoint à Yamoussoukro. «Ce n’est pas facile de quitter son pays d’origine et de s’installer ailleurs mais franchement, on vit très bien ici. Je n’ai pas encore de restaurant dans le marché parce que les places sont chères. Je cuisine chez moi et ensuite je viens vendre les repas ici à côté de mon mari », confie Rokhaya Diop.

«Les Ivoiriens sont très accueillants et ils respectent tout le monde surtout les Sénégalais»

A quelques mètres d’elle, on retrouve Seydou Ka. A 55 ans et boutiquier à son état, il a construit sa vie à Yamoussoukro. «Je me suis installé ici il y a plus de dix ans. Et c’est après que ma femme et mes enfants sont venus me rejoindre. Je peux dire que c’est ici que j’ai fait ma vie. C’est-à-dire que si j’ai pu construire quelque chose au Sénégal et envoyer de l’argent à ma famille, c’est grâce à ma boutique. Je remercie le bon. On n’a aucun souci ici. Mes enfants vont à l’école sans problème», déclare le Saint-Louisien. Plus loin au grand marché de Yamoussoukro, on aperçoit un salon de coiffure. A la devanture, on peut lire «coiffure sénégalaise ». En haut, un drapeau du Sénégal est accroché sur une antenne. A l’intérieur, deux femmes suivent l’émission « Wareef » sur la TFM. Sokhna Thiama Mbow, l’une d’entre elles est la propriétaire du salon de coiffure qui fait aussi office de boutique de produits cosmétiques. Shampoings, pommades, laits de corps et autres produits de beauté ornent les étagères. « Je suis de Touba. Je vis à Yamoussoukro depuis 2006. Je fais des tresses et je vends des produits cosmétiques. Ça marche bien Dieu merci. Tout va bien ici, maintenant, on s’habitue à la vie d’ici. Les ivoiriens sont très accueillants et ils respectent tout le monde surtout les sénégalais», dit-elle.

Nostalgie du Sénégal

En effet, à cause de la distance, des activités et des enfants qui vont à l’école, ce n’est pas toujours facile d’aller au pays. C’est pourquoi le Sénégal leur manque même si aujourd’hui les moyens de communication sont développés. «Le Sénégal me manque beaucoup surtout mes parents. Je suis là depuis 2006. C’est en 2017 que je suis repartie au Sénégal parce que j’ai des enfants ici qui vont à l’école», confie Sokhna Thiama Mbow. Idem pour Rokhaya Diop : «Je n’ai pas remis les pieds au Sénégal depuis que je l’ai quitté en 2017. C’est pourquoi tout me manque là-bas. Mes parents, mes sœurs, mes amis», affirme-t-elle. Quant à Ndeye Aida Niang, elle dira : «Ça fait deux ans que je ne suis pas allée au pays. L’habillement au Sénégal me manque beaucoup, les beaux tissus, les belles accessoires».

Selon nos interlocuteurs, les sénégalais qui vivent à Yamoussoukro, forment une communauté dynamique et la solidarité est de mise entre eux. Ils souhaitent tous que le Sénégal remporte pour une deuxième fois la Coupe d’Afrique des nations de football qui se joue actuellement en Côte d’Ivoire.

 

Par Mariama Djigo, Omar Diaw, Abdoulaye Thiam (Envoyés spécaux) et K.A.GUEYE (Correspondance particulière)   

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