EMIGRATION / DIASPORA

Royaume-Uni : des manifestants anti-migrants attaquent les forces de l’ordre

Des violences ont éclaté, vendredi, lors d’un rassemblement de personnes hostiles à l’accueil de demandeurs d’asile, devant un hôtel hébergeant des migrants près de Liverpool, dans le nord-ouest de l’Angleterre. Des projectiles ont été lancés sur les forces de l’ordre et un fourgon de police a été incendié. Pour certains, ces incidents sont la conséquence d’un climat « toxique » dans le pays.

La police britannique a inculpé un jeune homme de 19 ans, dimanche 12 février, après des troubles survenus deux jours plus tôt à l’extérieur d’un hôtel où sont hébergés des demandeurs d’asile à Knowsley, près de Liverpool, dans le nord-ouest du Royaume-Uni. Il est accusé d’avoir pris part à des violences et d’avoir agressé un travailleur des services d’urgence.

Vendredi 10 février, un rassemblement de plusieurs centaines de personnes hostiles à l’accueil de demandes d’asile s’est tenu devant cet hôtel, le Suites Hotel. Initialement pacifique, le rassemblement a tourné à l’émeute selon la police, lorsque des manifestants ont jeté des projectiles, dont des feux d’artifice allumés, en direction des forces de l’ordre. Ils ont également attaqué un camion de police à coup de marteaux avant de mettre le feu au véhicule.

Selon la police, l’incident a légèrement blessé un officier et deux membres du public. Le jeune homme de 19 ans, toujours en garde-à-vue, a été arrêté en même temps que 14 autres personnes. Il doit être présenté devant un tribunal ce lundi.

Une atmosphère « toxique »

Ces échauffourées illustrent le climat de tensions qui règne dans le pays sur la question de l’accueil des migrants. Lisa Nandy, législatrice membre de l’opposition travailliste, a reproché au gouvernement de créer une rhétorique anti-migrants « toxique ». « Quand vous ajoutez à cela un gouvernement qui utilise le terme « invasion » pour parler de l’immigration, vous avez un cocktail parfait, un mélange vraiment toxique qui se crée », a-t-elle déclaré à la BBC.

Andrew Mitchell, le ministre du Développement a, de son côté, condamné les violences et déclaré qu’il travaillait dur pour « mettre fin au recours excessif aux hôtels » pour héberger les migrants arrivés au Royaume-Uni. Nombre de migrants dans le pays doivent attendre pendant des mois une décision sur leur demande d’asile, laps de temps pendant lequel ils sont bloqués dans des hôtels ou dans d’autres logements temporaires inappropriés.

>> À (re)lire : Au Royaume-Uni, de nouvelles révélations sur des disparitions de mineurs non accompagnés

Au mois d’avril 2022, InfoMigrants avait pu se rendre aux abords de certains de ces hôtels : de gigantesques structures où parfois plus de mille personnes peuvent être logées. Des migrants interviewés à ce moment-là avaient expliqué être livrés à eux-mêmes et n’avoir accès à aucune information, notamment sur leur procédure de demande d’asile.

Les violences de vendredi en rappellent d’autres. Fin octobre, un centre d’accueil des services de l’immigration britanniques, à Douvres, avait été visé par des jets d’engins incendiaires par un individu qui s’était ensuite donné la mort. Le centre accueillait des migrants qui venaient de traverser la Manche. Les faits avaient été qualifiés d' »acte terroriste ».

Malgré une politique ferme contre l’immigration illégale, dont l’étendard est l’accord avec le Rwanda concernant l’expulsion de demandeurs d’asile – qui n’est toujours pas effectif -, plus de 45 000 personnes ont atteint les côtes britanniques en 2022 après avoir traversé la Manche sur des embarcations souvent de fortune, un record. Le Premier ministre Rishi Sunak a déclaré, comme sa prédécesseure, que l’arrêt de ces traversées faisait partie de ses priorités.

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