SANTE

Santé – Le directeur de la Santé publique sur l’impact du Covid-19 sur le traitement du Vih : «La lutte contre le Sida a rebondi avec plus de détermination»

Si le taux de prévalence du Vih/Sida au Sénégal est de 0,3%, quel impact le Covid-19 a eu sur la lutte contre la maladie ? Dr Barnabé Gningue, Directeur général de la Santé publique (Dgs), relativise en détaillant les actes posés pendant la pandémie.

Par Amadou MBODJI – La lutte contre le Vih semble connaître un recul depuis la survenue de la pandémie du Covid-19. Dr Barnabé Gningue, Directeur général de la Santé publique (Dgs), soutient pourtant le contraire. «Je pourrais le dire de façon schématique parce qu’aujourd’hui, la lutte contre le Sida n’a pas été éliminée, elle n’a pas été tuée par le Covid. Peut-être que la lutte a été affectée par le Covid-19, mais elle est toujours là», a défendu hier Dr Barnabé Gningue lors d’une visite qu’il effectuait à l’Alliance nationale des communautés pour la santé (Ancs).

Il reconnaît néanmoins qu’il y a eu des difficultés pour dérouler certaines activités à cause des restrictions imposées pour contenir la pandémie. Dr Barnabé Gningue admet en outre qu’ils ont fini par s’adapter. «La lutte contre le Vih/Sida a été résiliente. Aujourd’hui, elle a rebondi avec plus de détermination encore pour ce travail qui doit continuer, surtout que le Sénégal est devant de très belles perspectives en termes d’atteinte des résultats qui ont été assignés par les hautes autorités de notre pays», renchérit Dr Gningue, qui s’exprimait après la visite qu’il était venu effectuer à l’Alliance nationale des communautés pour la santé (Ancs).

En compagnie des responsables de l’Ancs à Louga, Kaolack et Sédhiou, Dr Barnabé Gningue souligne que cette visite de terrain «permettra de voir au niveau local, comment est-ce que dans chaque communauté, cette pandémie a été vécue en termes d’impact sur la lutte contre le Vih/Sida». Bénéficiant du Fonds mondial pour lutter contre la tuberculose, le paludisme et le Vih/Sida, cette visite permettra aux autorités du ministère de faire une évaluation des actions menées par l’Ancs pour promouvoir la santé communautaire dans le cadre de la convention entre le ministère de la Santé et l’Ancs. «Je tiens à préciser que c’est une mission instruite par la ministre de la Santé et de l’action sociale. A charge pour nous de vérifier, de partager, de vivre et revivre sur le terrain, le contenu de la convention qui lie l’Ancs au ministère de la Santé et de l’action sociale, particulièrement dans la lutte contre le Vih/Sida, la tuberculose et le paludisme. Et à ce titre, comment nous apprécions l’action de la Société civile dans la lutte contre le Vih/Sida ? Je pense que deux indicateurs peuvent nous permettre de synthétiser notre réponse. Premièrement, aujourd’hui, la Société civile, à travers l’Ancs, est le récipiendaire principal de la subvention du Fonds mondial pour lutter contre ces trois maladies. C’est là une sorte de consécration d’un effort fourni, la consécration d’une expérience avérée. C’est la consécration d’une confiance placée dans la Société civile sénégalaise pour lutter contre des maladies en particulier, et pour promouvoir la santé de façon plus générale», souligne Dr Barnabé Gningue.

Notant l’implication de la Société civile dans la promotion de la santé communautaire en allant chercher des ressources additionnelles pour venir en appui à l’Etat, Maguette Mbodji Guèye, Directrice exécutive de l’Ancs, renseigne : «C’est dans le cadre de la convention entre le ministère de la Santé et la structure qu’elle dirige qu’est intervenue la mise en place de cliniques communautaires et d’ambulances communautaires. Nous avons choisi d’aller visiter trois régions : Louga, Kaolack et Sédhiou. Justement parce que dans le cadre du travail de terrain, une convention de partenariat avait été signée entre le ministère de la Santé et l’Ancs.» Elle poursuit : «Et cette convention avait permis de mettre en place des cliniques fixes et mobiles, des cliniques communautaires fixes et mobiles qui font l’offre de services différenciés. Je voudrais dire que c’est une innovation parce que les gens ont toujours tendance à croire qu’avec les cliniques, les services ne sont dédiés qu’aux personnes riches. Alors qu’ici, ce sont des cliniques qui ont un plateau technique recommandé, un plateau technique à la hauteur, et qui permettent aux populations les plus vulnérables de pouvoir avoir des services différenciés. Les cliniques mobiles sont des véhicules médicalisés qui peuvent quelquefois sortir, aller dans les zones les plus reculées et trouver des personnes qui ont des difficultés pour se rendre aux soins et on leur apporte l’offre de services à ce niveau-là.» La patronne de l’Ancs rappelle qu’«actuellement, le Sénégal dispose de trois cliniques fixes et trois cliniques mobiles».

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