Sédhiou – prévention des conflits fonciers et promotion du bon voisinage : Amnesty international forme les acteurs de Bounkiling

Divers acteurs du département de Bounkiling, dans le Nord de la région de Sédhiou, et intervenant dans le domaine du foncier ont pris part hier, vendredi 18 avril 2025, à une session de formation initiée par la section sénégalaise d’Amnesty internationale. Son Directeur exécutif, Seydi Gassama, explique que le mal gangrène tout le pays et que la formation pourrait aider à prévenir les conflits. Quant au préfet de Bounkiling, il préconise une décentralisation de la formation à l’échelle communautaire, en vue d’une large appropriation.
C’est parce que le conflit foncier est très largement répandu dans toutes les collectivités territoriales du pays que la section sénégalaise d’Amnesty International a initié des fora communautaires jusque dans les contrées les plus reculées, pour prévenir les actes de violence qui en découlent. Celui organisé, hier vendredi, à Bounkiling, entre dans ce sillage de la promotion du dialogue social, a fait observer Seydi Gassama, le Directeur exécutif d’Amnesty International/Sénégal.
«La question foncière est un gros problème pas seulement dans un département ni dans une région spécifique mais c’est dans tout le Sénégal. En milieu rural comme urbain, la plus grande source de conflit et de dispute c’est le foncier. Et nous sommes venus à Bounkiling pour former les différents acteurs avec le soutien des techniciens du droit pour prévenir ces conflits», explique-t-il.
Moussa Diémé, le chef du service départemental de l’Elevage de Bounkiling, est d’avis que si les lois et textes y afférents sont mieux connus, ce pourrait être un début de solution. «Les terroirs doivent être composés de zones d’habitation, de zones de pâturage et les zones de culture. C’est ce qu’on appelle les Plans d’occupation et d’aménagement des sols (POAS)», relève-t-il.
Ont pris part à cette session de formation, les acteurs territoriaux, ceux du domaine national et les chefs de village. Et le préfet du département de Bounkiling a fortement recommandé la démultiplication de ces sessions à l’échelle des arrondissements. «Il s’agit, entre autres recommandations, de décentraliser ces formations au niveau des arrondissements, d’associer les conseillers municipaux et les autorités administratives car la formation n’est jamais suffisante. Je pense que cet élargissement du champ d’application permettra de dissiper les malentendus», a souligné Boubacar Bayingou Sagna.
La section sénégalaise d’Amnesty international compte y apporter tout le soin nécessaire, pour que les mécanismes et instruments de suivi soient mieux vulgarisés, aux fins d’une appropriation durable.
Moussa DRAME

