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Séisme au Maroc: les villages du Haut Atlas particulièrement touchés

D’importants moyens sont mobilisés pour venir au secours, notamment, des villageois isolés en montagne. Car rares sont les villages épargnés par le séisme autour de Moulay Brahim et TaloudenntSelon les témoignages que nous avons pu recueillir, par l’intermédiaire de notre correspondant Seddik Khalfi, les villages d’Asni ou encore d’Ouiargane sont quasiment entièrement détruits. Les maisons traditionnelles, construites en pierre et en argile, sont particulièrement vulnérables.

Des hélicoptères de la gendarmerie royale ont été envoyés dans les villages les plus enclavés. Nous avons pu rejoindre non sans mal certains villages d’altitude : c’est une ambiance de désolation, de chaos et de fuite des villageois qui ne veulent pas rester dans la montagne. Entre les maisons effondrées, on retrouve dans les rues des cadavres entreposés sous des couvertures. Leurs proches espèrent pouvoir les enterrer au plus vite et creusent déjà des tombes sur une colline pour enterrer les victimes, précise l’AFP.

Les habitants ont dû, dans un premier temps, se débrouiller seuls, faute de route praticable, aidant au déblayage, puis, dans le courant de la nuit, les secours ont enfin pu accéder à la zone touchée. L’armée marocaine a déployé de son côté « des moyens humains et logistiques importants, aériens et terrestres », ainsi que des équipes de recherche, de sauvetage, et un hôpital de campagne dans la région d’Al-Haouz, a rapporté l’agence officielle MAP.

À Marrakech, les hôpitaux mobilisés   

Depuis la nuit, les blessés affluent de toute la région vers le CHU de Marrakech, le principal établissement de la zone. Les ambulances descendent de la montagne, toutes sirènes hurlantes pour que les blessés soient pris en charge. Depuis, le centre régional de transfusion sanguine à Marrakech a appelé les habitants à se rendre dans ses locaux pour donner leur sang et ainsi venir en aide aux blessés.

Le Maroc a considérablement développé son système de santé et dispose d’un maillage hospitalier, notamment à Marrakech, expliquait sur notre antenne Olivier Saltarelli, de Secouristes sans frontières.

Peu à peu, toute la planète a pris la parole pour présenter ses condoléances au Maroc : le président de la Commission de l’Union africaine, l’Égypte, l’Arabie saoudite, les dirigeants ukrainien, russe et chinois, le pape François. « Le monde entier est avec le Maroc dans cette période difficile et nous sommes prêts à leur apporter toute l’aide possible », a déclaré le Premier ministre indien, hôte du sommet du G20 réuni ce week-end à New Delhi.

L’Algérie, qui a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc l’an dernier, a annoncé l’ouverture de son espace aérien aux vols humanitaires et médicaux pour le Maroc, et s’est dit prête à fournir une aide humanitaire et tous ses moyens humains et matériels.

Le président des Émirats arabes unis a ordonné la mise en place d’un pont aérien. La Turquie, frappée en février par un séisme qui a fait plus de 50 000 morts, a proposé son aide, comme les États-Unis, l’Irak ou le Conseil européen. L’Espagne, comme Israël, vont envoyer des secouristes.

Pour ce qui est de la France, elle est prête à aider aux premiers secours, a souligné le président Emmanuel Macron. Trois régions ont déjà promis un million d’euros d’aide, et le maire de Marseille a indiqué qu’il allait envoyer des marins pompiers – Marseille et Marrakech sont jumelées depuis 2004 – pour aider les sinistrés.

Des secousses ressenties dans tout le Maroc

Des vidéos ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, pour beaucoup tournées à Marrakech et dans sa région. Elles montrent une coupure d’électricité soudaine, des mouvements de panique et les premiers secours aux victimes parmi les éboulements et les gravats. La mosquée Kharbouch de la célèbre place Jemaa el-Fna s’est effondrée, tandis que les anciens murs de la Médina, classée au patrimoine mondiale de l’Unesco, sont touchés.

Ouarzazate, Azilal, Chichaoua et Taroudant sont les villes les plus touchées de la province, mais le tremblement de terre a été ressenti jusqu’à Casablanca ou encore Rabat. L’inquiétude a gagné tout le pays et de nombreux Marocains ont quitté leur maison dans la nuit pour éviter d’être chez eux si les bâtiments venaient à s’écrouler. Par téléphone, un habitant de Marrakech nous a expliqué avoir passé la nuit dehors par sécurité, avec sa famille, avant de regagner son domicile au petit matin.

Les premières secousses ont été ressenties exactement à 23h11 heure locale. L’épicentre de ce tremblement de terre se trouve au sud-ouest de la ville touristique de Marrakech, à 320 km au sud de la capitale Rabat, selon l’Institut de géophysique américain (USGS). Le Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST), basé à Rabat, a pour sa part indiqué que le séisme était d’une magnitude de 7 degrés sur l’échelle de Richter et que son épicentre se situait dans la province d’Al-Haouz, à 50 km au sud-ouest de Marrakech.

D’après les médias marocains, il s’agit du plus puissant séisme à frapper le royaume depuis de longues années et, au fil des heures, le bilan a été réévalué plusieurs fois à la hausse par le ministère de l’Intérieur. Le Maroc a décrété un deuil national de trois jours. De son côté, la Croix-Rouge internationale a alerté la communauté internationale sur l’importance des besoins du Maroc pour « des mois voire des années ».

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