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Semaine sainte et célébration liturgique : Abbé Etienne Mbengue revient sur le sens de ce mystère

Après un temps de quarante jours de pénitence et de conversion à travers le jeûne, l’Église entre à partir de ce dimanche dans la Semaine Sainte. Selon Abbé Etienne Mbengue, responsable de la Commission de liturgie dans le diocèse de Thiès, par ailleurs vicaire à la paroisse Notre Dame de l’Assomption de Mont-Rolland, celle-ci commence au dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, et s’achève à la veillée pascale. La Semaine Sainte est, selon lui, la période du carême pendant laquelle l’Église revit le sommet de la vie du Christ, à savoir la passion, la mort et la résurrection du Christ. Enseignement…   

Le dimanche des Rameaux et de la passion est le jour ou l’Église entre dans le mystère de son Seigneur crucifié, mis au tombeau et ressuscitant des morts. Par son entrée triomphale à Jérusalem, Jésus donne le présage de sa gloire. Tout au début de la célébration, tel qu’il est écrit dans le Cérémonial des évêques, « les chrétiens portent des rameaux en signe du triomphe royal que le Christ a remporté en succombant sur la croix. » (CE, n°263, p. 89).

           Une célébration en deux temps   

La bénédiction des rameaux, elle est faite en un lieu de rassemblement en dehors de l’église qui doit abriter la célébration de la messe, ou bien à l’entrée devant la porte de la même église, ou bien même dans une autre église ou chapelle à côté de celle de l’endroit où doit avoir lieu la messe. L’évangile de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem y est proclamé, suivie de la procession vers l’église avec en tête les ministres (servants d’autel), le célébrant, les autres ministres et les fidèles.  Elle est accompagnée et rythmée avec le chant Hosannau Fils de David ! Bénis soit celui qui vient au nom du Seigneur, le Roi d’Israël ! Hosanna au plus haut des cieux ! celui qui ou un chant approprié afin d’acclamer le Christ Roi.

Á l’église, la messe commence à partir de la Collecte ou Prière, suivie de la liturgie de la Parole de Dieu avec la proclamation de l’évangile de la Passion, et enfin de la liturgie eucharistique comme d’habitude.

Ce jour du dimanche des rameaux, est une fête chez les chrétiens. Ils célèbrent le christ Roi qui entre dans sa passion, qui va mourir, et ressusciter. L’objet de la catéchèse en ce jour portera sur le lien entre la souffrance et la gloire.

Après le dimanche des Rameaux et de la Passion, vient le lundi saint, le mardi saint et le mercredi saint dont la vocation est d’acheminer vers le Triduum Pascal. Il n’y a pas de célébration particulière pendant ces trois jours, à part la messe chrismale, qui pour des raisons pastorales est célébrée dans certaines églises particulières et diocèses.

Le Triduum pascal  

A partir du jeudi soir jusqu’au dimanche de Pâque inclus, c’est le Triduum pascal.

Le soir du jeudi saint, est célébrée la messe de l’institution de l’Eucharistie. Celle-ci rappelle la « dernière Cène au cours de laquelle le Seigneur Jésus, la nuit même où il fut livré, aimant jusqu’au bout les siens qui étaient dans le monde, offrit à Dieu son Père son corps et son sang sous les deux espèces du pain et du vin, les donna à ses Apôtres en nourriture et leur ordonna à eux et leurs successeurs dans le sacerdoce, de les offrir ». (CE, n°297, p 98). Pour les chrétiens, c’est la Sainte Eucharistie.

Mais il existe dans l’Église, la tradition de célébrer la messe chrismale ce même jeudi. Celle-ci est présidée par l’évêque entouré de ses prêtres et des fidèles du diocèse. C’est à cette messe que l’évêque consacre le chrême et bénit les huiles des catéchumènes et des malades, qui vont servir à la célébration des sacrements.

Cette concélébration des prêtres autour de leur évêque est la manifestation de l’union du presbyterium avec son évêque. C’est également pendant cette célébration que l’évêque et les prêtres renouvellent les promesses sacerdotales qu’ils ont prononcées au jour de leur ordination. Pour eux et pour les chrétiens, ce jour est la fête du sacerdoce, compte tenu du lien qui existe entre le sacerdoce et l’Eucharistie.

De la réforme de la Semaine Sainte voulue par le pape Pie XII en 1955, et suscitée par le Mouvement Liturgique, au Pape Paul VI avec l’avènement de Vatican II, jusqu’en 1967, la messe chrismale a une histoire. Elle a connu une évolution, des changements jusqu’à sa mise en place actuelle.

                                      La célébration de la Passion  

La célébration de la Passion du Seigneur, ou Office de la Passion du vendredi saint permet aux chrétiens de commémorer le jour où le Christ l’agneau pascal a été immolé. Il s’agit de la célébration de l’événement pendant lequel s’est accompli « ce qui a été depuis longtemps promis sous le voile des figures » de « l’agneau véritable » et celle de « l‘agneau symbolique » ; Le premier, l’agneau véritable prenant la place de l’agneau symbolique, afin que par « un seul sacrifice », un terme soit mis à la « multiplicité et à la variété des victimes ». (Cf. CE, n°312, p 102).

La célébration commence en principe vers trois heures de l’après-midi. Pour des raisons pastorales, elle peut commencer plus tard dans l’après-midi. Elle consiste à revivre la passion en trois parties : la liturgie de la Parole avec la proclamation de l’évangile de la Passion, la vénération de la Croix et la communion. Elle s’achève sous le signe du silence qui se prolongera jusqu’à la veillée pascale la nuit du samedi saint.

Selon la plus ancienne tradition de l’Église, en cette nuit, est commémoré le moment où le Seigneur est ressuscité. L’Église veille par la célébration des sacrements de l’initiation chrétienne, dans l’attente de la résurrection. (Cf. CE, n° 332, p 108)

La messe est entièrement célébrée dans la nuit. Elle commence à ce moment et doit s’achever avant l’aube du dimanche. Cette messe de la veillée pascale est aussi celle de la messe pascale de la résurrection du Seigneur.

Elle se déroule en plusieurs étapes :

La bénédiction du feu nouveau ou Rite de la lumière, l’annonce de la Pâque qui est le chant de l’Exultet, la grande et longue liturgie de la Parole de Dieu, la liturgie baptismale s’il y a des candidats au baptême avec le renouvellement des promesses baptismales, et enfin la liturgie eucharistique.

En fonction des mois et des années, les temps de carême et de Pâque donnent ceci : Une cinquantaine de jours avant pâque, la Semaine sainte comprise. Ce temps est appelé la Quadragesimae ; une cinquantaine de jours de Pâque à la Pentecôte appelée la cinquantaine pascale.

Réalisé par Denise ZAROUR MEDANG  

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