SANTE

«SI RIEN N’EST FAIT, ON VA VERS DES VARIANTS PLUS CORIACES QUE LE DELTA»

Le Pr Daouda Ndiaye, chef de service de parasitologie mycologie de l’hôpital Aristide Le Dantec a annoncé hier, lors du point de presse journalier sur la situation du coronavirus au Sénégal qui a encore fait 19 morts, qu’il y a un programme qui va être mis en place par le ministère de la Santé pour renforcer la surveillance sur la pharmacovigilance. Toutefois, la blouse blanche a estimé que si rien n’est fait sur le respect des mesures barrières, sur la vaccination par la population, le corps médical et les autorités, le Sénégal risque d’enregistrer d’autres variants plus coriaces.

Le Sénégal est toujours dans la troisième vague de la pandémie du coronavirus. Même si la tendance est à la baisse ces derniers jours avec des pourcentages qui vont jusqu’à 15%, le variant Delta continue de tyranniser le peuple sénégalais avec son taux élevé de décès. Hier, lors du point de presse quotidien, 19 personnes ont perdu la vie.

Le professeur Daouda Ndiaye, chef du département de pharmacie à l’université Cheikh Anta Diop et par ailleurs chef de service parasitologie et mycologie de l’hôpital Aristide Le Dantec, a renseigné sur la mise en place d’un programme qui va être mis en place par le ministère de la Santé et renforcé par les universitaires. « Il y aura un excellent programme sur la pharmacovigilance, sur le plan des réponses immunitaires mais aussi sur le plan du génotype de ces virus à travers des séquençages que le Sénégal est en train de faire à travers l’Iressef et l’institut Pasteur », a-t-il renseigné. Et de poursuivre : «le centre génomique viendra après renforcer pour anticiper sur l’arrivée des mutants nouveaux pour que le Sénégal comme les autres pays puissent informer à temps sur l’efficacité des vaccins et à un moment donné pourvoir dire que nous avons choisi tel ou tel vaccin ».

En sa qualité de directeur du centre de formation et de recherche sur la génomique et la surveillance sanitaire qui gère aujourd’hui au niveau universitaire toutes les problématiques en relation avec la Covid-19 et les autres maladies émergentes, le professeur Daouda Ndiaye a estimé qu’avec ce programme couplé au centre de création de vaccin, le Sénégal pourrait anticiper sur les variants et juger à temps réel de l’efficacité des antigènes mais aussi permettre à la population de pouvoir doter des structures sur les mesures à prendre.

D’AUTRES MUTATIONS PLUS CORIACES QUE LE DELTA EN LIGNE DE MIRE SI…

Pour le professeur Ndiaye, il est important de comprendre que les virus, les microbes d’une manière générale, les bactéries, les parasites, les virus de champignons pour résister et survivre sont obligés, par rapport à leur hôte qui est l’homme et de ses défenses, de faire des mutations pour pouvoir résister. « Pour dire que tous les débats suscités sont importants par rapport au variant mais c’est son processus normal pour un virus » a-t-il dit. Pour le spécialiste de laboratoire, ce qui est important de savoir à ce niveau est que l’objectif de ces mutants, c’est de pouvoir continuer à résister et éventuellement à être des pathogènes plus ou moins coriaces pour l’homme et de contrecarrer toutes les stratégies préventives, notamment les vaccins.

Pour que ces variants puissent s’arrêter, le professeur a fait savoir qu’ « il faudrait que l’on comprenne une chose, c’est à nous autres notamment la communauté mais également les chercheurs et le personnel médical de tout faire pour que ces mutants puissent s’arrêter, en faisant recours aux mesures barrières. Parce que ces dernières accompagnées de la vaccination et le recours rapide aux soins permettent de façon très claire comme dans d’autres pandémies d’arriver rapidement à anéantir le virus pour qu’il puisse disparaitre ».

Si la population n’adhère pas aux stratégies de prévention, si rien n’est fait par rapport à cela, si les Sénégalais ne vont pas vers la vaccination qui a prouvé selon le professeur Daouda Ndiaye à travers le monde qu’elle est efficace et qu’il n’y a pas de nocivité, on risque d’arriver à d’autres mutants. « Nous ne le souhaitons pas mais nous risquons d’avoir des mutants beaucoup plus coriaces. Pour que l’on puisse arriver à la fin de cette pandémie, il demeure important qu’on puisse carrément appliquer les mesures édictées par le corps médical » a-t-il laissé entendre.

Et de renseigner sur les femmes enceintes : « sur la base des données scientifiques que nous avons reçues à travers le monde sur des femmes enceintes qui ont été vaccinées aujourd’hui, nous pouvons dire sans risque de nous tromper qu’il n’y a aucun risque pour ces dernières et nous les encourageons à aller vers leurs gynécologues, sage femmes et relais communautaire qui vont les conseiller pour aller se faire vacciner ».

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