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Suppression des bourses de sécurité familiale : un citoyen sénégalais exprime sa désapprobation

La décision abrupte et, pour beaucoup, injustifiable de supprimer les Bourses de Sécurité Familiale (BSF) constitue une rupture préoccupante dans l’histoire récente de la gouvernance sociale du Sénégal, conteste Pape Demba Ndiaye, citoyen sénégalais. Institué sous le magistère du président Macky Sall, ce dispositif incarnait un levier stratégique de lutte contre la pauvreté, offrant un filet de protection aux franges les plus vulnérables de la population. À l’en croire, « sa suppression marque un recul significatif des principes républicains de solidarité, d’équité territoriale et de justice sociale ».

Un mécanisme aux effets sociaux et économiques avérés

Bien plus qu’un simple transfert monétaire, la BSF symbolisait une vision de la politique sociale fondée sur: Le soutien aux foyers démunis ; les familles vivant dans l’extrême pauvreté, principalement en milieu rural qui bénéficiaient d’une assistance régulière leur permettant de couvrir leurs besoins élémentaires ; Le renforcement du pouvoir d’achat, dans un contexte de forte vulnérabilité climatique.
« Ces aides familiales offraient une marge de survie aux exploitants agricoles durant les périodes de soudure, réduisant ainsi le recours à l’endettement ou à l’exode. », argumente-il.
– Autre impact ; la lutte contre la déscolarisation. Il estime que nombre de familles parvenaient à maintenir leurs enfants sur les bancs de l’école grâce à ces ressources, freinant ainsi le travail infantile et la mendicité.
Mieux encore, ces appuis contribuaient à la réduction des inégalités territoriales. Ce, en ciblant des zones souvent négligées par les politiques publiques, ce dispositif contribuait à une forme d’équité concrète.

Une décision brutale révélatrice d’un déficit de vision

La suppression des BSF par le nouveau régime conduit par Ousmane Sonko apparaît comme le fruit d’une méconnaissance flagrante des dynamiques sociales profondes, dissimulée sous un vernis de rigueur budgétaire. Cette mesure laisse planer un doute sérieux : relève-t-elle d’une ignorance des réalités sociales ou d’un calcul politique visant à démanteler les acquis d’un prédécesseur, indépendamment du coût humain ?

Les conséquences sont déjà palpables : déscolarisation accrue, recrudescence de la malnutrition, précarisation galopante, notamment dans les zones rurales. Le fossé se creuse entre les promesses d’un pouvoir qui se disait proche du peuple et la réalité d’une population abandonnée.

L’État face à sa responsabilité républicaine

 

Dans un pays où plus du tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, démanteler un instrument de solidarité aussi crucial que les BSF équivalent à un acte de violence sociale. Un État digne de ce nom ne peut se satisfaire de discours populistes ou de slogans souverainistes ; il doit impérativement protéger les plus vulnérables.

Priver ces familles d’un soutien vital revient à les condamner à la misère, à l’exclusion, voire à l’errance.

Pour une alternative humaine et responsable

Il est encore temps d’infléchir cette décision. Corriger une erreur n’est pas un aveu de faiblesse, mais une preuve de maturité politique. La solidarité nationale ne saurait être une variable d’ajustement budgétaire ; elle constitue un fondement intangible du contrat républicain. Le Sénégal mérite des politiques sociales ambitieuses, enracinées dans ses réalités locales, non des règlements de comptes politiques. L’histoire jugera sévèrement ceux qui auront sacrifié les plus faibles sur l’autel de l’idéologie.

JEAN PIERRE MALOU

 

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