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Thierno Seydou Ly, directeur général de Petrosen exploration et production : « L’exploitation du pétrole de sangomar pourra démarrer en juillet, le gaz de Saint-Louis en août »

Le début de l’exploitation du pétrole et du gaz à Sangomar et à St-Louis est envisagé entre juillet et août 2024, selon le directeur général de Pétrosen Exploration et Production, Thierno Seydou Ly. Dans cet entretien, il revient aussi sur les mesures prises par l’Etat pour minimiser les risques de pollution marine ainsi que les stratégies prônées pour que les populations puissent mieux tirer profit de la ressource.

A quand le début de l’exploitation du pétrole et du gaz ?

Quand on commence un projet, on ne peut que prévoir la fin. Ce n’est pas une spécificité du pétrole et du gaz. Parfois, il peut y avoir des imprévus. A Sangomar, on avait annoncé le début de l’exploitation en fin 2023, mais nous avons constaté des anomalies sur le bateau qu’il fallait corriger. C’est ce qui a motivé le renvoi du début de la production. Tout le travail qui y doit être fait, l’est déjà. Le bateau est au Sénégal. D’après nos estimations, nous pensons que l’exploitation du pétrole de Sangomar pourra démarrer en juillet 2024. S’agissant du projet GTA, sur la dizaine de puits pour la production, 4 sont déjà forés. Les tuyaux sont en phase d’installation. Le mur qui devait être fait au port de Saint-Louis, est prêt. Le bateau qui doit liquéfier le gaz, est aussi fonctionnel.  Il ne reste que le navire flottant de production, de stockage et de déchargement (Fpco). Malheureusement, après les travaux de fabrication en Chine, un typhon l’avait ravagé, ce qui a causé des dommages. Il est en réparation en Espagne actuellement. Nous espérons que d’ici mars, il sera sur le site. Ainsi, en août, nous pourrons commencer l’exploitation.

Dans les zones d’emprise des projets d’exploitation du pétrole et du gaz, les populations présagent des impacts négatifs sur leur environnement.  Quelles sont les dispositions prises par l’Etat pour protéger l’écosystème marin ?

Les impacts de l’exploitation du pétrole et du gaz peuvent être positifs comme négatifs. Malheureusement, les populations des zones d’emprise, ont tendance à ne considérer que les impacts négatifs mais quand même, il y a des impacts positifs. L’industrie pétrolière et gazière existe depuis plusieurs centaines d’années. Des pays avant nous ont eu à exploiter leur pétrole et leur gaz. Nous, on a la chance de faire cette découverte maintenant, d’apprendre de ces pays-là, comment ils ont eu à gérer ce secteur-là tant du côté de la gouvernance mais également de la gestion de l’environnement. Le Sénégal a la particularité d’avoir mis en place un cadre juridique législatif et réglementaire pour gérer ce secteur qui est naissant. Je citerai d’abord le code de l’environnement qui a été inspiré d’un benchmarking et des bonnes pratiques au niveau de l’industrie au niveau mondial mais également le code pétrolier qui a été révisé en 2019 et qui a pu intégrer les leçons apprises et les manquements dans l’exercice du code pétrolier de 1998. Ce qu’il faut savoir de ces textes, il est prévu avant chaque opération, une étude d’impact environnemental, ce qui est obligatoire. Celle-ci est menée par un cabinet indépendant qui n’a aucun intérêt sur le projet. Ce ne sont pas les compagnies pétrolières pour éviter que les conclusions soient orientées dans un sens ou un autre. Ce n’est pas non plus l’Etat du Sénégal pour éviter des conflits d’intérêt. A la fin des études, les résultats sont partagés avec les populations des zones d’emprises des compagnies et ces communautés ont leur mot à dire et leurs préoccupations et attentes sont prises en compte dans ces études. En cas d’impacts négatifs, prendre les mesures d’atténuation afin de pouvoir minimiser voire même annuler ces impacts-là. Elles sont bien menées sur nos différents projets et partagées avec les Sénégalais et approuvées par les communautés pour préserver l’environnement.

Les marées noires sont aussi envisagées par les communautés locales Qu’est-ce-qui est prévu par l’Etat ?

Les marées noires font partie des risques qui ont été identifiés lors des études d’impact environnemental notamment sur Sangomar. Déjà, des mesures ont été prises pour éviter une marée noire. L’ingénierie des installations a été faite pour supporter pas mal d’impacts et pas mal de pressions, mais au cas où il aurait des fuites, on a mis des captures sur les installations pour les détecter le plus rapidement possible afin que ça ne puisse pas se propager. L’autre mesure est le plan d’intervention d’urgence. La Haute autorité chargée de la coordination de la sécurité maritime et de la protection de l’environnement marin (Hassmar) va assurer la coordination de toutes les parties prenantes, les Pompiers et la Police pour permettre une action non seulement coordonnée, mais efficiente pour minimiser toute marée noire.

Les riverains des installations disent n’être pas trop impliqués dans les tâches des compagnies. Quelles sont les mesures prévues pour favoriser la promotion du contenu local ?

Quand on a mis la loi sur le contenu local, on a mis en place des instruments qui permettent la mise en œuvre comme le secrétariat technique du contenu local, le comité national de suivi du contenu local qui a pour mission de veiller à ce que les compagnies respectent les dispositions qui sont dans la loi. C’est un organe essentiel dans l’application de la loi sur le contenu local. D’ailleurs, le plan de reconversion de 100 pêcheurs a été initié par le secrétariat technique. L’autre organe qui a été mis en place, est le fond d’appui pour appuyer les sociétés sénégalaises. Il y a une plateforme qui est mis en place et doit servir à la mise en relation entre les donneurs d’ordre et les sociétés sénégalaises ou les Sénégalais qui veulent trouver du travail. En plus de cela, l’institut national du pétrole et du gaz est là pour former les Sénégalais à avoir le niveau et les compétences requises pour travailler dans ce secteur. Toutefois la formation des techniciens doit être développée.

Fatou NDIAYE 

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