ACTUALITÉSINTERNATIONAL

Ukraine: sept moments clés d’une année de guerre

Présentée au départ comme une « guerre éclair », l’offensive russe en Ukraine s’est enlisée. Le pire conflit que le continent européen ait connu depuis la Seconde Guerre mondiale entre, ce 24 février 2023, dans sa deuxième année. 

 

24 février 2022 : Début de l’invasion russe au petit matin

Le président russe Vladimir Poutine s'adresse à la nation à Moscou, en Russie, le 24 février 2022, et annonce le début de l'« opération spéciale ».
Le président russe Vladimir Poutine s’adresse à la nation à Moscou, en Russie, le 24 février 2022, et annonce le début de l’« opération spéciale ». Russian Presidential Press Service

« J’ai pris la décision d’une opération militaire spéciale. » Par cette déclaration surprise, prononcée vers 4h du matin à la télévision, Vladimir Poutine lance l’invasion de l’Ukraine voisine. Le maître du Kremlin annonce que l’objectif est une « démilitarisation et une dénazification de l’Ukraine » et exige la garantie que Kiev n’entrera jamais dans l’Otan. Et menace l’Occident de « conséquences encore jamais vues » en cas d’interférence.

Il dit agir pour défendre les « Républiques » séparatistes de Louhansk et Donetsk dans le Donbass, dont il vient de déclarer l’indépendance après huit de guerre contre Kiev dans l’est de l’Ukraine. Kiev, Kharkiv, Odessa, Marioupol… D’un bout à l’autre du territoire, les sirènes se mettent à retentir

2 avril : Libération de la région de Kiev et découverte de charniers à Boutcha

Des dizaines de corps jonchent les rues de Boutcha, près de Kiev, le 2 avril.
Des dizaines de corps jonchent les rues de Boutcha, près de Kiev, le 2 avril. REUTERS – ZOHRA BENSEMRA

L’offensive éclair voulue par Moscou se heurte à la résistance des forces ukrainiennes. Si les troupes russes parviennent à conquérir plusieurs villes autour de Kiev, la capitale tient toujours. Après cinq semaines de conflit, l’Ukraine affirme que toute la région de Kiev a été libérée après un « retrait rapide » des forces russes. Les troupes du Kremlin se redéploient vers l’est et le sud.

Le monde découvre alors ce que les habitants de ces villes occupées ont vécu. À Boutcha, dans la banlieue nord-ouest de Kiev, les images de cadavres jonchant les rues et celles de fosses communes renfermant les corps de centaines de civils, parfois visiblement torturés, soulèvent des accusations de crimes de guerre.

21 avril : Prise de Marioupol par les Russes

Vue d'un quartier résidentiel de Marioupol, en Ukraine, détruit par la guerre avec la Russie, le 14 avril 2022.
Vue d’un quartier résidentiel de Marioupol, en Ukraine, détruit par la guerre avec la Russie, le 14 avril 2022. REUTERS – PAVEL KLIMOV

Ville encerclée, eau et électricité coupées, frappes massives… Le 21 avril, après près de trois mois d’un siège impitoyable, le Kremlin annonce la conquête de Marioupol, port stratégique de la mer d’Azov que ses forces assiègent et bombardent depuis début mars.

La prise de cette ville doit permettre à la Russie d’assurer la jonction entre ses forces en provenance de la Crimée annexée et les zones sécessionnistes du Donbass. Quelque 2 000 combattants ukrainiens, retranchés dans les souterrains de l’usine Azovstal, résisteront jusqu’à mi-mai avant de se rendre. Selon Kiev, au moins 20 000 personnes sont mortes au cours de cette période et 90% de la ville a été endommagée ou détruite.

Nous recherchons notre neveu et sa femme. Un obus a frappé leur appartement et a les a tués pendant qu’ils cuisinaient, laissant leurs deux jeunes enfants orphelins.

Reportage dans Marioupol sous contrôle russe, où la mort fait toujours partie du quotidien10 septembre : Contre-offensive ukrainienne à Kharkiv

Des véhicules blindés détruits sur une route de Balakliya, dans la région de Kharkiv, le 10 septembre 2022.
Des véhicules blindés détruits sur une route de Balakliya, dans la région de Kharkiv, le 10 septembre 2022. AFP – JUAN BARRETO

Le temps des contre-attaques. Début septembre, Kiev lance une attaque surprise dans la région de Kharkiv, reprenant d’importants nœuds logistiques, tels qu’Izioum, Koupiansk et Lyman, dans l’est du pays.

Une percée surprise de l’Ukraine qui pousse l’armée russe à abandonner la région de Kharkiv. La deuxième ville d’Ukraine, près de la frontière russe, bombardée dès les premières heures de l’invasion puis pilonnée pendant des mois, n’est finalement jamais tombée.

On n’avait plus d’eau, plus d’électricité, et avec un nourrisson, ce n’était pas possible…

11 novembre : Retrait russe de Kherson

Des Ukrainiens fêtent la libération de Kherson dans les rues de Kiev le 11 novembre 2022.
Des Ukrainiens fêtent la libération de Kherson dans les rues de Kiev le 11 novembre 2022. AFP – GENYA SAVILOV

Dans le Sud, la contre-offensive lancée en août vise à reconquérir Kherson, sur la rive occidentale du Dniepr, seule capitale régionale tombée aux mains des forces russes, au début de leur invasion. Malgré l’annexion par Moscou fin septembre de quatre régions ukrainiennes occupées – Louhansk, Donetsk, Kherson et Zaporijjia – à l’issue de « référendums » non reconnus par la communauté internationale, les forces russes sont contraintes d’abandonner Kherson, le 11 novembre.

« Notre peuple. À nous. Kherson », écrit alors, sur Telegram, le président Zelensky. « Kherson retourne sous le contrôle de l’Ukraine, des unités des forces armées ukrainiennes entrent dans la ville », indiquait sur Facebook, pour sa part, le ministère ukrainien de la Défense,

Ce retrait russe était en fait acté depuis plusieurs semaines. En octobre, lors de sa prise de fonction, Sergueï Sourovikine, commandant des forces russes en Ukraine, avait plaidé pour évacuer Kherson et la rive occidentale du Dniepr. Une position devenue délicate, depuis que des frappes ukrainiennes avaient écrasé les ponts enjambant le fleuve.

Les Russes me cherchaient partout. J’ai dû me cacher en ville et changer souvent d’endroit.

Janvier-février 2023 : Bakhmout dans l’étau russe

Tir d'artillerie près de Bakhmout, en direction des positions russes, le 16 décembre 2022.
Tir d’artillerie près de Bakhmout, en direction des positions russes, le 16 décembre 2022. AP – Libkos

Lancée à l’été, la bataille de Bakhmout, dans l’est du pays, est la plus meurtrière depuis le début du conflit. Plusieurs fois, les Russes ont annoncé être près de s’emparer de Bakhmout, mais les combats font toujours rage entre les soldats ukrainiens et les forces russes appuyées par des unités du groupe paramilitaire Wagner.

Le 14 février dernier, les autorités ukrainiennes faisaient part d’une « situation compliquée » dans le nord de l’agglomération, où les forces russes continuent leur stratégie de grignotage, afin de prendre le contrôle des routes qui relient la ville au reste du Donbass.

25 janvier : Promesses de livraisons de chars lourds à l’Ukraine

Char Leopard 2 à Pfreimd, en Allemagne, le 3 février 2022.
Char Leopard 2 à Pfreimd, en Allemagne, le 3 février 2022. AP – Daniel Karmann

Le chancelier allemand Olaf Scholz, sous pression depuis des semaines, accepte de livrer des chars lourds Leopard 2 à l’Ukraine, une décision jugée « extrêmement dangereuse » par Moscou. De son côté, le président américain Joe Biden annonce la livraison de 31 chars Abrams. « Une étape importante pour la victoire finale », salue le président Zelensky. D’autres pays ont ensuite pris des engagements similaires, comme la Pologne voisine, l’Espagne ou le Canada.

Mais, au total, on reste loin des 300 chars lourds demandés par Kiev. Si Paris a confirmé, dimanche dernier, la livraison rapide de chars de combat légers AMX-10, les autorités hésitent toujours à faire de même avec les chars lourds Leclerc.

rfi

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page