Guinée: Covid-Hôpitaux saturés : Témoignage choc d’une malade confinée à domicile…




Covid e Guinée : témoignage d'une malade confinée à domicile..
Watch this video on YouTube.
Voir la vidéo sur YouTube

En Guinée, les unités de prise en charge des malades du covid-19 sont saturées ! A Conakry, principal foyer de l’épidémie, les nouveaux malades n’arrivent plus à obtenir de places dans les centres d’isolement. C’est le cas de cette jeune mère de trois enfants dont le moins âgé à deux ans. Elle est auto confinée à domicile ne sachant que faire, depuis le week-end dernier. Les services de l’agence nationale de sécurité sanitaire, ne lui ont donné aucune orientation. Comment vit-elle au milieu de sa famille ? Comment se soigne-t-elle ?

Africaguinee.com a recueilli son témoignage…CHOC. Elle a choisi de garder l’anonymat. Après avoir fait le test le mercredi 03 mars à l’hôpital Flamboyant dans la commune de Ratoma, Mme K a été déclarée positive à la Covid-19, le samedi 6 mars 2021. Après avoir sillonné les 4 centres de traitement épidémiologique de Conakry, elle s’est vu obliger de rentrer chez elle pour s’auto-confiner faute de place dans les hôpitaux. Voici l’intégralité de son témoignage.

«J’ai envoyé mon frère prendre mon résultat à l’hôpital Flamboyant. Quand il est arrivé, les médecins lui ont dit que je suis positive. C’est ainsi qu’il m’en a informé. Je lui ai dit que je n’ai aucun signe. Je lui ai demandé de venir me chercher à la maison. Quand je suis arrivée à l’hôpital, j’ai demandé aux médecins de me donner le résultat qui prouve que je suis positive, ils ont dit qu’ils n’ont plus de papiers. Ils nous ont dit d’aller au centre de Nongo.

Nous y sommes rendus, mais nous n’avons pas Trouvé de places. De là-bas, je suis allée à Gbessia, ensuite au Camp Alpha Yaya Diallo, puis à Kenien, partout, dès que je me présente à la porte, on me dit qu’il n’y a pas de places. (…) On m’a dit que je suis positive, mais on ne m’a donné aucun papier qui l’atteste. Je suis allée dans tous les centres, on m’a dit qu’il n’y a pas de places. Je ne comprends rien dans cette affaire. Finalement, j’ai décidé de rentrer chez pour me confiner à domicile.

Avant d’arriver à la maison, j’ai demandé à ma grande fille de sortir tous leurs effets dans la chambre. (…) J’ai appelé mon frère qui est médecin pour le lui expliquer. Il m’a recommandé des médicaments que j’ai achetés. Depuis samedi 6 mars, je suis confinée dans la chambre, je ne sors pas au-dehors. Il m’avait dit quand j’aurais fini les médicaments d’aller refaire le test. J’attends jusqu’à vendredi pour aller voir. Je ne ressens aucune douleur, je vais bien comme avant.

On avait contacté l’Anss qui nous avait dit de rentrer à la maison et qu’ils allaient nous rappeler. Mais jusqu’à présent, personne n’a appelé. Je garde ma distance avec mes enfants. Il n’y a pas de contact entre nous. Si j’ai besoin de quelque chose, j’explique à la personne et quand elle envoie, elle lave ses mains avec l’eau de javel.

Je ne sais même pas quoi dire. On m’a dit que je suis malade, mais on ne m’a pas donné les preuves. Personne ne m’a contacté. Personne ne m’a pris en charge. C’est déplorable. Si j’étais de mauvaise foi, j’allais sortir au-dehors et j’allais contaminer beaucoup de personnes. Il faut savoir que toutes les personnes n’ont pas cette mentalité. Et d’autres aussi n’ont pas les moyens de s’auto-confiner. J’ai acheté les deux médicaments à la pharmacie à près de 200 mille Gnf.

Si c’est quelqu’un qui n’a pas les moyens et qui n’a pas de quoi manger à la maison et quelqu’un pour l’aider, ce n’est pas facile. Les autorités doivent revoir cette situation. S’ils n’ont pas de places pour garder les malades, tout le monde risque d’être contaminé. C’est déplorable et cela fait pitié. On te dit que tu es malade, mais on ne te donne les preuves, on ne te donne pas médicaments, on ne te regarde même pas, ce n’est pas la peine de dire que tu es malade. C’est vraiment inquiétant ».