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Histoire

YAMBO OUOLOGUEME, L’HOMME QUI A INSPIRÉ LE ROMAN DU GONCOURT

Tout savoir sur l’écrivain malien dont le destin brisé est retracé en partie dans « La Plus Secrète Mémoire des hommes », le roman de Mohamed Mbougar Sarr

Qui était Yambo Ouologuem, (1940-2017) l’écrivain malien Prix Renaudot 1968 pour Le Devoir de violence paru aux éditions du Seuil  ? Nous avions rencontré son plus jeune fils Ambibé, au Mali. Son compatriote Ousmane Diarra lui avait alors rendu hommage après sa disparition en 2017 au Pays Dogon où il s’était retiré. En 1968, ce brillant étudiant était devenu le premier écrivain africain à recevoir le prix Renaudot.

Mais son destin avait tourné au tragique quand ledit roman avait été accusé de plagiat. Voici ce qu’en disait Jean-Pierre Orban, chercheur et écrivain, qui a eu accès au dossier d’archives du Seuil et pu éclairer la trajectoire de Ouologuem.

Une trajectoire remise en pleine lumière cet automne, puisqu’elle a inspiré le jeune écrivain sénégalais, Mohamed Mbougar Sarr, dans son roman La Plus Secrète Mémoire des hommes, qui vient d’obtenir le prix Goncourt. L’histoire littéraire est un véritable roman.

« Ce que racontent les dossiers du Seuil à l’Imec, c’est aussi la tragédie d’un malentendu entre un auteur et son éditeur. Et le drame d’un homme jeune, bourré d’une ambition littéraire qui le submerge et qui navigue dans un monde éditorial dont il ne suit pas les règles, jusqu’à sa chute. Le roman est pilonné aux USA, est attaqué par une partie de la presse française.

Ouologuem refuse de retravailler son deuxième roman (Les Pèlerins de Capharnaüm, inachevé et inédit à ce jour, dont une partie se trouve à l’Imec) comme le demande Le Seuil et ne parvient pas à faire aboutir ses projets chez les autres éditeurs. Il poursuit Le Figaro Littéraire pour diffamation et Le Seuil pour camouflage des comptes.

Et il finit par disparaître sans laisser d’adresse. En réalité, il repart à Sévaré, dans son Pays Dogon, où il est accueilli par ses parents dans un état déplorable. En 1976, il fait une ultime tentative de conciliation avec Le Seuil, qui n’aboutira pas, pour des raisons inconnues. Et peu à peu, il s’isole au Mali dans le silence et, lui qui a écrit des œuvres sulfureuses et a vécu un temps sur Fifth Avenue à New York, rejette tout contact avec l’Occident et s’immerge dans la religion musulmane la plus rigoureuse. »

Tandis que Le Devoir de violence abordait le thème de l’esclavage comme jamais auparavant en montrant que les Africains ont aussi participé à la traite, ce qui valut à son auteur de ne pas être reconnu par les siens, ou plutôt d’être vu comme un traître, Ouologuem montre encore sa liberté en écrivant Les Mille et une bibles du sexe paru en 1969 aux éditions du Dauphin, sous la signature d’un certain Uto Rudolf. Réédité par les éditons Vent d’ailleurs, ce texte est incroyablement sulfureux.

Dès son titre, et parce qu’il entraîne le lecteur dans le détail le plus précis de parties fines pratiquées dans les milieux aisés des années 1960 en France, que l’auteur a visiblement pu observer de près. Ce livre inscrit l’écrivain africain dans la lignée du genre de la littérature érotique la plus classique, de Sade à Catherine Millet.

Mystère de la création littéraire, relations entre le continent et la France, étude de mœurs, sociologie de l’auteur extrahexagonal, tous ces thèmes innervent le roman du lauréat du Goncourt, et même si le jeune auteur romance à son tour, il faut bien avouer que Ouologuem avait tout et plus encore pour devenir un personnage de roman…

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