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Actes contre nature, transmission volontaire du Sida : tout sur l’enquête en cours à la BR de Keur Massar

À ce jour, pas moins de vingt-deux (22) personnes ont déjà été interpellées dans le cadre de l’affaire dite des présumés homosexuels. Elles sont toutes poursuivies pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du virus du Sida, trafic de drogue et blanchiment de capitaux, a-t-on appris de sources judiciaires.

L’enquête est menée par la Brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Keur Massar, agissant dans le cadre de l’exécution d’une délégation judiciaire délivrée par le juge du premier cabinet d’instruction près le Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye. Les investigations se poursuivent avec l’appui des unités territoriales des autres départements.

Le 22e suspect, identifié sous les initiales A. Cissé, âgé de 52 ans, divorcé et sans enfant, a été arrêté vendredi à 13h43 par la Section de recherches de Saint-Louis. Ce marchand, domicilié au quartier Pikine Angle Tall, dans la vieille ville de Saint-Louis, a été transféré samedi matin à Keur Massar.

Il en est de même pour le tiktokeur S. Mbaye, connu sous le pseudonyme de “Zale”, interpellé à Nioro du Rip, dans la région de Kaolack, à proximité de la frontière gambienne, puis acheminé vers Keur Massar.

16 porteurs du Vih confirmés, d’autres test en cours… 

Selon les premiers éléments de l’enquête, S. Mbaye est séropositif au VIH et suivrait son traitement depuis plusieurs années. Son cas porte à seize (16) le nombre de mis en cause déclarés porteurs du VIH, en attendant les résultats des tests effectués sur les derniers suspects.
Dans cette troisième vague d’interpellations, trois personnes, dont une femme, ont été arrêtées par la brigade de recherches de Thiès. Les enquêteurs relèvent par ailleurs que l’un des suspects, C. A. Gueye, également porteur du VIH, s’est marié la semaine dernière, un acte que les enquêteurs considèrent comme pouvant viser à détourner les soupçons.
L’ensemble des personnes interpellées doit être déféré lundi devant le magistrat instructeur.

Prise en charge des détenus séropositifs

À ce stade, seul le journaliste Biram Bigué Ndiaye a bénéficié d’une liberté provisoire, après son inculpation pour “actes contre nature”. Il avait été interpellé mardi dernier à l’issue de la conférence de presse du Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Dakar, après avoir été cité par l’un des mis en cause de la deuxième vague, I. M. Seck, avec lequel des échanges téléphoniques interceptés ont été exploités par les enquêteurs.

S’agissant des conditions de détention des mis en cause séropositifs, la ministre de la Justice, Yacine Fall, a assuré lundi, à l’Assemblée nationale, que toutes les dispositions sont prises pour garantir la prise en charge médicale des détenus concernés et protéger les autres pensionnaires des établissements pénitentiaires.

Lire aussi : Détenus séropositifs à Rebeuss et au Cap Manuel : les assurances de la ministre Yacine Fall

Intervenant lors de l’examen du projet de loi n°09/2025 portant création et organisation de l’Observatoire national des lieux de privation de liberté (ONLPL), elle a indiqué que 26 personnes arrêtées à cette date dans l’affaire dite “Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé et Cie” étaient incarcérées, dont 19 à la prison de Rebeuss et 7 au Cap Manuel. Elle a précisé que les détenus séropositifs ont été identifiés et isolés, ajoutant que ces dossiers sont “suivis à la lettre”.

Vers un durcissement des peines prévues par l’article 319 du Code pénal

Parallèlement aux investigations conduites par l’adjudant El Hadj Abdoul Aziz Gning et ses hommes, sous l’impulsion du Haut-commandant de la Gendarmerie nationale, le général Martin Faye, les autorités ont engagé une réforme législative.

Lire aussi : Projet de modification du Code pénal : vers le durcissement des sanctions contre les « actes contre nature »

Le Conseil des ministres a adopté mercredi dernier un projet de loi modifiant l’article 319 de la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 portant Code pénal, relatif aux “actes contre nature”, en vue d’en préciser la définition et de durcir les peines.
Dans sa rédaction actuelle, l’alinéa 3 de l’article 319 dispose que, sans préjudice des peines plus graves prévues par les dispositions précédentes ou par les articles 320 et 321 du Code pénal, « sera puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 100.000 à 1.500.000 francs quiconque aura commis un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe ». Il ajoute que si l’acte est commis avec un mineur de 21 ans, le maximum de la peine est toujours prononcé.
Le projet de loi adopté en Conseil des ministres vise à préciser la définition des actes incriminés, à renforcer les sanctions et à intégrer l’apologie ainsi que le financement de tels comportements dans le champ pénal. Le texte sera transmis à l’Assemblée nationale pour examen et vote, conformément à la procédure législative en vigueur.

Par Salla GUEYE

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