APR, la grande cassure ? Par Abdoulaye THIAM

Le dialogue national qui s’est tenu, avant-hier, mercredi, au Centre international Abdou Diouf de Diamniadio (CICAD), initié par le Président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a vu la participation de certains hauts responsables de l’Alliance pour la République (APR).
Parmi ces leaders, on pouvait noter la présence de Abdoulaye Saydou Sow, ancien ministre de l’Urbanisme et maire de Kaffrine, Abdoulaye Diop, ancien ministre de la Communication et maire de Sédhiou, l’actuel maire de Kédougou, Ousmane Sylla, l’ancien ministre des Sports et maire de Fatick, Matar Ba entre autres.
Ils ont tous, favorablement répondu à l’invitation du président de la République autour du dialogue pour un climat politique apaisé au Sénégal.
Si on y ajoute la présence plus que remarquée de l’ancien Président du Conseil économique social et environnemental (CESE), Abdoulaye Daouda Diallo, non moins maire de Bokky Dialloubé (Podor), un des plus proches fidèles de Macky Sall, on ne peut pas ne pas s’interroger, analyser et décortiquer cet intrigant état de fait qui a étonné plus d’un observateur, tellement le landerneau politique semblait se résumer à un parti (Pastef) qui gouverne et un autre parti (APR) qui a opté pour l’opposition radicale avec une vague d’arrestations de ses membres et autres interdictions de sorties du territoire national.
Toutefois, on peut aussi accorder à certains une position plus ou moins républicaine au vu de la situation que traverse le pays avec des moments difficiles. Les adeptes d’une cette vision soutiennent qu’il faut accompagner le pouvoir en place à réaliser les défis auxquels il fait face.
La plupart d’entre eux soutiennent avoir pris part à ce dialogue dans des conditions assez claires pour la bonne marche du Sénégal. C’est la raison pour laquelle, ils n’ont pas respecté le mot d’ordre de boycott de l’ancien président de la République, Macky Sall et ont mis leur égo de côté pour l’intérêt général.
Toutefois, selon des sources concordantes interpellées par Sud Quotidien, l’initiative a été menée par un influent ex-membre de l’APR.
Interrogé, celui-ci a expliqué que son rôle reste un soutien au Chef de l’Etat et surtout au Premier ministre, Ousmane Sonko, pour la réussite de leurs missions à la tête du pays. Estimant que l’intérêt du Sénégal doit être au dessus des divergences politiques.
En bon allié, il appelle toutes les forces vives de la nation à apporter leur soutien à toutes les belles initiatives et ambitions dégagées lors de ce dialogue pour remettre le pays dans les rampes du développement, lutter contre la corruption, renforcer la démocratie. Ce, sans oublier la quête de mécanismes pour l’emploi des jeunes et surtout des solutions à la vie chère des populations.
Mais l’intrigue ne se s’arrête pas seulement aux hauts responsables de l’APR. Parmi ces fortes personnalités, on a aussi noté la présence remarquée des leaders politiques comme l’édile de la ville de Kaolack, Serigne Mboup et l’actuel maire de Kolda, Mame Boye Diao, président du nouveau parti politique dénommé AARIS qui, soit dit en passant a fait un discours remarquable.
Il se dessine comme une ligne politique propice à un cadre de collaboration.
Cette présence de ténors de l’APR au dialogue national dans un esprit patriotique constitue-t-il une nouvelle ère ou un nouveau changement à l’APR ? Macky Sall n’a-t-il pas perdu le contrôle d’un parti qu’il a créé en 2008 ? Cette cassure au sein de l’APR pourrait-elle également être interprétée comme l’œuvre de personnes mues par une volonté de mettre en place des passerelles de discussions et qui ont pu créer cette dissension ?
Avec l’axe Kédougou, Sédhiou, Kaffrine, Kaolack, Kolda, Matam, Tamba et Fatick, on peut dire que si cette ligne se retrouve, l’APR pourrait connaître une véritable cassure. La formation de Macky Sall tiendra-t-elle avec ces divisions ? Les réactions violentes critiquant ces participations au dialogue autant dans les réseaux sociaux que par certaines voix autorisées de l’APR montrent un grand désarroi.
Est-ce une ligne qui se dessine dans la perspective d’une future alliance avec Sonko ? Pourrait-on se demander. La réponse dans un avenir très proche.
BENNO, UNE ALLIANCE D’INTERETS
Par ailleurs, on ne peut ne pas s’interroger sur la coalition Benno Bokk Yaakar. Chantée, jalousée pour sa longévité de plus de 12 ans (un record absolu), cette alliance s’est effondrée comme un château de cartes après la perte du pouvoir par le Président Macky Sall. D’ailleurs 90 % des membres étaient au dialogue. Parmi eux, les plus grands pourfendeurs du Pastef, alors dans l’opposition. Pour des intérêts personnels et autres strapontins, des secrétaires généraux de plusieurs partis avaient pourtant accepté d’être réduits à leur «plus simple expression» en se faisant phagocyter par l’APR de Macky Sall. Ils pouvaient être même poursuivis pour non-assistance en parti en danger. Comme une peau de chagrin, le PS, l’AFP, le LD, le PIT, l’AJ-Authentique, etc., se rétrécissaient jusqu’à perdre la raison d’être d’une formation politique : la conquête du pouvoir.
Ils perdaient chaque élection des voix, des postes de députés. A chaque remaniement, leur quota était revu à la baisse, face à une gourmandise de plus en plus grandissante de l’APR.
Macky Sall ayant perdu le pouvoir, le BENNO implose en mille morceaux. Parce qu’il n’a été qu’une coalition d’intérêts. Pathétique !



