Economie sociale et solidaire : dix-sept mesures pour une politique ambitieuse

Un Conseil interministériel tenu vendredi dernier en vue d’une meilleure appropriation de l’économie sociale et solidaire (ESS), a adopté dix-sept mesures majeures visant à renforcer l’ancrage national de l’Économie sociale et solidaire (ESS). Ces décisions, issues d’une concertation inclusive avec les ministères sectoriels et les partenaires techniques, s’inscrivent dans une volonté de structurer durablement ce secteur fondé sur la solidarité et l’utilité sociale.
Parmi les réformes phares figurent la création d’un Conseil national de l’économie sociale et solidaire (ESS), d’un Comité interministériel de coordination et d’un Observatoire national, chargés respectivement de l’orientation stratégique, du suivi des politiques et de la production de données fiables sur le secteur.
Chaque ministère sera doté d’un point focal ESS, chargé de favoriser la mise en place de coopératives productives solidaires. Un programme de formation sera déployé à cet effet.
Sur le plan fiscal, un régime incitatif spécifique à l’ESS sera mis en œuvre, en complément de la mutualisation des mécanismes de financement. Le gouvernement entend également réserver au moins 5 % des marchés publics aux organisations de l’ESS (OESS) et faciliter leur accès à des financements innovants, tels que les obligations sociales, les fonds de la diaspora et les instruments de la finance islamique.
Un appui technique est prévu pour insérer les OESS dans les chaînes de valeur extractives et renforcer leur accès aux marchés publics. Une cartographie des dispositifs d’accompagnement à l’entrepreneuriat solidaire sera élaborée, en synergie avec les ministères concernés.
Le Premier ministre a aussi instruit le développement de mutuelles de santé, d’initiatives locales durables et de conventions ESS avec les collectivités territoriales. Une stratégie nationale d’économie circulaire sera formulée.
L’intégration de l’ESS dans le système éducatif, la création de coopératives étudiantes, de chaires universitaires et d’un dispositif de soutien à la recherche visent à sensibiliser les jeunes générations.
Enfin, une plateforme numérique dédiée à l’ESS verra le jour pour simplifier les démarches, améliorer la gouvernance et promouvoir le e-commerce solidaire.
Le Secrétaire général du Gouvernement assurera un suivi rigoureux de la mise en œuvre de ces réformes, traduisant l’ambition du Sénégal de faire de l’ESS un pilier de développement équitable, durable et inclusif.
JEAN PIERRE MALOU



