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Fin de toute présence de troupes militaires étranger au Sénégal d’ici fin juillet : retour sur un processus de «souveraineté» irréversible

Le Premier ministre, Ousmane Sonko, lors de sa visite officielle de 48 heures au Burkina Faso, les vendredi 16 et samedi 17 mai 2025 a réaffirmé cette volonté claire de renforcer la souveraineté nationale du Sénégal. «Depuis un an que nous sommes au pouvoir, nous avons posé des actes de souveraineté et je m’en veux pour preuve la présence de bases militaires. Nous avons dit qu’on ne peut pas admettre au Sénégal, qu’il y ait une présence de bases militaires étrangères… Le Sénégal n’aura plus, sur son sol, de base militaire étrangère… Nous avons notifié à tous les pays qui en avaient une au Sénégal, pour dire que nous demandons à ce qu’ils retournent toutes ces troupes du Sénégal. Le processus prendra fin d’ici juillet», a-t-il déclaré dans un entretien accordé à la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), en marge de ce déplacement à Ouagadougou, et diffusé lundi soir, 19 mai 2025.

Le Premier ministre qui a réitéré l’échéance du retrait définitif de toutes les bases militaires étrangères présentes sur le territoire sénégalais, fixée à juillet 2025, a relevé que «cette opération est lancée» et «il y a deux jours (jeudi 15 mai dernier, ndlr) une base militaire a été libérée et le processus prendra fin d’ici le mois de juillet et le Sénégal n’aura plus sur son sol de bases militaires étrangères», a-t-il insisté, faisant référence à la restitution de la base quartier Contre-Amiral Protêt, située sur le Port autonome de Dakar, aux autorités sénégalaises, le jeudi 15 mai dernier.

Cette décision s’inscrit dans une nouvelle orientation diplomatique du Sénégal, basée désormais sur «la souveraineté et l’indépendance stratégique», tout en restant ouvert à toutes formes de coopération gagnant-gagnant. «Pour moi, cela doit être un acte ordinaire pour un pays de dire que nous sommes souverains, nous avons une Armée nationale, nous avons des Forces de défense et de sécurité, nous pensons que nous allons pouvoir gérer nous-mêmes notre sécurité… Nous sommes ouverts pour un partenariat avec le reste du monde, mais qu’il soit juste, équilibré et gagnant-gagnant pour les deux parties», a précisé le Premier ministre.

Cette déclaration intervient dans un contexte régional marqué par une remise en question par plusieurs États de l’Afrique de l’Ouest et du Centre de la présence militaire étrangère. Y compris la crise sécuritaire au Sahel, avec le terrorisme qui secoue certains Etats ayant réveillé les dynamiques de sécurité, de souveraineté et de réaffirmation des identités nationales et intérêts africains.

Elle épouse aussi celle du président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, qui, le 31 décembre 2024, dans un discours à la nation, avait officiellement décrété «la fin de toutes les présences militaires de pays étrangers au Sénégal, dès 2025». «J’ai instruit le ministre des Forces Armées de proposer une nouvelle doctrine de coopération en matière de défense et de sécurité, impliquant, entre autres conséquences, la fin de toutes les présences militaires de pays étrangers au Sénégal, dès 2025», avait martelé le président Diomaye Faye, insistant sur le fait que désormais «Tous les amis du Sénégal seront traités comme des partenaires stratégiques, dans le cadre d’une coopération ouverte, diversifiée et décomplexée».

MARECHAL, SAINT-EXUPERY ET LE QUARTIER CONTRE-AMIRAL PROTET DEJA RESTITUES AU SENEGAL

Donc une annonce qui confirme une précédente sortie, lors d’un entretien avec l’AFP et France 2, le 28 novembre 2024, en prélude à la commémoration de la Journée du Tirailleurs Sénégalais, le 1er décembre dernier ; un événement marquant le 80e anniversaire du massacre de tirailleurs au camp militaire de Thiaroye, le 1er décembre 1944.

D’ailleurs, depuis l’officialisation de cette option de «souveraineté» des nouvelles autorités sénégalaises, plusieurs gestes concrets ont été posés allant dans ce sens. Il y a la restitution progressive des emprises militaires françaises depuis le début de l’année, dont la dernière en date est celle du quartier Contre-Amiral Protêt, située sur le port de Dakar, remise au Sénégal, le jeudi 15 mai 2025, conformément aux engagements pris lors de la Commission conjointe franco-sénégalaise du 28 février dernier, a fait savoir l’Ambassade de France à travers un communiqué.

Ce transfert, qui marque une nouvelle étape dans l’évolution du partenariat bilatéral de défense et de sécurité entre les deux pays, est réalisé dans le strict respect des dispositions du traité de coopération militaire, signé le 18 avril 2012, entre la République française et la République du Sénégal. Il fait suite au communiqué conjoint des ministères des Affaires étrangères des deux pays, en date du 12 février 2025, témoignant d’une volonté commune d’adapter leur partenariat aux réalités géopolitiques actuelles, note la source.

LA BASE AERONAUTIQUE DE OUAKAM, L’EMPRISE AU PARC DE HANN ET LE CENTRE EMETTEUR, LES DERNIERS SITES A RETROCEDER

Le quartier Contre-Amiral Protêt, une unité navale, a été créé sous sa forme actuelle en 1969. Pour autant la Marine française y avait érigé à partir de 1898 un arsenal maritime doté d’un bassin de radoub militaire dès 1906. Auparavant, les emprises militaires Maréchal et Saint-Exupéry ont été restituées au Sénégal le 7 mars 2025. D’autres transferts sont à venir, avec un calendrier de rétrocession des sites encore occupés d’ici l’été 2025. Il s’agit de l’escale aéronautique à l’aéroport militaire de Dakar (Ouakam), l’emprise au Parc zoologique de Hann à Dakar, ainsi que le Centre émetteur, qui sont les sites restants devant être restitués, d’ici l’été 2025, selon le calendrier et les modalités convenus par les deux pays qui s’étaient engagés sur un nouveau partenariat bilatéral de défense et de sécurité. Ces restitutions s’inscrivent dans la dynamique enclenchée par les deux pays, le 12 février 2025, et devant aboutir «dès l’été 2025» à la rétrocession intégrale de toutes les emprises occupées par les Éléments français au Sénégal (EFS), selon l’ambassade de France à Dakar.

Déjà un premier jalon a été posé dans ce sens par l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, qui, en 2010, avait amorcé une rupture symbolique en demandant la fermeture des bases militaires françaises à Dakar. C’est ainsi que, entre autres, le camp de Bel-Air a été «rétrocédé» par les Forces françaises. Un groupe réduit, sous l’appellation de EFS, est resté notamment à la base militaire française de Ouakam etc.

Ces départs interviennent aussi après que l’Armée française a été contrainte de quitter le Mali, au terme d’une dizaine d’années de présence dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, et de se retirer du Burkina Faso, du Niger (qui s’est également débarrassé de la présence de militaires américains) et dernièrement du Tchad. En outre, dans son discours de nouvel an, le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, a, à son tour, annoncé le passage sous commandement ivoirien de la base militaire française dans son pays incessamment.

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