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Gestion des fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la covid-19 : Mansour Faye en prison pour surfacturation présumée de 2 749 927 498 FCFA

L’ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, , Mansour Faye, actuel maire de Saint Louis a été inculpé et placé sous mandat de dépôt dans le cadre de la procédure judiciaire portant sur la gestion des fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19 (Fonds Force COVID) impliquant d’anciens ministres du régime du Président Macky Sall par la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice. Mansour Faye, par ailleurs beau-frère de l’ancien président de la République, Macky Sall, était le dernier ancien ministre sur la liste des cinq qui avaient été mis en accusation devant la même commission.

La Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice a bouclé hier, lundi 26 mai, ses auditions dans le cadre de la procédure judiciaire portant sur la gestion des fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19 (Fonds Force COVID) impliquant 5 anciens ministres du régime du Président Macky Sall. Dernier à faire face aux membres de cette Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice présidée par le Premier président de la Cour d’appel de Dakar, une juridiction de second degré, le maire de la commune de Saint-Louis, Mansour Faye, par ailleurs beau-frère de l’ancien chef de l’Etat, Macky Sall, n’est pas sorti libre de ce rendez-vous. En effet, arrivé avec un retard de deux heures au palais de justice de Dakar, Mansour Faye a été directement envoyé en prison où il a passé sa première nuit après une audition qui a duré plus de trois tours d’horloge.

S’adressant aux journalistes qui faisaient le pied de grue devant le palais de justice Lat Dior de Dakar, à l’issue de ce face-à-face de son client avec les membres de la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice, son avocat Me Amadou Sall a expliqué que son client a été inculpé et placé sous mandat de dépôt pour surfacturation présumée estimée à 2 749 927 498 FCFA sur la commande de 30 000 tonnes de riz destinée aux populations vulnérables, un programme qu’il avait piloté dans le cadre de la riposte contre le Covid-19.

Poursuivant son propos, l’avocat de la défense n’a pas manqué de déplorer cette décision du juge qui s’est opposé, selon lui, à la demande de mise en liberté provisoire plaidée par la défense qui avait présenté deux requêtes dont l’une portait sur une exception d’inconstitutionnalité, et l’autre sur la demande de cautionnement. « Notre client, Mansour Faye, a été mis sous mandat de dépôt alors qu’il y a des contestations sérieuses qui n’ont pas été acceptées et il y a une offre de cautionnement qui a été rejetée. Mais rien de tout cela n’a été retenu » a déploré la robe noire avant d’ajouter. « Il s’y ajoute, enfin, que nous avons déposé également une requête en inconstitutionnalité de la loi. Cette exception a été rejetée ».

Pour rappel, dans le projet de sa mise en accusation devant la Haute Cour de justice présenté à la plénière de l’Assemblée nationale, le jeudi 8 mai dernier, la Commission des Lois, de la Décentralisation, du Travail et des Droits humains a détaillé les accusations retenues contre l’ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale. Citant le rapport définitif de la Cour des Comptes sur la gestion du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19 (Fonds Force COVID) et l’enquête ouverte par la Division des Investigations Criminelles sur ce rapport de la Cour des Comptes, la Commission des Lois a indiqué que ces investigations avaient révélé une surfacturation estimée à 2 749 927 498 FCFA dans les opérations d’acquisition du riz effectué à l’époque par les services de Mansour Faye.

En effet, entendu par les enquêteurs, « l’ancien Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) du ministère, renseigne la Commission des lois dans son rapport, a précisé que l’enveloppe allouée à leur département au titre de l’opération de l’aide alimentaire était fixée à 69 milliards de FCFA. Poursuivant, le document qui a accompagné la résolution de l’Assemblée nationale de Mansour Faye a indiqué que le DAGE avait également ajouté « qu’une partie de cette enveloppe, soit 59 milliards de FCFA, était logée à la Direction générale du Budget du Ministre en charge des Finances et était géré par le coordonnateur dudit ministère en précisant qu’il n’avait accès qu’au reliquat de 10 milliards logé dans le compte de dépôt intitulé MDCEST FORCE COVID-19 ouvert dans les livres du payeur général au nom du Ministère du Développement communautaire et de l’Équité sociale et territoriale. » Loin de s’en tenir-là ajoute encore la Commission des Lois, l’ex-Dage a poursuivi en informant que c’est le gestionnaire qui effectuait les paiements sur la base des pièces justificatives transmises par son Ministre de tutelle, Amadou Mansour Faye, à son collègue des Finances et du Budget.

De son coté, Mansour Faye a toujours réfuté ces accusations. « Aucun rapport ne me cite, aucun rapport n’a demandé l’ouverture d’une information judiciaire à mon encontre encore moins une mise en accusation devant une juridiction. Une seule personne a décidé de monter une procédure conçue de fil blanc pour m’entacher sur une base fallacieuse. Toute cette machination relève d’une volonté d’humiliation. Je suis prêt mentalement, physiquement et moralement à toute éventualité. », avait-il martelé lors d’un entretien accordé à nos confrères de L’Observateur.

NANDO CABRAL GOMIS

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