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Guerre à Gaza: le chef des affaires humanitaires de l’ONU prend à partie le Conseil de sécurité

À New York, le Conseil de sécurité de l’ONU a été pris à partie par le patron de l’humanitaire, Tom Fletcher, qui venait les briefer sur la situation à Gaza, alors que depuis dix semaines, aucune nourriture, aucun médicament n’a pu pénétrer dans le territoire palestinien malgré douze tentatives de négociations de l’ONU avec les autorités israéliennes.

Dans un discours sans concession, le Britannique est le premier si haut fonctionnaire des Nations unies à mettre publiquement les pieds dans le plat et parler d’un « génocide » qu’il faut éviter à Gaza. Il a fustigé l’inaction de la communauté internationale qui se contente de répéter qu’elle « aura fait ce qu’elle a pu ». 

Tom Fletcher ne veut pas que les diplomates du Conseil attendent les arrêts définitifs de la Cour internationale de Justice : « Allez-vous agir, de façon décisive, pour empêcher un génocide ? Israël impose délibérément, et sans la moindre gêne, des conditions inhumaines aux civils du territoire palestinien occupé », a-t-il lancé.

« La mort à cette échelle à un son et une odeur qui ne vous quittent pas »

Si les hauts fonctionnaires de l’ONU savent pointer les violations d’Israël, ils ne s’autorisent jamais à qualifier un potentiel génocide tant que la CIJ ne s’est pas prononcée, même si cela sape les efforts diplomatiques. Le patron de l’humanitaire aimerait croire, lui, qu’au 21e siècle, on peut éviter les génocides, apprendre des faillites collectives qu’ont été le Rwanda et Srebrenica en 1999, le Sri Lanka en 2012 ou la Birmanie en 2019. C’est la mission du Conseil, alors il continue à rapporter aux diplomates les moindres détails.

« Je peux vous dire, pour avoir visité moi-même ce qui reste du système de santé de Gaza, que la mort à cette échelle à un son et une odeur qui ne vous quittent pas. Comme une infirmière l’a décrit : « des enfants qui crient pendant qu’on arrache de leur peau le tissu brûlé » », a affirmé Tom Fletcher.

Il a répondu aux accusations d’Israël, en garantissant que des mécanismes sont en place pour s’assurer que ce n’est pas le Hamas qui récupère l’aide humanitaire.

À Gaza, le système de santé est complètement détruit

« On s’occupe de tous les patients qui étaient soignés dans les hôpitaux qui sont désormais détruits ». L’homme qui parle, Mustafa Barghouti, est le président du Secours Médical palestinien. Il le précise, sur les 36 hôpitaux de la bande de Gaza, aucun n’a été épargné, tous ont été bombardés, incendiés, endommagés, laissant les patients blessés, amputés, tout ceux atteint de cancer, sans espace pour recevoir leurs soins.

« C’est une situation extrêmement compliquée, d’autant que maintenant, nous commençons à voir une propagation des épidémies à cause du siège de Gaza. Lors des 72 derniers jours, Israël n’a autorisé aucun morceau de pain, aucun verre d’eau, pas même un cachet médicamenteux… et là, on parle de famine. Et plus de 70 000 enfants sont à la limite de la mort à cause de cette famine », détaille Mustapha Barghouti.

L’eau potable est quasiment introuvable. La polio pourrait resurgir, le tétanos aussi. Les vaccins pour la population sont épuisés alors que les soldats israéliens, qui vont à Gaza, sont vaccinés, dit-il.

Pour ce membre du Parlement palestinien, leader de l’Initiative nationale palestinienne, cette situation dépasse tout entendement. « Je suis personnellement traumatisé parce que j’ai cru les pays occidentaux quand ils disaient qu’ils défendaient la démocratie, les droits de l’homme, le droit international humanitaire… Où sont-ils ? Est-ce que le droit international existe encore ? Ce qui se passe à Gaza, ce double standard, est extrêmement dangereux, car cela pourrait finir par se répercuter chez tous, partout dans le monde », conclut-il.

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