Guinguinéo – grande offensive contre l’insalubrité et l’insécurité : les populations se déploient aux côtés de leur préfet

Choquées par l’histoire du meurtre tragique de la dame Coumba Daly Diallo, le 9 mai dernier, à la gare ferroviaire de Guinguinéo, les populations de cette commune chef-lieu de département du même nom qui étaient soutenues, samedi 24 mai dernier, par leur Préfet, Marième Hann Kouyaté, les Associations sportives et culturelles (ASC) et les Forces de défense et sécurité (FDS), ont poursuivi une grande offensive contre l’insalubrité criarde et le manque de sécurité qui règnent sur le périmètre de l’ancienne station ferroviaire de la commune.
Le Préfet de Guinguinéo, face à ce défi, en a profité pour lancer un appel solennel à la Société nationale des chemins de fer (SNCF) du Sénégal pour qu’elle se saisisse du soutien des autorités et accélère le processus de redynamisation de la gare afin de restituer à ce département son lustre d’antan. Autrement dit, les activités socio-économiques qui animaient la vie des habitants à partir de cette gare pendant plus d’un siècle auparavant.
Cette opération communautaire a consisté certes à désherber et enlever toutes les saletés et dépotoirs sauvages d’ordures qui existaient dans ce local ; mais elle a aussi été un prétexte pour sécuriser ce lieu qui a toujours servir de cachette pour le grand banditisme, un phénomène qui doit être réprimé à tout prix au sein de la commune.
Les opérations ont en effet débuté très tôt le matin, sous une forte mobilisation citoyenne. Ainsi, munies de balais, râteaux, pelles, et tout ce qu’elles pouvaient utiliser comme matériel d’usage, les populations se sont massivement déployées et ont vite réussi à entasser plusieurs tonnes de déchets qu’elles ont ensuite extraites de la ville grâce aux engins gros porteurs, pelles mécaniques et gros camions qui accompagnaient les opérations.
Pour le comité d’organisation, cette mobilisation était aussi le lieu d’aménager la façade du quartier des anciens cheminots, au titre de place publique, pour satisfaire les besoins récréatifs et créer un espace de divertissement pour les habitants. Aussi faire de cette place un lieu où les populations pourront, sous peu, poursuivre leurs promenades en famille ou observer des heures de repos en toute aisance.
A côté de ces opérations d’investissements humains et communautaires qui visent à reconvertir cette partie de Guinguinéo en un cadre sain et bon à vivre, la motivation était aussi d’assurer une sécurité confortable aux populations, habituées le plus souvent à traverser ce périmètre quasi isolé pour se rendre d’un quartier à l’autre et les nombreux visiteurs qui s’y rendent souvent pour contempler ces anciennes bâtisses coloniales qui continuent encore de tenir, malgré leur état de ruine avancé et le poids des âges.
Même si, aujourd’hui, le programme d’électrification de la zone ferroviaire de Guinguinéo n’est pas encore à jour, un plan d’urgence d’éclairage public est annoncé pour les semaines à venir, par le Préfet du département, avec l’installation de lampadaires et poteaux électriques un peu partout dans ce périmètre, en attendant l’arrivée prochaine des opérations de remise en service du réseau de la SENELEC en arrêt depuis des années.
Visiblement, la commune de Guinguinéo, au plan infrastructures publiques ou administratives, peine à décoller. Car, sans sièges permanents pour la plupart des institutions et service de l’État qui sont aujourd’hui en location, les populations continuent encore de réclamer un Tribunal d’instance (départemental), un Commissariat de police, un stade municipal, et un siège pour la Trésorerie publique. En cas de besoins, les habitants se trouvent toujours dans l’obligation de se rendre jusqu’à Kaolack pour satisfaire leurs demandes.
Au plan sécuritaire, le département ne dispose que deux (2) brigades de Gendarmerie. La brigade de Guinguinéo commune qui polarise les autres communes rurales environnantes, celle de Fass “Barigo” et un autre poste à Mboss. Un dispositif qui, aux yeux des habitants, est encore loin de garantir un maillage sécuritaire apaisant et couvrir de manière proportionnelle la sécurité des citoyens et leurs biens. Car, malgré leurs présences et les efforts déployés, ces unités de Gendarmerie fonctionnent sans la logistique nécessaire et le personnel adéquat.
A quelques jours de la “Tabaski” où le banditisme renaît dans toutes ses formes, au niveau des foirails, dans les rues et les concessions familiales, la peur s’installe de plus en plus. Le Préfet, face à la situation, a sollicité l’apport des escadrons de la Gendarmerie de Kaolack et Nioro, pour renforcer les Forces de sécurité en place, pour les éventuelles patrouilles diurnes et nocturnes qui ont déjà démarré partout dans les différentes collectivités du département.
Abdoulaye FALL



