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Haute Cour de Justice : un mandat d’arrêt international lancé contre l’ancien ministre Moussa Bocar Thiam

Haute Cour de Justice : un mandat d'arrêt international lancé contre l'ancien ministre Moussa Bocar Thiam

Haute Cour de Justice : un mandat d’arrêt international lancé contre l’ancien ministre Moussa Bocar Thiam

L’affaire visant Me Moussa Bocar Thiam, ancien ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique sous le régime de Macky Sall, connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Selon plusieurs sources concordantes, la Haute Cour de Justice a émis un mandat d’arrêt international à son encontre après son absence prolongée devant la commission d’instruction chargée du dossier.

L’ancien ministre, également maire de Ourossogui, avait été convoqué le 25 mars 2026 afin d’être entendu dans le cadre de l’enquête ouverte sur la gestion de la concession du Sénégal Connect Park, anciennement Parc des Technologies numériques du Sénégal. Toutefois, il ne s’était pas présenté devant les magistrats instructeurs. Ses avocats avaient alors évoqué des difficultés liées aux perturbations du trafic aérien provoquées par les tensions géopolitiques dans le Golfe, affirmant que leur client se trouvait au Qatar au moment de la convocation.

Plus d’un mois après cette première convocation restée sans suite, la commission d’instruction de la Haute Cour de Justice a décidé de passer à une nouvelle étape en délivrant un mandat d’arrêt international contre l’ancien membre du gouvernement, toujours présumé hors du territoire sénégalais.

Trois chefs d’accusation retenus

Dans cette procédure, Me Moussa Bocar Thiam est poursuivi pour :

  • association de malfaiteurs ;
  • détournement présumé de deniers publics ;
  • blanchiment de capitaux.

Ces poursuites découlent de la résolution adoptée par l’Assemblée nationale autorisant sa mise en accusation devant la Haute Cour de Justice, seule juridiction compétente pour juger les anciens ministres pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Le texte avait été adopté à une large majorité par les députés.

Le dossier Sénégal Connect Park au cœur de l’affaire

L’enquête porte principalement sur la concession d’exploitation du Sénégal Connect Park, attribuée en mars 2024 à la société Ewan Assets pour une durée de vingt ans, moyennant une redevance de 15 millions d’euros.

D’après les éléments versés au dossier, un premier versement de 5 millions d’euros, représentant le tiers du montant total, aurait été affecté au financement de travaux confiés à plusieurs entreprises dans le cadre des préparatifs d’une visite présidentielle.

Cependant, les investigations auraient mis en évidence plusieurs anomalies. Les enquêteurs évoquent notamment l’absence de certaines infrastructures pourtant facturées, dont une plateforme évaluée à plus de 901 millions de francs CFA. Les soupçons porteraient sur un montant global estimé à 1,476 milliard de francs CFA, selon les documents examinés par les autorités judiciaires.

Une affaire suivie de près par l’opinion

Ce dossier s’inscrit dans le vaste processus de reddition des comptes engagé par les nouvelles autorités sénégalaises et visant plusieurs anciens responsables publics soupçonnés d’irrégularités dans la gestion des ressources de l’État.

À ce stade, il convient toutefois de rappeler que Me Moussa Bocar Thiam bénéficie pleinement de la présomption d’innocence. Le mandat d’arrêt international constitue une mesure destinée à permettre sa comparution devant la justice. Seule une décision définitive de la Haute Cour de Justice pourra établir son éventuelle responsabilité pénale.

L’évolution de cette affaire est particulièrement suivie au Sénégal, tant en raison du profil politique de l’ancien ministre que des montants évoqués dans ce dossier qui relance le débat sur la gouvernance et la transparence dans la gestion des biens publics.

La Rédaction de Sunuker News
Sunuker.net